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Lourd revers pour Tony Blair lors des élections locales
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Lourd revers pour Tony Blair lors des élections locales
Le Premier ministre britannique Tony Blair a entrepris hier matin de remanier son gouvernement au lendemain du revers subi par son parti, le Labour, aux élections locales partielles en Angleterre.
«Oui, c?est en cours, et de plus amples précisions seront données en temps opportun», a déclaré un porte-parole du 10, Downing Street.
Les premiers résultats mis en ligne hier sur le site internet de la BBC montrent que le Labour perd 254 sièges, sur un total de 4 360 en lice jeudi, tandis que les conservateurs emmenés par le jeune David Cameron en conquièrent 250. Les Libéraux démocrates sont globalement stables et le BNP (British
National Party, extrême droite) ravit aux travaillistes des sièges dans des banlieues ouvrières de Londres.
Au total, 167 conseils locaux étaient remis en jeu lors de ce scrutin. Des analystes avaient estimé que des pertes supérieures à 200 sièges représenteraient un mauvais résultat pour les travaillistes, ce qui est le cas.
«Les conservateurs ont obtenu leurs meilleurs résultats depuis 1992 et cela montre qu?ils sont sur le retour», a déclaré Ben Page, de l?institut de sondages Mori. «Cela ne veut pas dire pour autant que le Labour perdra les prochaines élections. Cela signifie seulement qu?elles seront serrées. On est loin d?un effondrement (du Labour)», a-t-il dit à Reuters.
«C?est une mauvaise soirée pour le Labour, mais ce n?est pas une déroute», constatait de même John Curtice, professeur de politique à l?université de Strathclyde.
Les conservateurs ont enregistré de bons scores à Londres, emportant des circonscriptions clé comme Croydon. En revanche, ils n?ont pas progressé en sièges dans des villes du Nord comme Manchester et Liverpool, ce qui aurait été considéré comme un pas de taille vers un succès futur aux prochaines législatives.
David Cameron n?a pas caché sa satisfaction au lendemain de ce scrutin. «Cela montre que le Parti conservateur élargit son audience, qu?il attire de nouveaux électeurs, et je pense que nous avons affaire à un Parti travailliste qui est dans une sérieuse phase de décomposition», a-t-il dit à la chaîne de télévision GMTV. «Je suis un homme heureux ce matin.»
Ces mauvais résultats pour le pouvoir vont à n?en pas douter relancer la question du départ de Tony Blair, qui a remporté l?an dernier un troisième mandat et a d?ores et déjà fait savoir qu?il se retirerait avant les prochaines législatives, lesquelles se tiendront soit en 2009 soit au premier semestre 2010. Il laissera alors la place à son «dauphin», le ministre des Finances Gordon Brown.
Celui-ci, commentant les résultats hier matin au micro de la BBC, a parlé d?un «avertissement» pour le gouvernement. Concernant le futur transfert du pouvoir, il a rappelé que «Tony a dit qu?il ne briguerait pas un nouveau mandat aux prochaines législatives. Il a aussi dit au Labour qu?il souhaitait jouer son rôle dans la conduite d?une transition dans le calme et en ordre».
Des questions aussi différentes que l?éclairage public ou les relations intercommunautaires pèsent d?un grand poids dans les élections locales, qui sont aussi pour beaucoup l?occasion de sanctionner le gouvernement en place.
<B>Gouvernement assailli de critiques</B>
D?autre part, le gouvernement britannique a été assailli de critiques ces dernières semaines pour avoir libéré sans les expulser des prisonniers étrangers et réduit le budget des hôpitaux tandis que, pour couronner le tout, le vice-Premier ministre John Prescott avouait une liaison extraconjugale avec sa secrétaire.
Les élections ont lieu une semaine après l?aveu, par le ministre de l?Intérieur Charles Clarke, que 1 023 criminels étrangers avaient été libérés à l?issue de leur peine alors qu?ils auraient dû faire l?objet de procédures d?expulsion, et après la révélation publique de la liaison de John Prescott.
Blair a aussi essuyé des critiques portant sur des réductions de personnels hospitaliers et des allégations selon lesquelles son parti aurait reçu dons et prêts en échange de l?attribution de sièges à la Chambre des lords.
<B>Straw et Clarke quittent le gouvernement</B>
Au lendemain de ce revers électoral, Tony Blair a procédé à l?un de ses plus importants remaniements ministériels en neuf années de pouvoir, remplaçant aux Affaires étrangères Jack Straw par Margaret Beckett et nommant John Reid, ministre sortant de la Défense, à l?Intérieur où il succédera à Charles Clarke. Par un jeu de chaises musicales, John Reid sera remplacé à la Défense par Des Browne, ont déclaré des responsables britanniques. Des Browne, qui jusque-là était secrétaire au Trésor, est un proche allié politique du dauphin de Tony Blair, le ministre des Finances Gordon Brown. Ce remaniement ministériel intervient au lendemain d?élections locales partielles en Angleterre, qui ont coûté au Labour plus de 250 sièges et ont permis aux Tories emmenées par le jeune David Cameron d?en conquérir un nombre équivalent. Charles Clarke s?est vu vivement critiquer ces derniers jours à la suite de la libération de 1 023 criminels étrangers, qui ont été simplement relâchés alors qu?ils auraient dû faire l?objet de procédures d?expulsion. Margaret Beckett, qui succède à Straw, est ministre de l?Environnement dans le cabinet sortant.
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