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L’année
<B>Janvier.</B>Brin de causette entre Kofi Anan, secrétaire général des Nations unies, et le Premier ministre Paul Bérenger à l’ouverture de la conférence sur l’avenir des États insulaires, mi-janvier à Pailles. Pourtant, il n’y a pas vraiment de quoi rire pour les deux hommes. Anan doit encore relever le défi de coordonner l’aide internationale aux victimes du tsunami qui a ravagé le Sud-Est asiatique trois semaines plus tôt. Bérenger, lui, est âprement critiqué pour avoir été prodigue en dépenses dans l’organisation d’un événement qui ne tient pas vraiment ses promesses.
<B>Février. </B>Le pays se remet à peine du choc provoqué par le crime crapuleux commis au siège de la Mauritius Commercial Bank, qu’Anil Bachoo, ministre du Transport, provoque un mini-séisme politique en rompant avec son parti, le MSM, pour s’allier au Parti travailliste. Les braqueurs, une bande constituée par le planton Vinesen Subbaroyen, emportent Rs 50 millions et tuent Gérald Lagesse, Customer Service Supervisor.
<B>Mars.</B>C’est pratiquement dans l’eau qu’est célébré le 37e anniversaire de l’Indépendance de Maurice. Les fortes pluies valent un jour de congé forcé et de grosses misères aux Mauriciens. C’est dans cette ambiance que Maurice accueille le président seychellois, James Michel, l’invité d’honneur des festivités.
<B>Avril.</B>Le Parlement est dissous après la présentation du budget par Pravind Jugnauth, leader du MSM et ministre des Finances. Cet exercice est la dernière fonction publique de Jugnauth pour longtemps à venir. Il ne sera pas élu à l’issue des législatives qui auront lieu trois mois plus tard. Kofi Anan en début d’année, Manmohan Singh, Premier ministre indien, en fin mars/début avril… le Premier ministre Paul Bérenger a de quoi être fier. Quelques-unes des personnalités internationales les plus influentes de la planète l’ont honoré de leur présence dans l’île. Celle de Manmohan Singh, venu inaugurer la cybertour d’Ébène, lui est particulièrement importante étant donné l’imminence des législatives.Mars.C’est pratiquement dans l’eau qu’est célébréle 37e anniversaire de l’Indépendance de Maurice. Les fortes pluies valent un jour de congé forcé et de grosses misères aux Mauriciens. C’est dans cette ambiance que Maurice accueille le président seychellois, James Michel, l’invité d’honneur des festivités.
<B>Mai.</B>Les écolos sont décidésà barrer la route à la… route de Ferney. Ils tiennent ainsi à préserver un des derniers pans de forêt vierge de l’île. Ils sont descendus à Port-Louis pour dire leur colère. Navin Ramgoolam, alors leader de l’opposition, promet de protéger la vallée.
Une fois élu Premier ministre, il faudra lui rappeler cette promesse à maintes reprises avant qu’il ne l’honore. Le mois de mai a également donné le coup d’envoi à la joute électorale. Les traditionnels rassemblements du 1er Mai sont l’occasion de véritables démonstrations de force, quelques jours avant le dépôt des candidatures.
<B>Juin.</B>Le mouvement Rezistans ek Alternativ d’Ashok Subron met fin à l’hypocrisie. Il conteste la constitutionnalité des règlements électoraux qui demandent aux candidats de décliner leur appartenance ethnique. Le juge Eddy Balancy lui donne raison et c’est un pas historique vers la « décommunalisation » de la politique. Malheureusement, ce jugement est cassé par le full bench de la Cour suprême qui estime que ce règlement ne peut être éliminé aussi longtemps qu’existera le best loser system.
<B>Juillet.</B>À la suite des législatives du 3 juillet, l’Alliance sociale menée par le Parti travailliste, est conduite au pouvoir avec une majorité simple. Une des toutes premières initiatives de la nouvelle équipe a été de régler son compte à sir Anerood Jugnauth dont l’épouse a fait campagne pour leur fils. La cérémonie de prestation de serment du nouveau gouvernement a lieu à la Place d’Armes plutôt qu’au Réduit. Obligé d’affronter les sympathisants de l’Alliance, le président de Maurice reçoit un accueil glacial de la part du nouveau gouvernement. Il est hué par l’assistance. Ainsi démarrent les cent jours et la cohabitation entre Réduit et Port-Louis. Pendant ce temps, des attaques terroristes font des centaines de mort à Londres, dont la Mauricienne Rachel Ng.
<B>Août.</B>Le nouveau gouvernement veut montrer qu’il sait tenir parole, quitte à pousser le pays un peu plus loin vers le gouffre. Le transport est décrété gratuit pour les personnes âgées et les étudiants. En même temps, le très zélé Rajesh Jeetah déclenche la guerre du lait en baissant la marge de profit et en introduisant le géant indien Amul pour démocratiser le marché.
Il déchante très vite et est obligé de faire marche arrière. Le viol et le meurtre de la petite Anita Jolita, trois ans, réveillent le pays de l’euphorie des cadeaux post-électoraux. Le crime, commis par deux jeunes de Mahébourg,va inaugurer une série noire de violences contre femmes et enfants.
<B>Septembre.</B> Le glas sonne pour le trio à la tête de l’Independent Commission against Corruption. Navin Beekarry, Gérard Bisasur et Moossa Taujoo sont remerciés à la faveur d’amendements de la loi anti-corruption. Plus tard, le chef enquêteur Roshi Bhadain, licencié dans le sillage d’une guerrede personnalité, est réintégré.
<B>Octobre.</B>L’Inde est la toute première destination du Premier ministre Navin Ramgoolam. Il s’y rend avec une forte délégationet rentre avec des liens consolidés avec la Grande Péninsule et pas moins de huit conventions de collaboration. Ce même mois, l’Alliance sociale administre une véritable raclée au MSM-MMM lors des élections municipales. Elle y rafle quasiment tous les sièges. Le MMM et ses partenaires se séparent en douce.
Novembre.</B>Les travaux pour la construction du Hawkers’Palace à rue La Poudrière butent sur une trouvaille histori-que : la tombe de père Gabriel, fondateur du diocèse de Port-Louis. Plus tard, le chantier sera fermé pour une durée indéfinie, butant cette fois-ci sur des macadams jetés par le ministre des Administrations régionales.Le 22 novembre, la confirmation tombe : le prix du sucre baisse de 36 %La nouvelle, redoutée et combattue toute l’année, met l’industrie sucrière en émoi. D’autant plus que l’Union européenne, représentée à Maurice par Juan Carlos Rey (photo), propose des miettes en guise d’indemnisation.
<B>Décembre.</B>Les élections villageoises constituent un autre vote de confiance pour l’alliance au pouvoir. L’ancien ministre travailliste Vishnu Bundhun est jugé coupable de corruption. Enfin, après s’être fait beaucoup prier, le contrôleur des douanes, Bert Cunningham, décide de finalement croire à la volonté des Mauriciens de combattre la corruption. Il choisit de rester.
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