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Médecine hyperbare : le traitement ?miraculeux?`

31 décembre 2004, 20:00

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«Certains médecins sont surpris par la rapidité avec laquelle les plaies des diabétiques se cicatrisent», révèle, mine de rien, le Dr Gujjalu. La guérison en est presque «miraculeuse». Mais derrière ce «miracle», l?oxygénothérapie à travers le caisson hyberbare.

Les patients : des diabétiques avec des plaies inguérissables aux pieds, des gangrènes, des infections osseuses chroniques, des greffes de peau ou des brûlures non cicatrisées. Parmi eux figurent également des brûlés par radiation à la suite de traitements anti cancéreux.

Le Dr Rajagopal Soondron, directeur du nouveau centre hyperbare de Candos confirme : «On a eu un malade qui traînait un ulcère au pied pendant 20 ans. En dix jours, l?ulcère s?est résorbé et on a pu le greffer.»

Depuis son ouverture, le centre hyperbare de Candos a traité une soixantaine de malades à travers 247 différentes séances. Les résultats obtenus jusqu?ici sont satisfaisants et les autorités ne regrettent pas l?investissement des Rs 25 millions, caisson et bâtiment compris, pour doter le pays d?une unité de médecine hyperbare.

Une dizaine de médecins et huit infirmiers spécialisés y sont affectés. Ils ont été formés l?année dernière par le professeur Françis Vattel du Centre hospitalier universitaire de Lille et ont ensuite passé un examen écrit. Le Dr Dick Hams de la Réunion ainsi que son «caisson master», Jackie Hoareau, ont aussi aidé à la formation.

Mais comment fonctionne le traitement dans le caisson hyperbare. «Dans ce caisson à huit places, les malades reçoivent de l?oxygène pur à une pression qui peut aller jusqu?à 2,5 bars alors que normalement la pression atmosphérique est d?un bar. Avec cette haute pression, il n?y a pas seulement les cellules rouges du sang qui prennent de l?oxygène pur, le plasma du sang commence aussi à transporter de l?oxygène vers toutes les parties du corps, tuant ainsi les bactéries anaérobies responsables des gangrènes. Cet apport très conséquent d?oxygène favorise aussi la micro circulation - la formation de petits vaisseaux - et rend les antibiotiques plus performants», explique le Dr Rajagopal Soondron.

Mais, précise ce dernier, les résultats dépendent de la vascularisation. Une vascularisation trop affectée, chose qui arrive souvent chez les diabétiques qui ne se contrôlent pas pendant une très longue période, ne donne pas de résultats spectaculaires, quel que soit le nombre de séances dans le caisson.

<B>La Réunion en avance</B>

La séance dans un caisson hyperbare, utilisé normalement pour traiter les accidents de plongée, dure environ une demi-heure car l?absorption de l?oxygène pur sous pression présente aussi de dangers.

L?île s?ur a une très longue avance sur Maurice dans le domaine de la médecine hyperbare et plusieurs Mauriciens ont eu recours à l?oxygénothérapie à la Réunion.

C?est en 2001, à la suite d?un comité interministériel présidé par Paul Bérenger alors ministre des Finances, que le projet de doter le pays d?un centre de médecine hyperbare surgit. Cela, après un accident de plongée dont avait été victime un touriste.

Le caisson hyperbare du pays, un vieil équipement obtenu en cadeau et géré par la Special Mobile Force, était alors en panne. La victime a dû être transportée à la Réunion dans un avion qui ne pouvait voler à plus de 300 mètres d?altitude pour éviter des complications à l?accidenté.

Aux dires de certains, cette affaire avait porté un coup à l?image de marque de Maurice comme destination de classe. Décision avait été alors prise d?investir dans un centre de médecine hyperbare. Mais l?investissement énorme, Rs 25 millions pour traiter une douzaine de cas d?accidents de plongée par an, fait tiquer.

Le Dr Gujjalu, spécialiste en médecine hyperbare, suggère alors l?utilisation de ce centre pour l?oxygénothérapie pour éviter les amputations ou encore traiter les gangrènes. Le caisson sera aussi utilisé pour les empoisonnements au monoxyde de carbone.

Le centre hyperbare de Candos, qui opère 24 heures sur 24, compte bien être à la pointe de l?oxygénothérapie. Le traitement est utilisé aux Etats Unis pour limiter les dégâts, notamment dans des cas d?infarctus.

Entre-temps, le directeur du centre participera sous peu à une réunion des spécialistes de médecine hyperbare à Lille, en France, pour prendre connaissance des dernières recherches et résultats probants dans ce secteur.

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