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Madagascar : le secteur privé tire la sonnette d?alarme

23 octobre 2008, 00:00

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Les industriels malgaches sont très inquiets. La baisse du pouvoir d?achat de la population des pays touchés par la crise financière se répercute déjà sur leurs activités. Le secteur crevettier a été l?une des premières victimes.

De par leur prix élevé, les crevettes malgaches mises en vente sur le marché européen ont perdu leur compétitivité. « Le pouvoir d?achat s?effrite en Europe à cause de la crise, si bien que la population se soucie peu de la qualité et se rue surtout sur les produits qui sont les moins chers », déclare Hery Ranaivosoa, président du Syndicat des industries de Madagascar (SIM).

Selon lui, il y a un surstockage de 7 500 tonnes de ce produit en Europe. Cette situation a conduit, récemment, à un licenciement massif à Besalampy au sein de la société Aqualma.

Les entreprises franches du secteur textile subissent le même sort. Bon nombre d?entre elles ont recours au chômage technique depuis des mois. La réduction des commandes provenant des États-Unis en est la raison principale. «Les commandes pour la nouvelle saison sont en cours, et avec la crise, il se pourrait qu?elles enregistrent une baisse», avance toujours le président du SIM.

<B>Rentabiliser le personnel</B>

«Les entreprises choisissent alors de licencier ou de mettre leur personnel au chômage technique.» Cette affirmation est partagée par un opérateur ?uvrant dans les PME. «Si les entreprises trouvent qu?elles ne sont plus rentables, il faut qu?elles prennent les décisions qui s?imposent pour leur survie», déclare cet opérateur. Toutefois, ces dernières ne sont pas prises à la hâte, elles doivent tenir compte des employés. En principe, le budget affecté au personnel dépend de la rentabilité de l?industrie. «Les charges de personnel s?établissent au maximum à 12 % du chiffre d?affaires annuel de la société. Si cette part est dépassée, des licenciements s?effectuent au niveau des entreprises», explique Roger Ralison, un économiste.

Les industries importatrices d?intrants des pays européens et américains se voient confrontées à des problèmes dus au système bancaire de ces derniers. Ce n?est pas le cas pour celles qui importent des matières premières provenant, par exemple, de la Chine ou de l?Inde.

<B>Lantoniaina RAZAFINDRAMIADANA</B> <I>© L?express de Madagascar</I>

<B>Débouchés uniques</B>

■ Les États-Unis et l'Europe sont les principaux débouchés des produits malgaches. 71 % des exportations de la Grande ile sont acheminées vers l'Union Européenne, contre 17 % pour les États-Unis. En ce qui concerne l'Inde et Singapour, leurs parts respectives sont de 3,6 % et 2,3%. En termes de quantité, la crevette représente 12 % des exportations contre 35 % pour les pierres précieuses et semi-précieuses. Un atelier sur la promotion des exportations se tient, actuellement, à l?hôtel Colbert. Il vise l'identification de nouveaux marchés et de nouveaux produits.

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