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Maître du temps?

13 mai 2004, 20:00

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Gaëtan Huët est certes un horloger pas comme les autres. Il aime manipuler des engrenages microscopiques. Il a démonté sa première horloge alors qu?il n?avait que 12 ans. Aujourd?hui, il en a 50. De plus, il est passé maître dans la réparation de montres antiques.

C?est avec beaucoup d?enthousiasme dans la voix que Gaëtan raconte ses débuts dans ce métier, qu?il détestait pourtant.

Il vient tout juste de quitter l?école. Sa s?ur aînée, Denise, épouse France Choon et tous deux élisent domicile quelque temps après, à Chemin-Grenier. Le jeune Gaëtan est invité à partager la demeure de son beau-frère, car sa femme est seule à la maison alors qu?il travaille dans un magasin pendant la journée.

?J?ai surpris mon beau-frère pendant la nuit une fois en train de réparer une montre. J?ai appris que des clients apportaient souvent leur montre au magasin.? Gaëtan presse son beau-frère de questions. France demande ainsi au jeune curieux s?il ne veut pas embrasser ce métier. La réponse est catégorique : ?Non?. Mais l?horloger a bien une idée derrière la tête.

France Choon demande alors au jeune homme de lui tenir compagnie. Les nuits passent et le garçon est présent, enregistrant les moindres gestes de son beau-frère. Au bout de quelques semaines, l?horloger donne au garçon un réveil à démonter. Gaëtan Huët s?en souvient très bien. C?était un réveil allemand, de la marque Peter. Comme c?est facile de le démonter, il le fait très vite. Mais quand il faut rassembler les pièces, c?est une tout autre histoire. ?Je croyais avoir bien rassemblé le réveil mais en regardant bien, il y avait des pièces qui étaient restées sur la table.? Il fera l?exercice encore une fois mais, cette fois, sous l??il vigilant de son maître. Il apprendra que les partitions doivent être classées séparément pour faciliter le montage.

Apprentissage

Gaëtan, accompagnera aussi son beau-frère au magasin, dont le propriétaire adore parler avec le jeune garçon. Un nouvel arrivage d?horloges de la marque China vient d?arriver au magasin. Il sont vendus Rs 3.50 l?unité. Le propriétaire offre une douzaine de ces réveils au jeune homme? pour pratiquer. Mais celui-ci, le faisant en l?absence de son beau-frère, les met hors d?usage.

Sans se rendre compte, Gaëtan est devenu apprenti-horloger malgré lui. Il assiste son beau-frère tous les soirs jusqu?à un samedi qu?il n?oubliera pas. ?Ma s?ur m?avait donné de l?argent pour acheter du kérosène. Au lieu de faire la commission, j?ai dit à mon frère que je passerais au bazar avant.? Mais le jeune homme ne retournera jamais chez sa s?ur puisqu?il trouve que l?apprentissage est trop dur. Il marchera de Chemin-Grenier jusqu?à Rivière-Noire. Et de là, il rentrera chez sa mère, à Palma, en auto-stop. Il arrivera dans l?après-midi, quelques minutes avant que son beau-frère ne fasse son apparition.

Gaëtan doit retourner chez son beau-frère pour compléter son apprentissage. Il vole de ses propres ailes en faisant de petits boulots pour joindre les deux bouts. ?Maman m?a aidé pour acheter les outils mais le loyer est cher en ville.?

L?horloger déniche un emplacement à Bambous ayant servi à un tailleur, avec un loyer de Rs 30 mensuellement. Il se souvient encore de son premier client, un certain Morna, qui lui donne une montre de la marque Buller à réparer. Depuis, les clients venant de Chemin-Grenier et même de Beau-Bassin, ne cessent de le solliciter. Il reçoit même des antiquités à réparer. ?Je répare de moins en moins ces vieilles montres car cela demande plus de temps et les pièces sont rares. Quand je prendrai ma retraite, je passerai mon temps à réparer les vieux réveils.? D?ailleurs, il a une bonne collection de montres de poche ayant une valeur inestimable. Des originaux, précise-t-il.

En attendant que sonne l?heure de la retraite, il initie son fils Julio à l?horlogerie. ?Je prendrai le relais de mon père. C?est un métier que j?aime?, dit celui-ci.

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