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L?UE annonce des budgets additionnels pour le sucre

15 janvier 2005, 00:00

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Louis Michel, le Commissaire européen pour le développement et les Affaires humanitaires, a précisé et confirmé hier les intentions de la Commission concernant les mesures d?aide envisagées dans le cadre de la réforme du régime sucrier et de la baisse du prix du sucre.

Dans son intervention à la réunion des Nations unies sur les Small Island Developing States, Louis Michel a déclaré que des ressources financières «additionnelles» seront allouées pour aider l?industrie sucrière à se restructurer, à se diversifier et à développer de la valeur ajoutée pour le sucre. Il précise également que ces budgets additionnels seront puisés de sources autres que le Fonds européen de développement.

Le commissaire européen évoque donc des mesures d?accompagnement tout en niant le droit à une compensation aux producteurs de sucre du groupe Afrique, Caraïbes, Pacifique (ACP). Cette position est dans le droit fil de la position de la Commission depuis la publication de la proposition Fischler sur la réforme du régime sucrier. L?ancien Commissaire européen au commerce, Pascal Lamy, tout comme son successeur Peter Mandelson, ont tenu le même discours.

La proposition d?un accompagnement pour la restructuration de l?industrie sucrière est loin de satisfaire Maurice. Le pays et le groupe ACP demandent la création d?un fonds pour l?amélioration de la compétitivité de l?industrie, en sus d?une compensa- tion pour la perte de revenus.

Objection officielle

Le dossier de la réforme du régime sucrier sera repris le 24 janvier à Bruxelles lors d?une réunion du Conseil des ministres de l?Agriculture de l?Union européenne. Pas moins de onze pays avaient objecté officiellement à la proposition de réforme et cinq autres avaient émis des réserves sur l?ampleur et la rapidité dans la mise en application de cette réforme.

Les ministres européens de l?Agriculture auront ensuite une rencontre avec le groupe ACP. Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, et le ministre de l?Agriculture, NandoBodha, y assisteront.

En attendant, Louis Michel aura aujourd?hui une réunion informelle avec Nando Bodha et les représentants de l?industrie sucrière, soit les producteurs et les syndicats.

Les autorités mauriciennes espèrent que cette rencontre sera l?occasion pour Louis Michel d?en dire plus sur les mesures d?accompagnement qu?envisage la Commission européenne dans le cadre de la réforme du régime sucrier. Néanmoins, pour des sources proches de l?Union européenne, il se pourrait que cette réunion se résume à une prise de contact uniquement.

Jean-Noël Humbert : «L?Europe durcit le ton»

Le ton du Commissaire Louis Michel, sur la compensation lors d?une conférence de presse jeudi à Pailles n?a pas laissé indifférent. «Le commissaire Michel ne fait que réitérer la position de la Commission européenne de juillet 2004. Ce qui inquiète le plus, c?est que l?UE est en train de durcir le ton», constate Jean-Noël Humbert, secrétaire général de la Chambre d?agriculture.

Les économies de plusieurs pays qui dépendent de l?activité sucrière seront touchées. D?où, les demandes répétées des ACP, dont Maurice, pour une compensation qui leur permettrait de s?ajuster aux nouvelles donnes. Le Commissaire européen à l?Agriculture, Franz Fischler, a proposé en juillet 2004 une réduction de prix de l?ordre de 37 % des prix payés aux ACP. Maurice et ses partenaires du bloc demandent un mode compensatoire à deux niveaux: la création d?un «Competitiveness Fund» pour permettre à l?industrie sucrière de rester compétitive malgré les importantes baisses de revenus prévus et le paiement d?une compensation annuelle équivalente au manque à gagner provoqué par les changements au régime sucrier. «Nous avons aussi demandé que le «Competitiveness Fund» devienne opérationnel avant l?application de la réforme», affirme Jean-Noël Humbert.

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