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L?UE prête pour une nouvelle tentative sur le budget
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L?UE prête pour une nouvelle tentative sur le budget
Le Premier ministre britannique avait choisi le cadre prestigieux de Hampton Court, château proche de Londres, pour une réunion qui permettait une discussion plus informelle. Il n?avait pas lésiné sur la dépense pour détendre ses hôtes: le vin rouge choisi, un Pomerol Le Pin de 1986, est l?un des plus prestigieux, à plus de 1 000 euros la bouteille.Le sujet du sommet, lui, était plus dur à avaler pour certains: quelles réformes apporter au «modèle» économique et social européen pour l?adapter à une mondialisation galopante ? S?ils se sont entendus sur la nécessité de réformer, de dépenser plus pour la recherche, de mettre en réseau les universités européennes et de se doter d?une politique commune de l?immigration et de l?énergie, les divergences subsistent.
Gerhard Schröder, qui a pris soin de préciser pour sa dernière apparition qu?il parlait au nom d?Angela Merkel, qui lui succédera le 22 novembre, a souligné qu?il fallait protéger les Européens d?une mondialisation «sauvage». «Une politique responsable ne doit pas admettre qu?au nom de la liberté des services, en réalité on pratique le dumping social et on mine les normes environnementales», a-t-il dit en rejetant le modèle «anglo-saxon» fait de dérégulation. L?accent était bien différent dans le camp des Etats membres «libéraux», du Danemark aux pays de l?Est, où l?on insiste sur la dérégulation pour rendre l?UE plus compétitive.
MONDIALISATION «SAUVAGE»
La création d?un «fonds d?adaptation à la mondialisation» pour atténuer le choc des restructurations a d?ailleurs fait l?objet d?un profond désaccord entre la France et le Royaume-Uni, qui le soutiennent, et nombre de pays, dont ceux de l?Est, l?Allemagne et le Danemark, qui n?en veulent pas. Mais Tony Blair s?est empressé d?insister sur le fait que personne ne voulait casser le modèle européen, et aucun des 25 dirigeants n?a voulu d?affrontement à Hampton Court. «Il y a un large accord», a-t-il estimé en soulignant que cela se traduirait dans les mois à venir par des initiatives concrètes couronnées en mars prochain par un sommet.
Personne ne l?a contredit parmi les Vingt-Cinq, tant il est vrai qu?il aurait été inutile d?entamer une querelle théorique. Le pari est donc tenu pour le Premier ministre britannique, qui a pu se poser en leader des réformateurs d?Union européenne tout en recréant un lien plus amical entre les «chefs» avant le sommet de décembre, où il veut parvenir à un accord budgétaire.
«Il y a un sentiment très fort parmi les dirigeants européens qu?il faut remettre l?Europe sur les rails», a dit Tony Blair qui, après avoir été critiqué pour avoir consacré peu de temps aux dossiers européens jusqu?à présent, s?est engagé à faire le «maximum» pour arracher un compromis.
«Le sommet a préparé l?accord sur le plan émotionnel», a estimé Gerhard Schröder, dont c?était la dernière apparition».
SOMMET PRÉPARÉ
Il s?agit d?un contraste saisissant avec la situation qui a prévalu en juin dernier, lorsque les deux hommes se sont mutuellement accusés d?avoir fait capoter les négociations sur le budget, l?un en défendant la Politique agricole commune (PAC), l?autre couvant la «ristourne» budgétaire britannique.
Tous sont conscients de l?obligation de résultat qui leur incombe pour le mois de décembre, sous peine d?enfoncer l?UE dans la paralysie qui l?a saisie depuis les «non» français et néerlandais à la Constitution européenne en mai dernier. ?L?Europe a désespérément besoin d?un succès maintenant», a déclaré Merkel dans une interview parue jeudi dans le quotidien Handelsblatt, montrant qu?elle a saisi l?importance de l?enjeu.
Pour les pays de l?Est, qui comptent beaucoup sur la manne européenne, un accord en décembre sur le budget 2007-2013 est un impératif pour assurer un déblocage des fonds à temps. Blair, quant à lui, y voit un peu plus clair.
Il sait désormais qu?il peut abandonner sa revendication d?une réforme de la PAC qui remettrait en cause l?accord de 2002 sanctuarisant les dépenses agricoles jusqu?en 2013: Merkel, sur laquelle il comptait, a apporté son appui à ce compromis.
Quant à Blair, il est, selon un membre éminent de la Commission, en mesure d?accepter en décembre ce qu?il a refusé en juin dernier, à savoir une stabilisation de sa ristourne dans un budget limité par rapport aux ambitions des plus dépensiers. «Il a beaucoup plus d?autorité, souligne-t-il. Il a gagné le Congrès du Labour et le pays s?est rassemblé derrière lui après les attentats de juillet dernier à Londres».
OMC : CHIRAC DECLENCHE UN TIR PREVENTIF AVANT UNE NOUVELLE OFFRE DE BRUXELLES
Le président français Jacques Chirac a rompu l?harmonie du sommet informel de Hampton Court en menaçant de ne pas s?associer à un accord à l?Organisation mondiale du tourisme (OMC) en décembre à Hong Kong alors que la Commission européenne présentera vendredi une nouvelle offre de négociation, y compris sur l?agriculture.La France, qui accuse depuis plusieurs semaines les négociateurs européens d?avoir outrepassé leur mandat, «ne s?associerait pas à l?unanimité» en cas d?accord à Hong Kong à la conférence ministérielle de l?OMC, a averti Chirac au cours d?une conférence de presse. Il a rappelé que «la ligne rouge» de Paris était «le respect intégral de la politique agricole commune» (PAC) réformée en 2003. «Il est hors de question pour nous de faire un pas de plus», a-t-il martelé. «La Commission européenne respecte son mandat», lui avait répliqué son président, José Manuel Durao Barroso, lorsque Jacques Chirac avait soulevé cette question hors sujet devant ses pairs dans l?après-midi.
S?exprimant après la fin des travaux au côté du Premier ministre britannique Tony Blair, Barroso a expliqué que la nouvelle offre de la Commission, qui sera présentée vendredi aux Etats membres puis aux partenaires de l?UE dans la négociation, serait accompagnée d?une ?très forte conditionnalité?. Les mouvements des autres partenaires devront être à la hauteur, a-t-il affirmé.
«Notre proposition sera conforme à notre mandat et strictement conditionnée par des mouvements effectués par les autres dans les domaines clefs des services et des tarifs industriels», a précisé à Bruxelles Peter Power, porte-parole du commissaire européen au Commerce Peter Mandelson. Ces propositions, «y compris ce qui concerne l?accès au marché en agriculture», seront présentées «vendredi matin aux Etats membres, avant d?être exposées dans l?après-midi à nos partenaires dans la négociation», a-t-il ajouté. «Il s?agit d?une information aux Etats membres comme nous en faisons à chaque étape importante», a indiqué à l?AFP une source communautaire. Elle se fera lors d?une réunion vendredi matin du Coreper, où siègent les ambassadeurs des 25 auprès de l?UE.
Lors d?un conseil des ministres des Affaires étrangères extraordinaire à Luxembourg le 18 octobre, la France avait tenté d?obtenir un contrôle a priori de toute nouvelle offre européenne, mais avait essuyé une fin de non reçevoir de la majorité des autres Etats membres.
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