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L’acte fondateur d’une Marche de la Misère - 5

14 février 2007, 20:00

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Relevons, dans notre presse irresponsable et prostituée, de la seconde moitié du XXe siècle, quelques jalons médiatiques pouvant aider à une compilation de l’histoire des descendants d’esclaves de notre pays : -

Septembre 1948 : Inauguration d’un monument pour commémorer l’arrivée des Hollandais en 1598. Aucun projet de monument, en revanche, pour les esclaves les accompagnant.

Mi-janvier 1949 : Seewoosagur Ramgoolam : “Rémy Ollier et... Adrien d’Epinay sont fiers d’Edgar Millien”. Voilà qui chagrinera J.B. David.

Mi-novembre 1951 : Abolition des peines corporelles dans nos prisons et postes de police. Elles y sont depuis remplacées par la brutalité policière, plus au moins officialisée et promue. Les victimes demeurent les mêmes.

Septembre 1952 : Tournée des footballeurs mozambicains du Grupo Desportivo de Lourenco-Marquès (aujourd’hui Maputo).

Octobre 1952 : Départ d’une équipe d’athlètes. Ils rencontreront des sportifs mozambicains, malgaches et kenyans.

Mai 1952 : Un lecteur d’Advance s’en prend à André Masson qui dénonce les politiciens discourant en... créole, au détriment de l’usage du français. A la cathédrale Saint-Paul à Londres, Mgr Trevor Huddleston, futur évêque de Maurice : “L’Africain est un réfugié dans son pays. On ne le reconnaît pas comme personne humaine simplement, parce qu’il est noir”.

Octobre 1957 : Le Cercle Rémy-Ollier organise une semaine sociale. Projet d’un monument Manilal Doctor au Jardin de la Compagnie, à l’occasion du 50e anniversaire de sa venue à Maurice. Il sera dévoilé en février 1959.

Juillet 1960 : Projet d’une nouvelle tournée, en août, des footballeurs mozambicains du Grupo Desportivo.

Mai 1963 : Notre presse irresponsable et prostituée publie un article sur Berquin. Il arrive à Maurice, en 1829. Londres vient d’accorder l’émancipation aux hommes de couleur. Mise en place d’un Protectorat des Esclaves.

Juillet 1968 : Fondation, aux Quatre Bornes, du Club des Etudiants, appelé à devenir le MMM.

Septembre 1969 : La police interdit un forum aux Quatre Bornes sur le thème : “Une île Maurice indépendante face à ses problèmes”. La police annonce des arrestations préventives pour parer à toute manifestation hostile à la princesse Alexandra, épouse de M. Angus Ogilvy de la Lonrho. Jooneed Jeerooburkhan : “Cette princesse nous déplaît royalement”. La manifestation a lieu au rond-point de Saint-Jean. Elle est suivie d’arrestations et d’agressions des militants. G. Duval : “Des fermes ont corrigé les leaders du MMM”.

Mars 1970 : Le gouverneur, Sir Leonard Williams, et G. Duval ne sont pas insensibles au rythme du séga. Seewoosagur Ramgoolam ne tardera pas à les imiter. La politique officielle reconnaît le séga en tant que musique, sinon nationale, du moins populaire. La Nuit du Séga au Morne d’Alain Desmarais lui a déjà conféré ses lettres de noblesse.

Juillet 1970 : Au tour de Ti-Frère de recevoir une reconnaissance quasi nationale à l’occasion de son 70e anniversaire.

Janvier 1971 : Manifestation anti-Banda à Plaisance. Le MMM est le seul parti à dénoncer les affinités du dictateur du Malawi, le Dr Hastings Kamuzu Banda, avec le régime honni de l’apartheid sud-africain et rhodésien.

Année 1971 : Année décisive sur le plan politico-syndicale, avec des grèves générales en série, parvenant à paralyser quasi totalement notre économie. On peut parler alors d’unité nationale retrouvée au niveau des classes ouvrière et moyenne, unité plus ou moins perdue lors de la conquête de l’indépendance politique de Maurice.

Février 1971 : L’Organisation Fraternelle organise, avec l’aide précieuse de l’abbé Filip Fanchette, une Marche de la Misère entre Rose-Hill et Beau-Bassin. Elle est brutalement contrée par la police de Seewoosagur Ramgoolam et de Gaëtan Duval. Sylvio Michel, Potié et Brigitte se retrouvent en Cour en raison de cette Marche. Elle peut être considérée, comme l’un des éléments fondateurs du Mouvement pour la Restauration de la Fierté des Descendants d’Esclaves. Elle n’a d’égale que le mouvement parallèle mené dans le même but et toujours par l’O.F., en faveur d’abord des Ilois et ensuite des Chagossiens, les grands sacrifiés de l’Indépendance politique de Maurice. Ils attendent toujours une demande nationale de pardon des Mauriciens et l’expression de nos regrets. Ce n’est pourtant pas la mer à boire. Cette hostilité policière n’empêche guère, en 2007, les relations amicales entre Sylvio Michel et les fils de Ramgoolam/Duval.

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