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Mésentente au sommet de la Banque centrale
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Mésentente au sommet de la Banque centrale
Les démêlés au sein du Monetary Policy Committee (MPC) ont marqué la conférence de presse de la Banque de Maurice. Les trois membres de l?équipe à la tête de la Banque qui siègent au MPC n?ont pas accordé leurs violons, lors du dernier vote. Leur position a été divergente, au grand dam du gouverneur.
Rundheersing Bheenick comptait sur le soutien de ses deux vice présidents, Yandraduth Googoolye et Ahmad Jameel Khadaroo pour un vote en faveur d?une hausse conséquente du taux d?intérêt. Il espérait une hausse du taux directeur de la Banque centrale de 100 points de base. Mais l?un de ses deux collaborateurs, notamment le deuxième vice-président, a voté pour une hausse modérée.
Ahmad Jameel Khadaroo a expliqué qu?il n?a jamais sous-estimé, comme on le prétend, la menace inflationniste qui plane sur le pays. «Je l?ai comparée aux risques liés au ralentissement de la croissance. J?étais pour un relèvement du taux d?intérêt de 25 points», a-t-il soutenu, au lendemain de la décision du comité chargé de la politique monétaire de la Banque centrale de hausser son repo rate à 8,25 %. Le résultat du vote est tombé dans une atmosphère de profonde division, après près de cinq heures de discussions brûlantes.
<B>Un devoir vis-à-vis de la nation</B>
Si le principe de la hausse du taux d?intérêt était admis par sept des huit membres du MPC, son quantum a été la pomme de discorde. «Je ne suis pas contre la divergence d?opinions au sein du MPC», affirme Rundheersing Bheenick. «Mais je crois que l?équipe de la BoM siégeant au sein de cette institution, en tant que représentante de l?Etat, a un grand devoir vis-à-vis de la nation. A ce titre, elle a l?obligation d?exprimer clairement son point de vue sur la politique monétaire de la Banque.»
Selon le communiqué officiel de la Banque, les risques liés au ralentissement de la croissance ont été pris en compte lors de cette décision controversée du MPC. De même, les craintes d?une dérive inflationniste ont été mûrement considérées. «La pression inflationniste à Maurice demeure forte et l?inflation est une préoccupation sérieuse», explique la banque dans son communiqué. Le MPC estime qu?un relèvement du taux directeur de 25 points de base est suffisant pour contenir l?inflation. Et cela, contrairement à ce qui avait été le cas à la réunion de juin dernier.
En effet, il y a quelques semaines, ses membres avaient estimé que les risques pour la croissance méritaient une attention toute particulière. La décision de laisser le repo rate inchangé l?avait alors emporté, contre l?avis du gouverneur. Il avait opté pour étouffer l?inflation au plus vite. «Depuis, ma position est demeurée la même, pour maintenir la cohérence, la transparence et la crédibilité de notre institution», soutient Rundheersing Bheenick.
«Si le principe de la hausse du taux d?intérêt était admis par sept des huit membres du MPC, son quantum a été la pomme de discorde.»</I>
Le communiqué précise que l?attention des banques centrales dans le monde est passée de la recherche de la croissance à la lutte contre l?inflation. «L?ère des politiques monétaires globales axées sur la croissance touche à sa fin», peut-on lire. D?autant plus que les prévisions de croissance du Fonds monétaire international (FMI) à l?échelle mondiale, pour l?année en cours, ont été revues à la hausse. De 3,7 % en avril 2008, elles sont passées à 4,1%. De même, les estimations de croissance à Maurice demeurent assez solides. De 5,5 % pour l?année fiscale précédente, la croissance est estimée à 6,2 % pour 2008-09, selon le communiqué.
Le communiqué, en revanche, exprime l?inquiétude de la montée inflationniste dans le pays. L?inflation annuelle est passée de 9,3 % en avril 2008 à 9,7 % en juin. Les craintes de la voir passer à un taux à deux chiffres sont réelles, selon le MPC.
Le FMI, la semaine dernière, était aussi de cet avis. Il a martelé que l?inflation demeurait une vraie menace pour le pays. Il met en cause, notamment, la crise énergétique et la hausse des prix des commodités sur le plan international. Les recommandations de hausses salariales formulées par le Pay Research Bureau et les revendications qui ont suivies, sont montrées du doigt par le FMI.
Rundheersing Bheenick ne s?avoue pas vaincu. Il espère que la prochaine réunion du MPC, fixée au 29 septembre, lui permettra d?avoir gain de cause et d?obtenir un relèvement du taux d?intérêt directeur plus important.
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