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Madagascar, une opportunité face à la flambée des produits alimentaires
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Madagascar, une opportunité face à la flambée des produits alimentaires
Madagascar, le grenier de Maurice. L?idée, évoquée à maintes reprises, n?a jamais vraiment décollé. Avec la flambée des prix des produits alimentaires sur le marché mondial, l?option devient économique.
Les autorités malgaches et mauriciennes sont engagées dans une réflexion stratégique pour donner une nouvelle impulsion à la coopération agricole entre les deux îles. La priorité de l?heure est de trouver des solutions aux problèmes phytosanitaires qui entravent l?acheminement des produits malgaches vers Maurice.
Les besoins en denrées alimentaires du pays, dont la majeure partie est constituée des produits de base, tels le riz et la farine, sont estimés à 686 000 tonnes en moyenne par an. La production locale répond pour environ un quart de cette demande. La facture d?importation des produits d?alimentation est en hausse continue. Les net importing countries comme Maurice ont peu d?arguments face à cette conjoncture. Cependant, une stratégie d?intégration avec des sources d?approvisionnement régionales peut faire la différence.
<B>Opportunité unique</B>
La Grande île est un partenaire idéal. Les deux pays ont déjà une coopération assez structurée au niveau de l?agriculture. L?Etat malgache a mis à la disposition des planteurs et des entreprises mauriciennes des terrains à bail pour entreprendre l?élevage et les plantations. De nouvelles initiatives en termes d?investissement transfrontalier furent envisagées, il y a deux ans. Les autorités veulent donner un grand coup d?accélérateur à cette coopération. Pour l?instant Madagascar fournit seulement 1 % de nos besoins en alimentation.
«La priorité pour 2008 sera de solutionner les contraintes au niveau phytosanitaire. Cela permettrait aux exportations malgaches vers Maurice de décoller de manière significative», avance une source de l?ambassade de Madagascar à Maurice.
Mais il faudrait aller au-delà des échanges commerciaux et envisager des possibilités d?intégration. «Madagascar offre une opportunité unique aux entrepreneurs mauriciens de prendre le contrôle total de la chaîne logistique», explique Cyril Monty, responsable du dossier de la diversification agricole à la Chambre d?agriculture.
Il y a un gros potentiel pour l?agro-industrie, les légumes, les grains secs et les produits de la mer, en particulier les crustacés. La proximité géographique des deux îles est un atout dans un contexte où le fret maritime augmente considérablement. Plusieurs entreprises mauriciennes sont déjà présentes dans ces filières. Le groupe Food and Allied Industries exploite un élevage de poulet sur place.
Mais il y a aussi des petites et moyennes entreprises (PME) qui se sont lancées dans l?aventure malgache. ERS est une PME qui cultive de la pomme de terre sur une grande échelle dans la région d?Antsirabe. Elle cultive des variétés mauriciennes dans ses fermes. Les produits sont aux normes phytosanitaires internationales et sont acheminés sans aucun problème vers Maurice. L?Agricultural Marketing Board rachète la totalité des pommes de terre expédiées.
«Nous voulons développer notre opération à Madagascar, indique Satish Ramruttun, Managing Director de la compagnie. Nous envisageons de monter une unité de transformation de pomme de terre sur notre ferme. Nous sommes à la recherche d?un partenaire stratégique pour ce projet.»
Madagascar a d?énormes avantages naturels. Les terres sont en abondance et la main-d??uvre à bon marché. Mais les conditions d?opération sont difficiles. Il y a beaucoup de failles sur le plan de l?insfrastructure physique et de la logistique. Les chaînes de production sont, en général, rudimentaires et recèlent beaucoup de coûts cachés. Les facilités d?irrigation et le contrôle des maladies sont déficients. Le manque de facilités de stockage au froid nuit, d?autre part, à la qualité des produits.
Pour Cyril Monty, le secteur privé mauricien a un rôle à jouer pour développer l?infrastructure à Madagascar si Maurice veut vraiment envisager un partenariat durable avec son voisin. «Les grands groupes agricoles mauriciens doivent faire un effort pour aider à mettre en place des facilités telles que les entrepôts. On ne doit pas s?attendre à ce que Madagascar, qui est un pays pauvre, mette tous les services à la disposition des investisseurs. Il faut être partie prenante du processus de transformation de l?agriculture dans ce pays», dit-il.
La nouvelle réflexion porte également sur les opportunités plus audacieuses, soit la production de céréales, tels le riz et le blé. Le gouvernement malgache a exprimé son intérêt à faire venir des investisseurs mauriciens dans ces créneaux. Les discussions sont encore à l?étape conceptuelle.
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