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Légitime défense : elle poignarde son mari et s?en sort
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Légitime défense : elle poignarde son mari et s?en sort
«C?est vrai que l?accusée a utilisé un couteau autre que celui que tenait la victime. Cependant, si elle avait attendu d?être attaquée, elle ne serait peut-être pas là aujourd?hui. L?affaire est classée.» Lorsque la magistrate siégeant en cour intermédiaire prononce ces mots, Christiane Pierre ne se retient plus. Elle fond en larmes. Tant d?attente, de peur, de tension depuis qu?on l?a accusée d?homicide involontaire sur la personne de son mari. Et hier, le soulagement : elle a plaidé la légitime défense et la cour en a convenu.
Cette femme de 27 ans avait, lors d?une dispute, planté un couteau dans la poitrine de son mari, Pascal David Pierre, le 16 juillet 2004 à leur résidence à Palma, Quatre-Bornes. «J?ai souffert le martyre pendant quatre années», confie-t-elle au sujet des violences que lui faisait subir son mari. Ce dernier avait, selon elle, des sautes d?humeur et ils avaient des querelles quotidiennes principalement en raison de son penchant pour l?alcool. La jeune femme explique, en effet, qu?il se saoulait chaque jour et la tabassait.
Dans une déposition au poste de police de Quatre-Bornes le 17 juillet 2004, elle a affirmé que depuis leur mariage en mai 2000, son mari n?avait jamais eu de travail fixe. Elle a également déclaré que le jour de l?incident, elle était allée se coucher sans préparer le dîner. «Mo pa ti kui sa zour la parski mo ti aste dholl-puri pou dine.»
De retour chez lui, en état d?ébriété, son mari s?était, dit-elle, mis à l?invectiver parce que les casseroles étaient pratiquement vides. Il se serait ainsi emparé d?un couteau et l?aurait menacée. C?est ainsi qu?elle devait aussi prendre un couteau et le poignarder à la poitrine.
Dans son jugement, la magistrate Véronique Kwok Yin Siong Yen a trouvé qu?elle a agi en légitime défense. «La défense était proportionnée à la gravité de l?attaque», a-t-elle fait ressortir.
<B>Souvenirs douloureux</B>
Et d?ajouter que la version de Christiane est très cohérente. «Pour constituer l?état de légitime défense, il faut qu?il y ait trois conditions : la défense de soi-même, la nécessité de cette défense et une agression injuste. De plus, l?attaque et le danger doivent être imminents. Tous ces éléments sont présents.»
Ravie du jugement, Christiane Pierre s?est précipitée vers son avocate, Me Devina Deonarain pour la remercier. «Je remercie Me Deonarain du fond du c?ur. Elle a toujours cru en mon innocence.» Assaillie de nouveau par ses souvenirs douloureux, elle éclate en sanglots. «Non, je ne veux pas en parler maintenant. C?est trop pénible. Je vais d?abord me recueillir auprès de Celui qui a écouté mes prières.»
Tout au long du procès, Christiane Pierre dit avoir toujours gardé foi en Dieu. «Il m?a donné la force de subir ces épreuves, il me donnera le courage de refaire ma vie.»
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