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Madagascar veut devenir le grenier de Maurice
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Madagascar veut devenir le grenier de Maurice
Après le textile-habillement, l?agriculture pourrait être le prochain axe de coopération porteur entre Maurice et Madagascar. C?est en tout cas le souhait exprimé par le ministre de l?Agriculture, de l?Elevage et de la Pêche de la Grande île, Harison Randriarimana. ?Nous ne devons pas nous contenter de nos relations amicales et historiques mais évoluer vers des relations économiques?, déclarait le ministre Randriarimana lors d?une rencontre hier entre les représentants des secteurs privés des deux pays. ?Madagascar a l?ambition de devenir votre grenier et votre potager. Le riz ?Perle de Madagascar? était connu dans le passé. Qu?est-ce qui nous empêcherait de recommencer ??
Le ministre malgache cite l?exemple de la pomme de terre que la Grande île a commencé à exporter vers Maurice, même si c?est sur une petite échelle. ?Ce n?est pas beaucoup mais on peut faire plus et élargir à d?autres produits?, soutient Harison Randriarimana. Il estime que les autorités malgaches ont fait des efforts pour attirer les investissements mauriciens. L?encadrement légal sur le foncier vient d?être modifié pour faciliter l?acquisition ou la location à bail des terres. Ainsi des terres ont été réservées pour des développements touristiques et d?autres pour des développements industriels.
De plus, l?accord agricole signé hier établit des normes sanitaires et phytosanitaires pour faciliter les exportations de produits agricoles entre les deux pays. Ces normes ne sont pas des barrières non tarifaires, assure Bruno Ranarivelo, ambassadeur de Madagascar à Maurice.
Le ministre du Commerce, de l?Industrie et du Développement du secteur privé, Roger Rafanomezantsoa, estime qu?au-delà des accords, ce qui importe le plus ce sont les contacts personnels. Le ministre malgache fait ressortir qu?il y a des exemples de réussite de coopération entre opérateurs du privé de Madagascar et ceux de Maurice. ?L?important dans ce type de rencontre c?est d?échanger. Nous sommes proches mais nous ne nous connaissons pas si bien et nous avons des a priori?, déclare Roger Rafanomezantsoa.
?L?important, c?est d?échanger?
Au chapitre des problèmes, le secrétaire général de la Chambre de commerce et d?industrie, Mahmood Cheeroo, a fait remarquer que les opérateurs du port franc sont pénalisés par les procédures car les conteneurs importés doivent être vidés, inspectés puis remplis de nouveau avant d?être exportés vers Madagascar. Gut Escarfail, directeur de la Société générale des services qui est responsable de l?inspection des conteneurs, annonce que le problème a été en grande partie résolu. ?Les autorités malgaches ont fait l?acquisition de deux scanners qui leur permettent d?inspecter les conteneurs à Madagascar sans avoir à les vider. De nombreux conteneurs ne sont plus inspectés au départ de Port-Louis?, dit-il.
L?industrie touristique est un autre domaine possible de coopération. Les atouts touristiques de Madagascar sont la nature, la culture et les paysages qui attirent 70 % des touristes e tandis que Maurice a les plages. Quelque 30 % des touristes qui visitent Maurice se rendent dans un autre pays : la Réunion, Dubayy, l?Afrique du Sud et de l?Est. Selon un sondage réalisé par Christine Ranarivelo, 62 % des touristes interrogés auraient été intéressés si Madagascar avait été incluse dans le package.
Karl Mootoosamy, directeur de la Mauritius Promotion Authority, estime que Maurice a su se forger une image forte en tant que destination après trente années de travail. ?Cette expérience peut être partagée mais elle n?est pas transmissible?, dit-il. Maurice et Madagascar sont des produits différents. Toutefois, Karl Mootoosamy est d?accord sur la nécessité de créer une région touristique de l?océan Indien tout comme il y a une région touristique aux Caraïbes et un ensemble touristique en Asie.
BANQUET D?ETAT
Ravalomanana : ?Nous pouvons être une équipe formidable?
L?harmonie y est. Navin Ramgoolam et Marc Ravalomanana ont exprimé leur volonté de faire cause commune face aux défis à venir. Les deux pays se sont engagés à ?uvrer dans la complémentarité. C?était hier soir, à Grand-Baie, lors du banquet d?Etat offert en honneur au président malgache en visite officielle au pays. Evoquant la globalisation de l?économie, Marc Ravalomanana a précisé que les Etats n?ont que deux choix: nager côte à côte ou couler. ?En combinant nos ressources et votre expertise, nous pouvons être une équipe formidable. Nous avons besoin de vous autant que vous avez besoin de nous.? Cette idée d?unité se retrouve dans le discours du Premier ministre, Navin Ramgoolam. ?Je souhaite que Maurice et Madagascar parlent d?une seule voix au niveau régional et international pour défendre leurs intérêts communs?, a affirmé le Navin Ramgoolam. ?Faisons face à la globalisation ensemble, combinons nos ressources pour prendre pleinement avantage de la globalisation et continuons d?être un exemple de solidarité et de fraternité?, a renchéri le président malgache. Pour ce dernier, l?exploitation minière, le tourisme, l?agriculture, le secteur manufacturier et la technologie informatique sont autant de secteurs susceptibles de catalyser les économies. Le Premier ministre a ajouté que les négociations d?accord de partenariats économiques avec l?Union européenne, celle du cycle de Doha au niveau de l?Organisation mondiale du commerce et celle dans le cadre de l??Africa Growth and Opportunity Act?, constituent des forums de ?collaboration et de concertation étroite? entre les deux pays. Et la récente adhésion malgache à la Southern African Development Community et l?appartenance au marché commun de l?Afrique sub saharienne, a-t-il souligné, ?ne peuvent que rappeler la synergie entre nos deux Etats?. Abordant ce volet régional, Marc Ravalomanana a postulé pour un traitement préférentiel et spécial pour Maurice et Madagascar qui, de par l?éloignement physique de l?Afrique, ne profitent pas d?un certain nombre de projets financés par la SADC. ?Nous devons avoir un fonds qui nous protégera de notre fragilité et des calamités naturelles telles que les cyclones et tsunamis?, a-t-il dit. Afin d?attirer les capitaux étrangers, Madagascar a assaini les procédures administratives. Un ?one-stop shop? a été mis en place. D?autres incitations sont à l?étude pour que la Grande île soit une destination plus compétitive. Et les hommes d?affaires mauriciens sont invités. Navin Ramgoolam n?a pas manqué de mettre en exergue le fait que Maurice veillera à développer le cadre nécessaire pour relier les entrepreneurs et les investisseurs.
<B>Deux gouvernements qui ?veulent aller vite?</B>
Les gouvernements mauricien et malgache ont signé trois accords et une proposition de projet, hier, à Clarisse House, à l?issue d?un tête-à-tête entre le Premier ministre Navin Ramgoolam et le président Marc Ravalomanana, en visite officielle de trois jours au pays. ?Nous avons maintenant le cadre légal. Nous encourageons les investisseurs à prendre avantage de ces projets que nous avons en tête, dans l?agriculture, le seafood hub et le tourisme?, a fait ressortir le Premier ministre. Les deux gouvernements, pour Navin Ramgoolam, ?ont la volonté d?aller vite? en ce qui concerne les axes de coopération et les projets d?avenir.
Quant au ministre malgache des Affaires étrangères, Marcel Ranjeva, il a résumé que ces accords représentent ?l?illustration parfaite de la bonne entente de la coopération réelle entre les deux pays?. ?Avec ces accords, nous créons le climat pour aller de l?avant avec les projets d?envergure?, estime son homologue mauricien, Madan Dulloo, tout en évoquant la possibilité de coopération triangulaire entre Maurice, la Grande île et des Etats de l?Afrique de l?Est et de l?océan Indien.
Le Premier ministre a, d?autre part, annoncé que d?autres accords seront prochainement signés, leur contenu étant en train d?être peaufiné. Il a nommément cité l?accord commercial bilatéral.
Lors de la cérémonie, les ministres des Affaires étrangères ont, en effet, signé un accord de coopération technique en matière d?agriculture, un protocole d?accord sur la coopération dans le domaine de la lutte contre le trafic illicite de stupéfiants, de substances psychotropes et de précurseurs et un projet d?accord commercial.
Jumelage
Le tourisme figure haut dans l?agenda des discussions entre les deux gouvernements. Un premier pas concret a été franchi avec la signature d?une proposition de projet de convention de partenariat entre l?Industrial and Vocational Training Board et l?Institut National de Tourisme et d?Hôtellerie (INTH) d?Antananarivo. Le texte résume le souhait de l?IVTB, l?Ecole hôtelière et l?INTH de développer une coopération dans le domaine de la formation en intensifiant leurs relations amicales dans le cadre d?un jumelage. L?IVTB et l?INTH ont été représentés par leurs directeurs respectifs, Roland Dubois et Noromanana Rabenitany.
Force est de constater que la balance penche en faveur de l?institution malgache, car l?accord prône le perfectionnement des personnels de l?INTH, la contribution de l?IVTB-EHM à améliorer le fonctionnement pédagogique de l?INTH, sans oublier les échanges d?étudiants stagiaires.
La réunion d?hier, à Clarisse House, a été l?occasion pour les deux partis d?interagir. Du côté mauricien, l?on note la présence du ministre du Tourisme, Xavier-Luc Duval, ceux de l?Agriculture Arvin Boolell et de l?Education, Dharam Gokhool.
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