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L’illusion réglementée
<B>Par Akilesh ROOPUN</B>
Le gouvernement fait de l’ouverture et de la libéralisation de l’économie un de ses objectifs premiers. Les divers chantiers de réforme initient des mesures qui vont dans le sens d’une économie libérale tant au niveau de la fiscalité et de la régulation du business et du marché du travail notamment.
Les initiatives de réforme chantent l’hymne de l’économie du marché. Cependant, il y a des sérieux grincements dans la note. La politique de contrôle des prix en est un. Le gouvernement qui se veut moderne préserve là un réflexe d’un autre temps.
Le problème autour du marché de fer de construction et plus particulièrement par rapport à un opérateur, en l’occurrence Desbro, vient encore une fois mettre en lumière la pertinence des prix réglementés.
Le gouvernement veut contrôler les prix alors qu’il n’exerce aucun contrôle sur les facteurs et les conditions de production des produits et services en question. Ce modèle n’est manifestement pas viable surtout dans un contexte international où la pression sur les matières premières se fait de plus en plus énorme.
La philosophie des prix administrés donne l’illusion que les prix de vente des produits ne vont pas augmenter. Pourtant, il est évident que cela n’est pas faisable. Les hausses sont inévitables. La seule chose qui change c’est que c’est l’Etat et non les opérateurs économiques qui décide des augmentations.
L’objectif premier du contrôle des prix est de protéger les consommateurs, surtout ceux qui sont au bas de l’échelle. Dans les faits, les prix administrés favorisent les monopoles et les fournisseurs historiques inefficients. Ils finissent par tuer la compétition en décourageant d’autres opérateurs potentiels à entrer dans le marché.
Le décret des prix n’est pas la seule intervention étatique dans le marché qui est discutable. L’Etat doit aussi se garder d’agir comme fournisseur des biens et des services au même titre que les opérateurs privés. Le rôle de la State Trading Corporation (STC) doit être sérieusement mis en examen.
Une économie moderne et libérale ne peut accommoder des institutions qui font la concurrence souvent déloyale (parce que leurs produits sont subventionnés) aux entreprises privées.
Dans les deux cas, les forces de la concurrence ne parviennent pas à exercer son vrai potentiel, et cela au détriment des consommateurs. Plus d’opérateurs dans un marché veut dire plus de diversité dans les produits et plus de pression à la baisse sur les prix.
Le choix doit revenir aux consommateurs. L’Etat ne peut avoir la prétention de choisir à la place des consommateurs en leur imposant des produits. Les exemples où la libéralisation a amené plus de diversité dans les offres abondent. Lorsque l’importation du riz a été libéralisée, le public n’a pas tardé à découvrir les nouvelles variétés de riz basmati.
Les prix administrés et la présence des agences comme la STC freinent les initiatives privées et font du tort à l’activité économique en générale.
Ce n’est pas pour dire que l’Etat n’a aucun rôle à jouer sur le marché. Une “Competition Commission” aura pour tâche d’agir comme chien de garde auprès d’un marché libéralisé. C’est à elle qu’il incombera de traquer les abus des commerçants et autres fournisseurs.
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