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Lyon tel un TGV

17 janvier 2005, 00:00

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Après avoir utilisé son arme favorite, la maîtrise, à Sochaux (0-2) mercredi, l'Olympique Lyonnais en a sorti une autre, la patience, devant Metz (2-0) samedi, envoyant ainsi un message clair à la concurrence en moins d'une semaine.

Et ce message, c'est le coach adverse, Jean Fernandez, qui le décrypte sans hésiter : “Je n'ai pas vu une équipe aussi forte depuis l'OM des années 90 !”

Le technicien du FC Metz, admiratif, insiste même: “Le foot moderne et de haut niveau, c'est la puissance, la technique et la rapidité. C'est simple, Lyon a tout cela.”

Sans oublier “Monsieur coup-franc”, Juninho, auteur à la 84e minute de son 14e chef-d'oeuvre en la matière depuis son arrivée à Lyon en juillet 2001.

“Il y a une belle pression quand on a ce genre de tir à 0-0”, témoigne le Brésilien. “On sent le public qui gronde... Je vois aussi les regards de mes coéquipiers... C'est une question de concentration. C'est toujours cela qui compte. Tout vient de là.”

Efforts d’abord talent ensuite

Trois mois après avoir pris les commandes de la Ligue 1, les Gones enfoncent le clou. “Ce succès est logique”, estime Paul Le Guen, l'entraîneur de Lyon. “C'est la récompense de tous nos efforts.”

Jean-Michel Aulas, le président, est soulagé. “Un match nul devant Metz aurait fait mauvais effet”, commente le boss lyonnais. “Je suis heureux de ce scénario.”

Karim Benzema, 17 ans, la dernière trouvaille du centre de formation, en a profité pour faire ses débuts en professionnel, comme Hatem Ben Arfa, Jérémy Clément, Sylvain Idangar, Johan Truchet depuis le début de la saison.

“C'est fantastique de se retrouver dans ce groupe”, commente celui qui a débuté en poussins à l'OL. “D'habitude, je suis dans les tribunes avec les supporters. Et là, je foule la pelouse, c'est trop! Quand je suis rentré, je me suis dit “donnes tout!” Je n'ai qu'une envie : que cela recommence.”

Lyon gagne donc encore et avec des jeunes du centre de formation qui font presque oublier que Claudio Caçapa, Lamine Diatta, Jérémy Berthod, Sylvain Wiltord ou encore Giovane Elber sont à l'infirmerie.

“Quand je suis rentré”, explique Bryan Bergougnoux, auteur du deuxième but, “je me suis dit qu'il ne fallait pas trop en faire.”

La culture de la gagne et cette envie folle de préserver l'invincibilité se transmettent donc sans problème. “C'est ce qu'on s'est dit avec les autres jeunes en entrant, avoue Bergougnoux, international espoir. Et cela a payé.”

Le mois qui vient, avec notamment le déplacement à Lille, deuxième, dimanche prochain puis un voyage à Monaco, troisième, le 19 février, décidera peut-être du championnat.

“Il faut être très prudent”, coupe Juninho. “Les médias ont l'habitude d'alterner le très positif et le très négatif. Mais il n'y a rien de fait.”

Mais si Lyon reste sur les mêmes cadences en se déplaçant chez ses concurrents directs, ses adversaires ne pourront que constater les dégâts. “Il ne faut pas se laisser griser”, avertit déjà Jean-Michel Aulas. “C'est la teneur de tous nos discours à présent.”

En continuant de s'appuyer sur une défense de fer – huit buts encaissés et un 14e match sans prendre de but en 21 rencontres – Lyon ne veut pas en rester là. “La réussite n'est pas seulement due aux talents”, décrit-t-il. “Cela n'existe plus dans le football de haut niveau. Il faut faire des efforts.”

Invaincu en 21 rencontres, Lyon a tout entre les mains et les pieds pour faire de cette saison celle des records. “Les efforts d'abord et le talent ensuite”, prévient Jean-Michel Aulas. “C'est pour cela qu'il faudra se remettre au travail à chaque match.”

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