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Législatives : une seule triangulaire au second tour
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Législatives : une seule triangulaire au second tour
En se conjuguant, la bipolarisation et la faible participation enregistrées au premier tour des élections législatives ont eu pour effet de réduire considérablement les possibilités de triangulaires. Pour se maintenir au second tour, les candidats devaient obtenir les suffrages d?au moins 12,5 % des électeurs inscrits. L?abstention record du 10 juin les a contraints à franchir un seuil considérable ? jusqu?à 21 % ? de suffrages exprimés. Intervenant dans ce contexte, l?effondrement du Front national (FN) a anéanti le pouvoir de nuisance de ce parti.
À l?origine de 76 des 79 triangulaires enregistrées en 1997, et de 9 des 10 de 2002, le FN n?a pu cette fois en provoquer aucune. Alors qu?il avait été présent dans 37 circonscriptions au second tour des législatives de 2002, il ne s?est qualifié que dans la 14e circonscription du Pas-de-Calais, où la vice-présidente du parti, Marine Le Pen, a peu de chances de l?emporter face au sortant Albert Facon, du Parti socialiste (PS).
Rôle d?arbitre au scrutin
Le MoDem de François Bayrou pouvait paraître arithmétiquement en mesure de remplacer le FN dans son rôle de trublion : transposées aux législatives, les 18,57 % de voix obtenues par François Bayrou au premier tour de l?élection présidentielle lui permettaient virtuellement de se maintenir dans 469 circonscriptions.
Mais les cinq semaines qui ont séparé les deux élections ont été fatales à son nouveau parti, qui s?est montré politiquement trop fragile et hétérogène pour résister à la pression du scrutin majoritaire. Seul candidat de sa formation qui était assuré de l?emporter, le 17 juin, M. Bayrou a été privé de sa propre triangulaire par l?UMP, qui a demandé à son candidat de se retirer. Un geste de générosité apparente, mais qui ne coûte pas grand-chose à l?UMP, et qui em-pêche M. Bayrou d?afficher, sur ses terres, un positionnement indépendant face à l?UMP et au PS.
Faute de se maintenir, les candidats du MoDem pourraient encore jouer un rôle d?arbitre au second tour. M. Bayrou s?étant refusé à donner une consigne de vote, les désistements des centristes sont à géométrie (très) variable.
Un tiers de femmes encore en lice
La proportion de candidats encore en lice est une autre traduction de la bipolarisation du scrutin. La majorité présidentielle compte 460 candidats (442 UMP et 18 PSLE). Le PS en a 387, auxquels s?ajoutent 20 candidats PRG et cinq MRC. Le PCF a 23 candidats, les Verts 4. Un tiers de femmes sont encore en lice parmi les candidats qui s?affronteront le 17 juin.
Selon un sondage Ipsos-Dell pour SFR et Le Point, réalisé les 11 et 12 juin auprès de 1 373 personnes et publié le 13 juin, l?UMP et ses alliés obtiendraient entre 410 et 447 sièges (sur 577), dont 388 à 422 pour l?UMP et les divers droite. Le Nouveau Centre aurait 20 à 23 députés. Le MPF de Philippe de Villiers détiendrait deux sièges.
La gauche disposerait de 124 à 164 sièges, dont 115 à 146 pour le PS, associé au PRG, MRC et aux divers gauche. Le Parti communiste obtiendrait entre 8 et 15 sièges. Les Verts auraient un à trois élus. Selon cette même enquête, dans les 197 circonscriptions incertaines, 41 % des personnes interrogées ont souhaité la victoire de la droite, et 40 % celle de la gauche.
@ 2 007 Le Monde ? Jean-Baptiste de Montvalon ? (Distribué par The New York Times Syndicate)
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