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L?opération de secours de l?Onu

8 janvier 2005, 00:00

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Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a lancé un nouvel appel à l?aide internationale en faveur des populations sinistrées par les raz de marée, lors de la conférence internationale réunie jeudi 6 janvier dans la capitale indonésienne. Il a chiffré à près d?un milliard de dollars la somme nécessaire pour répondre pendant six mois aux besoins de première nécessité des populations touchées.

L?intervention de Kofi Annan à Djakarta a confirmé l?ONU dans son rôle de fédérateur des secours, un rôle que Washington avait un temps paru lui contester, en particulier quand le président George W. Bush avait annoncé, le 29 décembre, que son pays allait prendre la tête d?une «coalition humanitaire».

Le secrétaire d?Etat Colin Powell a annoncé jeudi au sommet de Djakarta la dissolution de cette ?coalition? , qui aura joué un rôle de concertation entre les Etats-Unis, l?Inde, le Japon, l?Australie et le Canada pendant huit jours.

Ce groupe a «rempli son rôle ; il va désormais se fondre au sein des efforts plus larges de coordination des Nations unies, alors que la communauté internationale toute entière ?uvre à soutenir les pays qui ont souffert de cette tragédie»,a déclaré Colin Powell.

«Dans la période de six mois couverte par cette appel, nous aurons besoin de 977 millions de dollars pour couvrir les besoins humanitaires d?urgence de cinq millions de personnes», a déclaré Kofi Annan. Ceci, a-t-il précisé, en plus des 59 millions de dollars demandés par les sociétés de la Croix-Rouge.

Il s?agit d?un «appel consolidé» de l?ONU, c?est-à-dire une demande de contributions lancée après consultation de toutes les agences humanitaires des Nations unies et totalisation de leurs besoins. Ce type de démarche ? en l?occurrence détaillé dans un rapport de 95 pages produit par le secrétaire général - constitue une garantie de légitimité des demandes de fonds et de suivi dans leur affectation.

«Il s?agit de la catastrophe naturelle la plus importante à laquelle l?ONU ait eu à faire face au nom de la communauté internationale, en soixante ans d?existence», a souligné Kofi Annan, qui a parlé de «cauchemar» pour les nombreux pays affectés. «Les onze derniers jours ont été parmi les plus noirs de notre vie. Mais ils nous ont aussi permis d?apercevoir une lumière d?un genre nouveau, a-t-il toutefois poursuivi. Nous avons vu le monde se rassembler. Nous avons assisté à une réponse fondée non pas sur nos différences, mais sur ce qui nous unit. Nous avons vu tout le monde unir ses efforts - le Nord et le Sud, l?Est et l?Ouest, les gouvernements et les citoyens, les médias et l?armée, les chefs d?entreprise et les dignitaires religieux, les ONG et les institutions internationales».

La déclaration finale du sommet devait, selon le projet qui circulait à l?ouverture de la réunion, saluer les propositions d?allègement de la dette les pays affectés et prôner la mise en place d?un système d?alerte contre les tsunamis.

Le Japon, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, l?Allemagne et la France se sont prononcés en faveur du gel de la dette des pays sinistrés. L?Australie a fait part de doutes quant à l?impact d?une telle mesure sur les populations les plus démunies. Le Club de Paris, groupement de pays créanciers, doit traiter de cette question lors d?une réunion le 12 janvier.

Les éventuelles suppressions de dettes entrent manifestement dans le chiffre de 500 millions d?euros annoncé ces derniers jours par l?Allemagne pour son aide aux pays affectés par la catastrophe. Il porte en outre sur une période de trois à cinq ans. La surenchère se poursuit en matière d?annonces d?aides, sans qu?il soit le plus souvent précisé ce que les chiffres recouvrent. Si près de 4 milliards de dollars au total ont été promis, beaucoup de pays comptent échelonner leur contribution sur des programmes de plusieurs années. Ce sont d?autre part des promesses, et Kofi Annan a de nouveau appelé les Etats à les honorer sur la durée.

VULNÉRABILITÉ

Plusieurs personnalités ont mis en garde mercredi contre la surenchère. «Nous devons être très prudents et ne pas participer à un concours de beauté où on entrerait en compétition pour avoir des chiffres très élevés», a ainsi déclaré le commissaire européen à l?action humanitaire, le Belge Louis Michel, après un déplacement à Atjeh.

«On ne peut pas absorber plus que l?on peut absorber, alors à quoi bon lancer des chiffres ?», s?est-il interrogé. L?Union européenne a pourtant annoncé jeudi à Djakarta, par la voix de José Manuel Durao Barroso, une aide à la reconstruction de 350 millions d?euros qui s?ajoutera aux 100 millions déjà annoncés.

L?Union européenne soutient la proposition de mise sur pied d?un système d?alerte dans l?océan Indien, proposition qui est reprise dans la déclaration de Djakarta et à laquelle souscrivent les Etats de la région.

«Nous ne pouvons plus rester dans un tel état de vulnérabilité. Dix minutes de gagnées dans l?alerte peuvent sauver des centaines de vies», a ainsi souligné le ministre des affaires étrangères thailandais, Surakiart Sathirathai, dans son intervention. Le Japon est parmi les pays estimant que la création d?un tel système dans l?océan Indien constitue une priorité et qui sont prêts à y contribuer.

Le premier ministre Junichiro Koizumi a confirmé que ce sujet figurerait en bonne place à l?ordre du jour de la conférence des Nations unies sur la prévention des catastrophes qui doit se tenir à Kobé du 18 au 22 janvier.

L?aide aux pays sinistrés d?Asie fera l?objet le 7 janvier à Bruxelles d?un conseil européen extraordinaire regroupant les ministres des affaires étrangères, de la coopération et de la santé.

2004 -Distribué par Le Monde News Service

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