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Lyon savoure son titre
Les années passent, le palmarès s?enrichit, mais ne comptez pas sur l?Olympique Lyonnais pour se lasser des hommages et se laisser endormir, car la saison 2005 est déjà dans toutes les têtes.
Il avait fallu 28 ans pour que l?armoire à trophées de Lyon se dépoussière, entre la Coupe de France 1973 et la Coupe de la Ligue 2001. Mais une fois sa porte entrouverte, les titres s?y sentent comme chez eux, trois en trois saisons.
Jean-Michel Aulas, le boss, peut ainsi entonner lui-même le refrain à l?atterrissage de son avion, en provenance de Paris où son équipe a perdu 1-0 mais peut déjà se considérer champion de France à une journée de la fin en raison d?une meilleure différence de buts. Il est près de deux heures, hier matin à l?aéroport de Lyon-Bron : ?Et un, et deux, et troisième titre !?
Et les supporters, un bon millier venu attendre leurs protégés, de reprendre l?autre chanson phare du club : ?Qui ne saute pas n?est pas Lyonnais ! ?
?Eux savent toute la difficulté qu?il y a à rester en haut, dans l?adversité?, évoque, ému, le président du club. ?Cela fait chaud au coeur de savoir que tout Lyon est derrière nous.?
?Quand on voit le public content, leur bonheur, cela parle?, apprécie le coach Paul Le Guen, ovationné lui aussi. ?On se dit que l?on a bien fait notre job.?
Après trois titres de champions en trois ans, Juninho peut le dire : ?Je pense qu?aujourd?hui, nous sommes une très grande équipe.?
Péguy Luyindula multiplie les facéties entre l?avion et le bus. Séquence imitation. De l?accent africain aux mimiques du staff en passant par les habitudes des Brésiliens, tout le monde y passe.
Certes, de fête officielle comme les autres années au balcon de l?Hôtel de Ville, il n?y aura pas. Mais le rendez-vous est pris pour le soir de l?ultime journée dimanche à Lille, comme les supporters pouvaient le lire sur la banderole dépliée sur les murs de la mairie dès la fin du match.
?Ce titre, nous l?avons décroché dans la douleur?, analyse l?entraîneur des gardiens de l?OL, Joël Bats. ?Et dans ces conditions, il est encore plus beau.?
La nuit est passée. Paul Le Guen, solitaire, passe en coup de vent sur le centre d?entraînement de Tola Vologe. ?C?est d?abord une victoire pour le club, pour les joueurs?, évoque-t-il. ?Ce sont eux qui amènent leur talent.?
Et le Breton de ne pas déroger à sa règle de modestie : ?C?est vrai qu?il faut les diriger, les sélectionner, les choisir. C?est simplement mon travail. Et j?en suis heureux et fier.?
Jean-Michel Aulas, à peine remis d?une nuit presque blanche, le salue et se tourne déjà vers l?avenir: ?Cette semaine, il va se passer des choses.? Visiblement, l?OL version 2005 aura un autre visage. ?Il y aura trois ou quatre grosses arrivées?, dit-il.
?Toutes de très haut niveau, international A ou espoir, dont un attaquant qui a marqué hier soir...?
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