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Lueur d?espoir pour les Takunm après un calvaire de 25 ans
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Lueur d?espoir pour les Takunm après un calvaire de 25 ans
Vishnu et Sooneya Takun n?ont plus tout à fait la force de se battre. Pourtant, dans la galerie des invités, mardi, à l?Assemblée nationale, ce couple victime de prescription, écrasé par le poids des ans et des soucis, est plus que jamais déterminé. La réplique du Premier ministre à une question du député Megduth Chumroo portant sur leur cas a eu sur eux un effet stimulant. D?autant qu?Harish Boodhoo évoque la question lors d?un point de presse, aujourd?hui.
Cela fait 25 ans que Vishnu, 71 ans, et Sooneya, 65 ans, cherchent à récupérer leur terrain prescrit en avril 1980 par un habitant de Roche-Bois, Harry Mungur. Les batailles juridiques entamées pendant toutes ces années ont été vaines. Mais l?espoir renaît pour eux lorsque les enquêteurs de la Land Fraud Squad, arrêtent Harry Mungur et ses témoins en décembre dernier. Accusés provisoirement d?avoir juré des faux affidavits dans le cadre de cette affaire, ils ont nié cette accusation. Récit du long calvaire de Vishnu et de Sooneya ?
Le terrain de 20 perches à la rue Sivananda, à Floréal, si cher à Sooneya, appartient à ses grands-parents. Elle y habite depuis sa naissance, sa mère en ayant hérité à la mort de son propre père en 1947. L?acte notarié en date du 15 octobre 1947 du notaire Montochio qui s?est rendu chez eux, atteste de cet héritage. Il y a même un testament qui appuie ces faits, indique-t-elle.
<B>Série de revers</B>
Après son mariage, Sooneya continue à occuper ce terrain. Elle précise également que toutes les factures, de même que celles ayant trait aux paiements des taxes aux collectivités locales, démontrent qu?elle a occupé ce terrain, contrairement à ce qu?auraient affirmé les témoins d?Harry Mungur.
Les choses se corsent pour le couple lorsque Harry Mungur vient affirmer que le terrain lui appartient. ?Li commens avoye plusieurs papie avoue. Nou la vi finn vinn enn l?enfer alors qui nu pas ti meme konn li?, raconte Vishnu, tombé malade à la suite de toutes ces tracasseries. Mais le couple fait fi des avertissements d?Harry Mungur et continue à occuper le terrain jusqu?en décembre 2004.
Ils ont recours à une équipe d?avocats et d?avoués pour se tirer d?affaire. ?Mais nun gagn malchance. C?est a cause sa bann avoka qui nouneperdi nou case en cour. Certains documents importants zot pas dimande et zone laisse nu dans flou. Zot kone nu pas ti compran narien vu qui nou pa edike. Zot pas faire de zot mieux pou defan nu?, explique Sooneya.
Le couple Takun subit en effet une série de revers en cour. Plusieurs années après que l?affaire eut traîné en cour, un ordre de la juge Premila Balgobin est en faveur d?Harry Mungur en juillet 2002. Ils ont jusqu?en août 2002 pour quitter le terrain. Les Takun font appel mais ils n?auront pas plus de chance avec Ariranga Pillay et Keshoe Parsad Matadeen. Leur appel est rejeté en mars 2004.
Comme le toit de la maison est dans un état déplorable, la famille Takun envisage d?effectuer des travaux. Harry Mungur tente d?obtenir une injonction pour mettre fin aux travaux. Résultat, la famille doit payer une amende de Rs 45 000 pour outrage à la cour. Ils sont alors désorientés.
?Malgre ki nou pay plis de Rs 275 000 à bann zom de loi dan sa zaffer-la, tout dossier inn pietine et pir enkor, au lieu ki nu gagn laid, nu situation ine empire. C?est enn grave injustice?, s?insurge Vishnu. Sa femme vend ses bijoux pour payer les honoraires des hommes de loi. Les épargnes de la famille s?envolent, de même que les maigres recettes du couple découlant de la vente des dholl-puris.
Mais le 1er décembre 2004 restera à jamais gravé dans la mémoire du couple. A la suite de la décision de la cour, deux huissiers de même que des policiers les somment d?évacuer leur demeure. Harry Mungur, affirme le couple, tente de faire démolir leur maison alors que les policiers y sont farouchement opposés.
?Kot nu pu ale??
Comme il pleut, ils essaient de protéger leurs meubles, en les tassant sous un arbre qui se trouve sur la route. Ils ne les retrouveront plus le lendemain. Le vieil homme a les larmes aux yeux lorsqu?il évoque la perte d?un vieux tricycle qu?il a utilisé pendant des années pour vendre des dholl-puris.
Las de ce combat qui a duré un quart de siècle, ils trouvent refuge dans la petite maison de leur fille à Castel. ?Nu pe embarass zot kouma la caze la pa gran ditou. En plis, li diffisil pou nu oussi. Mais kot nu pu ale?, s?interroge Vishnu, qui peut à peine subvenir à ses besoins aujourd?hui. Sa femme, elle, vit d?espoir.
Quelques jours après leur expulsion de Floréal, ils vont à la rencontre d?Harish Boodhoo. Ce dernier était très engagé l?an dernier auprès des victimes de la vente à la barre. Harish Boodhoo leur demande de déposer une plainte aux Casernes centrales. Une enquête est ouverte et aboutit à l?arrestation d?Harry Mungur et de ses témoins à la fin du même mois. C?est d?ailleurs en substance ce qu?indique le Premier ministre à l?Assemblée nationale.
Sooneya, depuis ce jour, reprend courage : ?Nu bane zefforts pe komans port zot fruits. Mo attann avek impatiens ki la verite ek la justice eklate. Le fait ki la polis inn arret li pu fauss affidavits, li enn gran devlopman. C?est 25 ans de lutt ki pe rekompense,?dit-elle en écho à son mari. Leur souhait : que l?affaire ne traîne pas encore des années.
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