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M. L. Blann évoque les débuts de la “Cable & Wireless”

13 juillet 2006, 00:00

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Juillet 2006, notre actualité fait la part belle à la télévision par ADSL et Mauritius Telecom. Il s’agit de la dernière application de nouvelles technologies en matière de télécommunications. Elles révolutionnent autant notre manière de vivre que la démocratisation de l’automobile, les liaisons aériennes par avions à réacteur, les liaisons satellitaires, l’invention de l’ordinateur. En juillet 1981, nous n’en sommes pas encore là. Raison de plus pour utiliser les souvenirs professionnels que confie, à la presse, M. Laurie Blann, pour mesurer les progrès enregistrés pendant le quart de siècle écoulé et prendre davantage conscience d’où venons-nous en matière de communications avec le reste du monde.

Laurie Blann arrive à Maurice en 1972. Il y dirigera la station locale de la Cable and Wireless jusqu’en 1981, date à laquelle il est remplacé par son collègue, Bernard Finney. On n’exagère guère en soutenant qu’il est à la base de la modernisation de notre système de communication avec l’étranger. Le développement technologique est, en effet, énorme. Au moment de son départ, il lui plaît de souligner que l’île Maurice veut, déjà, rester à la pointe du progrès technologique en fonction de ses besoins. Cette volonté s’explique en grande partie par son insularité et par les grandes distances géographiques qui la séparent du reste du monde.

A son arrivée à Maurice, en 1972, Laurie Blann est confronté à un service téléphonique désuet, fonctionnant, en grande partie, manuellement. Les appels à l’étranger se font encore par un circuit de haute fréquence radio, transitant par Nairobi. Les employés travaillent aux heures européennes, c’est-à-dire de 11 à 18 heures, pour tenir compte du décalage horaire. Les usagers doivent réserver à l’avance leurs appels avec l’étranger. Ils doivent parfois patienter jusqu’à 24 heures avant d’entrer en contact avec leurs correspondants. La qualité téléphonique est, pour dire le moins, variable.

Le service télex ne compte alors que 25 abonnés. Même pas assez pour chaque ministère. On pensait encore que le circuit de haute fréquence radio serait celui de l’avenir. On pensait qu’il suffirait d’ajouter toujours plus d’antennes, plus de postes émetteurs et récepteurs pour développer les communications d’un pays à l’autre. Puis arrivent les satellites et les stations de réception terriennes. Apparaît alors un nouveau monde. S’ouvre un nouveau chapitre dans l’histoire des communications avec le reste du monde.

Le 11 décembre 1975, on procède à l’inauguration de la station terrienne réceptrice des Cassis. Il s’agit de la première que Cable and Wireless installe hors du Royaume-Uni. Il faut un avion spécial pour convoyer les trente tonnes de matériel requis. Dix jours suffisent pour l’installer et pour qu’elle fonctionne correctement. Les funérailles de Franco, le sinistre dictateur espagnol, inaugurent en quelque sorte ce nouveau mode de communication avec le reste du monde.

Ce système satellitaire rend inutile l’ancien système de câbles sous-marins. Il n’existe plus, en 1981, que de part et part de l’Atlantique-Nord, en raison de l’extrême densité des communications intercontinentales. Le câble permet, en effet, de transmettre simultanément 3 600 appels téléphoniques. Les transmissions par câbles et satellites sont alors complémentaires.

Laurie Blann insiste sur l’importance de posséder le meilleur système de télécommunication disponible pour une île aussi isolée, au milieu de l’océan, que Maurice. En 1974-75, la zone franche manufacturière passe à un palier supérieur avec la création de l’EPZ (Export Processing Zone). Grâce au satellite, l’industriel peut, de Maurice, acheter, au meilleur moment sur le marché international, les matières premières dont il a besoin et faire ainsi des économies substantielles. En 1981, il est relié, quasi instantanément, par télex, à un correspondant pourtant situé aux antipodes de Maurice.

Blann est d’avis que le plus grand changement à l’avenir se fera au niveau du téléphone. Il entrevoit la possibilité de communiquer avec des correspondants étrangers, simplement en composant leurs numéros et sans devoir passer par aucun intermédiaire. Il fait aussi l’éloge de la longue ligne de communications par micro-ondes, installée entre la Réunion et le sommet de la montagne des Signaux. Auparavant, on ne pouvait faire que 24 appels à la fois entre Maurice et l’île sœur. Grâce à l’antenne ainsi installée, ce nombre passe à 90 appels simultanés.

Au niveau de la télévision, la MBC/TV peut transmettre instantanément des images reçues par satellite de l’étranger. Les Mauriciens pourront donc assister en direct au mariage princier devant unir, pour la vie, le prince de Galles avec Lady Diana Spencer, noces royales auxquelles est d’ailleurs convié leur Premier ministre.

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