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?Ma carrière d?athlète m?aide beaucoup dans mon travail?

20 mars 2005, 00:00

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Il est 11 h10, le soleil brille et la chaleur est inconfortable.Vêtue d?un jean délavé, d?une blouse rose, de baskets et d?un chapeau en paille, parasol dans une main et gerberas de couleurs vives dans l?autre, une jeune femme pas plus haute que trois pommes arrive. Elle revient de sa visite quotidienne du champ d?expérimentation de l?AREU (Agricultural Research and Extensions Unit) où elle est employée comme « Assistant Research Scientist ». Bien que nous n?ayons eu aucun mal à la reconnaître, nous fûmes tout de même surpris par son apparence.

Sans nul doute, parce que nous sommes tellement habitués à la voir en T-shirt et en short sur les courts de badminton. Il s?agit, bien sûr, d?Amrita Sawaram, celle qui n?a plus besoin d?être présentée. Championne de Maurice ? titre qu?elle conserve jalousement depuis des années ? ancienne championne d?Afrique et Sportive de l?année 2000. Elle détient un palmarès éloquent.

Mais derrière cette joueuse se cache également une jeune professionnelle. « Assistant Research Scientist » à l?AREU depuis juillet dernier, elle fait partie des rares athlètes qui arrivent encore à exceller tant dans le domaine sportif que professionnel. Animée par la même ambition que lorsqu?elle est sur le court, c?est avec passion qu?elle explique son rôle.

« Nous faisons le même travail que le MSRI, sauf que nous faisons des recherches sur les non surgar crops. Notre objectif est d?aider les planteurs de légumes, de fruits et de fleurs à améliorer leurs sources de revenus. Nous avons trois crop research stations notamment un à Réduit et deux autres à Riche-Lieu et Wooton respectivement?, explique-t-elle.

Mais comment cette jeune femme de 24 ans exerce-t-elle dans un secteur qui, à première vue, n?est réservé qu?aux hommes ?

« Tout a commencé quand j?ai été reçue par l?Université de Maurice pour un BSC en Agricultural and Business Management. Toutefois, mon premier choix était l?informatique. J?avais choisi en option l?Agriculture parce que c?était un sujet nouveau. Quoi que pour mon Master Degree (MSC) j?ai opté pour l??Information System?. C?était une conversion course. Donc, les candidats n?avaient pas besoin d?un premier degré en informatique », souligne-t-elle.

Diplôme en poche, Amrita est employée au ministère de l?Environnement. « Mais ce n?était qu?un emploi temporaire car je faisais partie du projet Unemployed Graduate Scheme. Je n?ai pas eu vraiment l?occasion d?appliquer mes connaissances en agriculture, même si j?avais été embauchée pour cela. Ma connaissance en informatique, néanmoins, était largement utile pendant mon séjour dans ce ministère. Puis, j?ai vu dans les journaux que l?AREU recrutait des Assistant Research Scientist, j?ai tenté ma chance et j?ai obtenu le job », raconte-t-elle.

?Les jeunes ne veulent plus s?investir à fond dans le sport. Pendant les derniers Jeux des îles, j?avais remarqué un certain enthousiasme chez les jeunes à faire du sport mais cette envie
s?est attenuée après.?

Cette habitante de Chamouny reconnaît que le secteur agricole est très exigeant surtout sur le plan physique. « C?est vrai qu?on a tendance à croire que le secteur agricole est réservé aux hommes, mais il y a beaucoup de femmes qui travaillent à l?AREU. Quoi qu?être Assistant Research Scientist est tout de même un travail très épuisant physiquement. Qu?il tonne ou qu?il pleuve, nous devons être présents quotidiennement sur le terrain. Heureusement que ma carrière d?athlète m?aide beaucoup dans mon travail, car, physiquement j?arrive à tenir le coup », fait-elle ressortir.

Toutefois, dit-elle : « le plus dur quand on est une femme, et surtout quand on est jeune, c?est de pouvoir imposer son autorité aux laboureurs qui travaillent sur le field. Cela peut se comprendre, car la plupart d?entre eux ont le même âge que mon père. Il est difficile pour eux d?accepter des ordres venant d?une femme. Mais petit à petit, ils acceptent de collaborer ».

Amrita doit son succès ? sportif et professionnel ? à un personnage imposant et autoritaire qui a toujours veillé à ce qu?elle ne quitte jamais les rails. « Il s?agit de mon père, Iswurduth. Il est très autoritaire, même s?il ne le réalise pas. Il a façonné ma carrière d?athlète et a veillé à ce que je ne néglige jamais mes études. Son idéologie, c?est d?exceller dans tous les domaines. J?ai eu énormément de chances qu?il soit lui même un sportif. Il m?a soutenue en tant qu?entraîneur et m?a guidée dans les études en tant que pédagogue. Il en a fait autant pour mon frère Vishal, qui est enseignant, et ma petite soeur Bhavna, qui est étudiante en Upper VI », raconte-t-elle.

Elle qui est athlète de haut niveau depuis plus d?une décennie, comment voit elle l?avenir du sport mauricien ?

« Je pense que l?état fait beaucoup d?effort, quoi qu?il puisse en faire plus. La bourse de haut niveau, qui vise à aider financièrement les athlètes, est une très bonne initiative. Il y a des athlètes qui ont énormément de potentiel, mais qui n?ont pas les moyens de s?acheter des équipements voire même de payer leur ticket d?autobus pour aller aux entraînements. C?est regretable ! Les jeunes ne veulent plus s?investir à fond dans le sport. Pendant les derniers Jeux des îles, j?avais remarqué un certain enthousiasme chez les jeunes à faire du sport mais cette envie s?est attenuée après les Jeux. Je pense que les autorités devraient trouver un moyen qui motiverait la masse à pratiquer du sport », estime-t-elle.

Qu?en est-il de sa carrière d?athlète? :

« Il n?est pas facile de concilier vie professionnelle et sportive. D?autant plus que mon travail est très exigeant sur le plan physique. Je quitte chez moi à 7h30 pour rentrer à 21h30 après les entraînements. J?espère que j?arriverais à tenir le coup ». On ne peut que lui souhaiter bonne continuité !

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