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L?ouverture du pays cruciale pour les nouvelles industries

20 avril 2006, 00:00

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De la Land Based Oceanic Industry (LBOI), à l?artisanat en passant par la confection haut de gamme et le sur-mesure, la production de dessin animé assisté par l?informatique, la mécanique de précision, la pharmaceutique, le tourisme médical, l?éducation tertiaire et le cosmétique? Des idées pour de nouvelles industries, il y en a eu beaucoup lors du Business Forum organisé, hier par la Jeune chambre Internationale à l?Alliance française.

Les principaux intervenants au forum étaient Arjoon Sudhoo, directeur exécutif du Mauritius Research Council (MRC), Donald Ah Chuen, président de la Chambre de commerce et de l?industrie et François de Grivel, président de la Mauritius Export Processing Zone Association (Mepza). Ils ont été unanimes à estimer que la plupart des industries susmentionnées sont réalisables à Maurice. Mais à certaines conditions. L?ouverture du pays aux capitaux et aux compétences étrangères est une question qui ne devrait plus se poser. ?L?ouverture doit être complète?, soutient Francois de Grivel.

Et le financement n?est pas un vrai problème. Avec un dossier solide et des partenaires crédibles, un entrepreneur doit être capable de lever des fonds à Maurice ou à l?étranger. L?élément déterminant, c?est l?expertise et les compétences. Dans le cas de la LBOI, Arjoon Sudhoo a souligné que son développement nécessite des compétences dans une multitude de disciplines et qu?il sera impossible de les trouver à Maurice. Le MRC a dû s?appuyer sur un réseau d?experts internationaux via l?Internet rien que pour comprendre ce qu?est le LBOI, témoigne Arjoon Sudhoo. Dans le domaine de la confection haut de gamme, Francois de Grivel qui travaille pour des marques aussi prestigieuses que Christian Dior, Hermes et Chanel explique qu?il a dû recourir à l?expertise étrangère pour acquérir certains procédés de production. Une des contraintes est que les contrats de travail des experts étrangers sont limités mais que leurs services peuvent être nécessaires pour une plus longue durée. Les autorités devraient revoir cette question, estime-t-il. Il y a un manque de techniciens de niveau moyen et supérieur et le problème s?aggrave par le fait que de nombreux jeunes quittent l?industrie. Et les institutions de formation ont du mal à combler le retard.

Au niveau de l?investissement étranger, le président de la Mepza soutient que Maurice ne peut se permettre de faire la fine bouche, tout en admettant qu?il ne faut entretenir que les demandes d?investisseurs sérieux. Au sujet du traitement des dossiers d?investissement, ?on devrait faire moins de politique et plus d?économie?, ajoute François de Grivel.

Le président de la Mepza, qui tient absolument à ce que le pays garde une base industrielle, estime que l?avenir est dans le haut de gamme et l?industrie de pointe et de haute technologie telle que la mécanique de précision, l?électromécanique, les équipements paramédicaux et para pharmaceutiques. Il argue que de nombreuses régions industrielles en Allemagne, en France et en Suisse sont en difficulté à cause des salaires élevés qui obligent les entreprises à se délocaliser. Maurice pourrait se mettre en parallèle à ces types d?industrie et devenir un intermédiaire dans la chaîne. ?La recherche et le développement et le marketing se feraient en Europe, mais la production serait basée à Maurice?, suggère François de Grivel. Pour Donald Ah Chuen, tout ou presque est possible, à condition d?avoir de la volonté, de l?imagination et de la discipline au travail.

Il raconte que sa famille et lui avaient commencé par fabriquer des perruques puis s?étaient lancés dans l?électronique. Sans succès. A force de persévérance c?est dans le textile qu?ils ont réussi. Le textile est d?ailleurs la preuve qu?une industrie peut fleurir même si personne n?y croit. Pour lui, il s?agit aussi de changer d?attitude par rapport au travail.

?LAND BASED OCEANIC INDUSTRY?

<B>Des échantillons d?eau de mer prélevés</B>

■ Le projet de créer un ?Land Based Oceanic Industry? devrait franchir une étape décisive bientôt. Des échantillons d?eau de mer ont été prélevés à 2 000 mètres sous l?océan autour de Maurice notamment avec l?aide de scientifiques indiens. Les échantillons ont été envoyés aux fins d?analyse afin de déterminer si le courant sous-marin de grande profondeur qui nous intéresse passe bien à proximité du pays. Une faible teneur en bactéries et une forte concentration en nutriments et minéraux, est le résultat attendu, a expliqué Arjoon Sudhoo, la tête pensante du projet.Une fois que l?on aura confirmé que ce courant sous-marin passe bien non loin de la côte Ouest, ce ne sera plus qu?une question de volonté et de travail pour concrétiser le projet. Selon le directeur du MRC, le concept du ?Land Based Oceanic Industry? consiste à pomper à terre, ces eaux sous- marines très froides, très pures et à forte teneur en minéraux. Une fois amenée à terre, cette eau peut être embouteillée pour être vendue, utilisée pour la climatisation, ou utilisée pour l?aquaculture et l?élevage de saumon ou la culture de perles, entre autres. A Hawaii, 1,8 million de litres d?eau minérale est exportée chaque année. Cela constitue la principale source d?exportation de ce pays, ajoute Arjoon Sudhoo.Il explique que le principal investissement consiste en l?installation d?une unité de pompage et d?un tuyau de grand diamètre de la côte jusqu?à trois kilomètres en mer et ensuite de la surface à une profondeur de 2 000 mètres. La technologie existe et elle est accessible. Selon un ?business plan? du MRC, l?investissement initial tournerait autour de Rs 200 millions à Rs 300 millions. ?Même si nous nous trompons et même si cela coûte le double, ce n?est pas cher car ce secteur peut rapporter Rs 5 milliards de revenus par an?, rassure Arjoon Sudhoo.

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