Publicité

L’Inde se convertit à l’énergie solaire

25 octobre 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Quand la vallée californienne du Silicone offre des ponts d’or pour débaucher les meilleurs informaticiens de l’Inde, sinon du monde, il est difficile, même pour les plus récalcitrants et les plus bouchés d’entre nous, de ne pas nous rendre à l’évidence que la Grande Péninsule devient une des superpuissances, appelées à dominer notre XXIe siècle de la tête et des épaules. Ne commettons surtout pas l’erreur de croire que cette prospérité indienne surgissante pourrait être une goutte d’eau dans un océan de misère et de sous-développement. L’élite indienne, tout comme l’élite chinoise, est une locomotive désormais capable d’entraîner à sa suite, dans une prodigieuse course vers le développement et vers les technologies de pointe, des masses de plus en plus grandes, multipliant à l’infini les prouesses inimaginables de l’intelligence humaine car le pays de Gandhi mais aussi des plus grands brasseurs d’affaires au monde, la sidérurgie européenne en sait quelque chose, dispose de réservoirs humains et de jeunes dont seuls peuvent avoir une idée approximative ceux ayant eu le bonheur et le privilège de résider longtemps dans ce pays, qu’on pensait oublié des dieux mais qui est en fait béni par eux.

Ce miracle indien n’est pourtant pas aussi nouveau que ne voudraient le croire de nouveaux convertis à l’inimaginable potentiel indien, pour mieux disculper leur cécité indécrottable. La presse de la fin d’octobre 1981 consacre, par exemple, une page entière à la conversion de l’Inde à l’énergie solaire. Et ne pensez pas qu’il puisse s’agir d’un de nos journaux traditionnellement bien disposés à l’égard de l’Inde des nababs et des intouchables, l’Inde des fakirs, des universités et des cybervilles. C’est le défunt Cernéen, celui de N.M.U., qui fait ainsi l’éloge du passage de l’Inde à l’énergie solaire, en cette fin d’octobre 1981.

L’énergie solaire reçue au sol, chaque jour, en Inde, est des milliers de fois supérieure à l’énergie qu’elle consomme. De plus en plus cette énergie sera utilisée pour répondre aux besoins énergétiques grandissants de la population indienne. Elle dispose d’un réservoir énergétique inépuisable car renouvelable mais aussi de l’intelligence humaine requise pour inventer et créer la technologie, capable de maîtriser et utiliser à bon escient cette source intarissable d’énergie. En 1981, déjà, 40 instituts se consacrent à la recherche fondamentale et appliquée dans ce domaine. L’Inde se constitue un vaste réseau d’acquisitions et d’échanges de données solaires. Ces recherches vont du plus simple (le chauffage de l’eau) aux complexités extrêmes. Des chauffe-eau solaires équipent ainsi des usines textiles comme des hôtels, des hôpitaux, des laiteries. Des incitations fiscales, que nous attendons toujours, encouragent financièrement et durablement tout recours au solaire. L’énergie solaire devient, en 1981 déjà, presque compétitive. Des miroirs concentrateurs peuvent porter la température de l’eau à 150° degrés centigrades. Plusieurs types de séchoirs solaires sont mis au point dont un pour la dessiccation du lait. Bon nombre de modes de production se contentent d’une température d’eau inférieure à 100 degrés centigrades, température facilement accessible grâce à l’énergie solaire la plus élémentaire, permettant ainsi des économies des dépenses énergétiques appréciables.

Il n’est pas bien sûr possible de comparer les besoins énergétiques d’une île de 1 865 km carrés et ceux d’une Grande Péninsule de 3 268 000 km_ et comptant des centaines de villages isolés pour une agglomération urbaine de taille adéquate. Est-ce la raison nous ayant empêché, pendant le quart de siècle écoulé, d’avoir utilisé les technologies disponibles d’exploitation de l’énergie solaire dans nos îles lointaines et même prochaines ? Demain, nos voleurs et receleurs d’archipel nous rendraient-ils miraculeusement nos îles chagossiennes qu’on ne saurait toujours pas comment y maîtriser l’énergie solaire pourtant disponible à gogo.

En 1981, nous sommes encore en train d’essayer de développer nos possibilités de centrales hydro-électriques, en matérialisant le projet de Rivière Champagne dont une des conséquences sera la disparition ô combien regrettable de la cascade Diamamouve, du nom d’un esclave fugitif, se cachant dans une anfractuosité dissimulée par la cascade et ayant pu, de ce fait, échapper aux battues pour le capturer. La chance ne devait pas lui sourire indéfiniment. Aculé, un jour, il préféra se jeter dans le vide et s’écrasa sur les rochers. Avis aux archéologues en quête de vestiges de l’esclavagisme.

La centrale hydro-électrique de Rivière-Champagne comprend un barrage d’une superficie de 41 hectares sur la GRSE, à une altitude de 241 mètres au-dessus du niveau de la mer, un déversoir comprenant une chute de 85 mètres débouchant sur la rivière Canard, un tunnel de trois kilomètres reliant la digue de GRSE à la Centrale hydroélectrique de Rivière Champagne, située à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer. La capacité maximale de la centrale hydro-électrique de Rivière Champagne est de 30 MW.

L’Inde pense à l’énergie solaire et Maurice à la production de compost à partir de déchets. Oh ! il ne s’agit que d’une étude préparatoire, œuvre de deux experts français. Mauvais présage. La presse parle du dépotoir de Roche-Bois d’où partent nos déchets pour être jetés en mer. Pouah ! Aux Salines, si chères à Léoville L’Homme, on pense à des déchets comprimés et recouverts de terre. La Santé dit que c’est bon ! Qui financera le projet de compost produit à partir de nos déchets ? Le contribuable Censé bénéficier d’un ramassage d’ordures plus efficace. Il y aurait aussi la manne de la vente des 12 000 tonnes d’engrais qu’on espère pouvoir produire annuellement. Un quart de siècle, on parle toujours de production de compost à partir de nos déchets. En attendant Mare-Chicose déborde de toutes parts et le Soleil se lève chaque matin en pure perte pour nous qui méprisons toujours son réservoir énergétique.

Publicité