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L?école obligatoire se dessine

23 août 2004, 20:00

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A quelques mois de la rentrée 2005, les grands chantiers sont entamés. Mais ils sont loin d?être achevés. Le principal est l?introduction de la scolarité obligatoire jusqu?à 16 ans, prévue pour janvier 2005. Le mi-nistère de l?Education prépare le projet qui sera probablement présenté au public vers octobre.

Au ministère, où l?on affirme que la situation est sous contrôle, on ne cache toutefois pas qu?il reste encore beaucoup de travail pour être prêt à temps.

Outre les amendements à la Constitution et à l?Education Act pour rendre la scolarité obligatoire, le ministère doit mettre en place le programme de construction des collèges pour répondre à la demande de places et la révision graduelle du curriculum des Forms I à III.

La mise en place du mécanisme de suivi des écoliers pour s?assurer qu?ils vont bien à l?école jusqu?à 16 ans est un autre problème qui doit être résolu.

Le gros du travail pour amender la loi est déjà fait. Les cadres du mi-nistère, de concert avec le State Law Office, sont arrivés à un stade avancé. Steven Obeegadoo, ministre de l?Education, compte présenter les amendements à la rentrée parlementaire, mi-octobre.

Le plus grand défi du ministère sera de s?assurer que tout enfant ira bel et bien à l?école jusqu?à 16 ans. ?Il n?est pas question d?arrêter des milliers de parents le 2 janvier parce qu?ils n?envoient pas leur enfant à l?école dès la rentrée?, relativise Steven Obeegadoo. La première année sera transitoire.

Les autorités comptent sur l?aide des organisations non-gouvernementales (ONG) pour mettre sur pied des structures de soutien aux parents. ?Nous voulons d?abord identifier les raisons pour lesquelles les pa-rents n?envoient pas leurs enfants à l?école?, assure le ministre. Selon certaines sources, le soutien pourrait également se faire à travers une aide financière ou du moins, une prise en charge des frais de scolarité.

Mais avant de partir à la recherche de l?origine du problème, il faudra d?abord identifier les cas de non-respect de la loi. Le mécanisme de suivi se fera à plusieurs niveaux. En premier lieu, il viendra de l?éta-blissement lui-même. C?est à lui de rapporter les cas problématiques. Les recteurs attendent toujours les consignes du ministère.

?A partir de quel laps de temps devons-nous considérer qu?un enfant n?est plus scolarisé ? Que faire lorsqu?il s?agit d?un étudiant qui vient une fois par semaine ou par mois à l?école ?? demande un recteur d?un collège privé du Nord. La réponse lui sera donnée d?ici quelques semaines.

Dans la pratique, les plus grands risques d?abandon des études se produisent lorsqu?un enfant a échoué deux fois au Certificate of Primary Education (CPE). Malgré la filière pré-professionnelle, l?écolier préfère arrêter à ce stade. D?autres arrêtent leurs études après un ou deux ans au secondaire. Plus de vigilance sera donc exercée à ces niveaux-là.

Evaluation des compétences

De plus, la filière pré-professionnelle subira des retouches pour qu?elle soit plus attrayante. Ce sera également le cas du programme d?études des Forms I à III. Dès 2005, plusieurs changements graduels du curriculum auront lieu.

Les cas de non-respect de la scolarité obligatoire seront ensuite rapportés au ministère qui décidera de la marche à suivre. Plusieurs options existent. Le relais pourrait être passé au ministère des Droits de la femme et du développement de l?enfant ou au ministère de la Sécurité sociale.

Un autre point crucial du projet est la certification des élèves quittant l?école à 16 ans. C?était d?ailleurs un des objectifs de la mission en Grande-Bretagne que le ministre Obeegadoo a menée au début du mois.

Un test des compétences des élèves se fera probablement en Form IV pour évaluer les connaissances acquises par l?écolier de la Form I à IV. Les officiers du mi-nistère ont jusqu?à mi-2005 pour préparer le système d?évaluation.

Par ailleurs, depuis trois ans, le gouvernement s?est lancé dans un très ambitieux programme de construction de nouveaux établissements secondaires. Aujourd?hui, cela demeure une préoccupation.

?La situation se complique. Nous devons nous assurer qu?il y aura assez de places dans les filières normales et pré-professionnelles. Cela, tout en tenant compte de la régionalisation et du ratio filles-garçons. Toute cette planification a pris beaucoup de temps?, explique Steven Obeegadoo. D?ici janvier, dit-il, il y aura suffisamment de places pour prendre tous les élèves, même des arrangements temporaires seront nécessaires dans certains cas.

De 34 établissements secondaires d?Etat en 2000, le nombre est passé à 67 collèges (51 Form I à V et 16 Form VI). Au niveau du privé, il faut en compter une centaine.

La construction de deux nouveaux établissements - la Mahatma Gandhi Secondary School de Nouvelle-France et le collège d?Etat de Vacoas pour filles - débutera cette année. D?autres sont encore en construction. Les commandes sont déjà passées pour l?achat de milliers de pupitres et de chaises.

La Public Service Commission lancera un appel à candidatures sous peu pour recruter le personnel.

RÉORGANISATION

Comité pour alléger le fardeau des enseignants

■ Diminuer le volume de travail des enseignants de ?general purpose? en le répartissant avec leurs collègues des langues orientales. Tel est l?un des objectifs du comité spécial que le ministère de l?Education mettra sur pied.

Cette décision arrive après les multiples demandes faites officiellement depuis le début de l?année par le front commun du primaire et la Governement Hindi Teachers? Union (GHTU). ?Nous sommes heureux que le ministère ait répondu à notre appel. C?est vraiment positif et nous espérons que les négociations pourront aboutir rapidement?, affirme Jugdish Lollbeeharry, porte-parole du front commun et président de la Government Teachers Union. Ce syndicat estime en effet qu?avec neuf matières à enseigner, ses affiliés sont débordés.

Les travaux du comité devraient pouvoir se faire dans le consensus puisque tous les partenaires de l?éducation primaire souhaitent que le volume de travail des enseignants de general purpose diminue.

Les professeurs de langues orientales sont d?accord pour enseigner des matières générales au primaire. Suttyhudeo Tengur, président de la GHTU le confirme, estimant que cette nouvelle distribution permettra une meilleure répartition des sujets. Dans une lettre ouverte aux enseignants du primaire, émise la semaine dernière, le syndicaliste suggère que le ministère permette aux enseignants de langues orientales d?être formés comme ?les enseignants de ?general purpose? ?. Il devront être mis en condition pour ?enseigner des sujets autres que les langues?.

Le front commun souhaite également la création de deux catégories au sein des ?general purpose teachers?. Ces deux groupes se concentreraient sur l?enseignement d?un nombre prédéfini de matières (par exemple, maths, sciences et histoire).

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