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Luciano dieudonné pyrograveur dans l?âme

14 février 2004, 20:00

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Luciano Dieudonné met la dernière touche à sa gravure. Mais celle-ci n?est pas terminée pour autant. Il reste encore au jeune garçon à ombrer son ?uvre et à sculpter l?encadrement qui l?enjolivera. Puis elle ira rejoindre toutes celles qui ornent déjà sa chambre : Paul et Virginie, Bob Marley, Saint Matthieu, un menuisier (sa préférée)?

Cela fait trois ans que Luciano, qui est en Form V, au collège London, fait de la pyrogravure. Un art qu?il a découvert lors d?une émission sur les jeunes de Bambous qui gravaient sur le bois.

« Mone trouve ça très intéressant et mone lé apprane pyrogravure. Mone commanse pran renseinement à droite ek à gauche. Ène camarade ine fer mwa fer connaissanse Michaël, ene garçon sourd-miet, qui pyrograveur au Craft Market. Ler la mone fine commanse apprane ar li », raconte Luciano.

Les premières leçons sont difficiles car Luciano éprouve quelques difficultés à communiquer avec Michaël. Petit à petit, il apprend les rudiments du langage des signes et découvre l?univers fascinant de la pyrogravure. Pour être pyrograveur, il faut savoir avant tout dessiner, précise Luciano. Et lui s?y entend depuis la maternelle. « Dépi tipti mo kontan dessiner et mone continié l?école. Mo ena bon résiltat en Art », souligne-t-il avec fierté.

Du dessin il passe à la sculpture avec laquelle il a plus d?affinités. « Mo éna ene ti pensan pou tou cé ki artisanal mé mo continié dessiner. » Le premier dessin qu?il a gravé sur le bois, c?est celui de Paul et Virginie. Il a agrandi directement sur le bois le dessin des deux amoureux puis, à l?aide d?une pointe métallique rougie au feu, il en a gravé les contours. Le travail ne s?arrête pas là puisqu?il faut encore ombrer la gravure, cette fois en inclinant la pointe métallique. « Quand je venais de commencer à graver sur le bois, je le faisais avec un chalumeau, mais ce n?était pas vraiment un outil approprié. J?ai alors économisé et je me suis acheté, il y a deux ans, un outil de pyrograveur. »

Pour réaliser une ?uvre, Luciano a besoin de papier épais pour le dessin, de bois de couleur claire pour faire ressortir les ombres et de ciseaux de sculpteur pour travailler les bords de l?encadrement. « Je ne me contente pas de graver sur le bois, je mélange les deux genres, pyrogravure et sculpture, pour que l??uvre ait un cachet, explique Luciano. Par conséquent, cela demande du temps et de la patience. Il me faut en moyenne une semaine pour réaliser une gravure, car il y a aussi un travail de recherche à faire. »

Pour se perfectionner, Luciano emprunte des livres à la bibliothèque de la National Handicraft Promotion Agency. Il apprend ainsi les nouvelles techniques qu?il applique ensuite à ses ?uvres. « J?ai pris du temps avant de maîtriser les techniques de base. Aujourd?hui, j?apprends à me diversifier pour apporter un plus à mes gravures. »

Mais attention, ne croyez pas que Luciano ne s?occupe que de pyrogravure. Certes, il se rend une ou deux fois par semaine au Craft Market pour aider Michaël et continuer à en apprendre plus, mais il ne perd pas de vue son principal objectif : réussir son HSC et faire des études supérieures en art. Il songe également à lancer son propre atelier de pyrogravure. Mais chaque chose en son temps, dit-il. Entre ses études et ses gravures, il joue du piano. C?est son deuxième centre d?intérêt.

« Si on a une passion dans la vie, il faut foncer malgré les sacrifices que cela implique. La pyrogravure n?est pas le travail d?un jour ; elle demande de la patience et des sacrifices. J?économise le peu d?argent de poche que j?ai pour acheter du bois, car j?ai besoin de grands panneaux. Mais je fais ce sacrifice de bon c?ur parce que j?aime ce que je fais. » C?est sûr, Luciano a le c?ur à l?ouvrage.

Caroline FERNAND

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