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Mères de stars (2/3)
Colette, mère du chanteur Dario Lascie
<B>Colette : « Chaque maman devrait être tolérante »</B>
Rires, chahuts et cris retentissent sans doute encore dans sa tête. Avec ses enfants Elda, Renée, Jeannine, Jean-Claude, Mario, Eileen, Sheila et Dario, le c?ur de Colette Lascie déborde de joie. À 73 ans, cette curepipienne a traversé des épreuves pour élever ses enfants. « La vie était très difficile. Mon époux qui a travaillé pendant 40 ans au service de la propriété sucrière de Highlands subvenait à nos besoins tandis que je veillais sur les enfants », confie-t-elle. Lorsqu?elle pose les yeux sur Dario, 34 ans, sportif qui a participé à plusieurs compétitions et fait aussi aujourd?hui carrière dans la musique, elle ressasse de nombreux souvenirs. De ses journées où le petit bonhomme accourait sous un arbre de jamalacs, muni d?une caraye et d?autres ustensiles pour en dégager une mélodie. Quelques années plus tard, c?est à l?appel du sport que ce dernier a répondu. Ses activités ne l?ont pas pour autant empêché de dorloter sa mère. « Dario a toujours été très présent. Nos relations sont très amicales. Voir Dario réussir dans la musique me comble de joie. Chaque maman devrait être tolérante pour mieux guider ses enfants. »
Marie-Thérèse, mère de Gilberte Marimootoo-Natchoo
<B>« Je n?aime pas qu?on dépense pour moi »</B>
On a toujours du mal à couper le cordon ombilical avec sa mère. C?est peut-être pour cette raison que les enfants de Marie-Thérèse Marimootoo sont toujours un peu dans sa jupe.
À l?exemple de Gilberte Marimootoo-Natchoo, cette ar-tiste-peintre. Il ne se passe pas un jour sans qu?elle n?aille voir sa mère avant d?aller travailler.
Marie-Thérèse a huit enfants. Ils lui sont tellement attachés, qu?elle a peur de ce qui arrivera quand elle ne sera plus là. « Au moindre ayo de ma part, ils s?inquiètent. Parfois je préfère me taire parce que je n?aime pas les voir soucieux. » Mais Marie-Thérèse peut être fière. Avec les Rs 250 que gagnait son mari, elle a réussi à élever ses enfants et à faire d?eux des adultes responsables. Il faut dire que Gilberte, lui a donné du fil à retordre quand elle était petite. Elle courait beaucoup, jouait avec les garçons, tombait.
Pour sa fête aujourd?hui, elle espère ne pas crouler encore sous des cadeaux. « Gilberte me donne souvent des tableaux, mais moi je lui dis que c?est son gagne-pain. Elle ne m?écoute pas. Je n?aime pas qu?on dépense pour moi parce que ce n?est pas facile de gagner de l?argent. » Gilberte avoue d?ailleurs que parfois, quand elle n?a plus un sou, c?est vers sa mère qu?elle se tourne pour trouver de l?aide. Marie-Thérèse aime que Gilberte l?emmène avec elle dans des hôtels lorsqu?elle va faire des livraisons de tableaux. Et pour ce qui est des défauts de sa fille ? Pas question de les mettre dans le journal. L?amour maternel permet de dépasser ce qui est négatif.
Giantee, mère de Suttyhudeo Tengur
<B>Giantee : « Enn ti kitsoz pu mo tizanfan »</B>
Elle l?appelle Bhoy, ce qui signifie frère dans leur famille. Elle le voit comme un père, parce qu?il s?occupe si bien d?elle. Mais c?est en fait son fils. Il s?appelle Suttyhudeo Tengur et elle, c?est Giantee. Giantee avait quinze ans quand Suttyhudeo est né. « Se mo premie garson et mo ti konne li pu vinn enn gran dimunn. » Giantee ne connaît pas tous les détails des actions de son fils. Elle le voit à la télé, elle voit sa photo dans le journal, elle sait seulement qu?il fait un travail social. « Li alle dan gran plass, li zwenn ran dimun. Dépi li tipti li byen zanti. Li pas kontan truv dimunn fer dominer. »
À Camp-Thorel (Tengur a aussi sa maison là, sauf qu?il y va seulement le week-end), où elle habite, la cour est bien fleurie. C?est Suttyhudeo qui s?en occupe. « Li aste fler ek li mett dimunn travay. » Son fils lui donne de l?argent tous les mois, et elle le donne à ses autres enfants ou elle achète « enn ti kitsoz pu mo tizanfan ». Des défauts, Giantee n?en voit pas chez son fils. « Zamé li pa ankoler. » Elle revient sans cesse sur le côté philantrophique du syndicaliste, elle nous montre les bijoux qu?il lui a offerts, précise que son fils l?emmène chez « dokter paye ek dan klinik ». Et puis elle lâche un détail : Rex. Notre homme a une passion pour les chiens, surtout pour son berger allemand. Giantee lui donne à manger tous les jours « Si pas baign li, gaign lamerdema ar Bhoy. » Suttyhudeo n?est plus l?enfant qui pleurait quand il rentrait de l?école et que sa mère était partie couper du bois. « Si so mama malad ek pann dire li, li ankoler », explique le plus jeune frère qui a servi de traducteur lorsque Giantee s?exprimait en bhojpuri.
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