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L?optimisme recule à grands pas dans les entreprises

7 avril 2006, 00:00

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L?humeur du business ne s?améliore pas. Bien au contraire le pessimisme gagne du terrain de manière inquiétante. Le niveau de pessimisme a pratiquement doublé entre 2004 et 2005 : 31,2 % à 60 %. C?est du moins ce que révèle une étude sur les tendances du business (Annual Business Trends Survey) de la Mauritius Employers?Federation (MEF).

L?enquête a été réalisée à partir d?un échantillon de 144 entreprises de tailles différentes et opérant dans divers secteurs d?activité. Celles-ci ont été sondées durant les mois de novembre et décembre 2005.

Le mood est à son plus bas niveau dans le secteur de la construction qui affiche un taux de non-satisfaction de 100 %, suivi du secteur manufacturier (76,2 %), de l?agriculture (72,7 %) et des services personnels et communautaires (70 %). Les pessimistes attribuent ce sentiment aux effets combinés des conditions difficiles sur les marchés d?exportation et une certaine morosité économique sur le plan local.

Par contre, les hôteliers et restaurateurs voient la vie en rose. Tous les opérateurs interviewés trouvent que le tourisme vit de beaux jours.

Les exportateurs de la zone franche se disent, eux, très affectés par le démantèlement du régime de quotas de textile avec la disparition de l?Accord multifibre. Cela a ouvert la voie à une intensification de la déferlante chinoise sur les marchés d?exportation.

De la même manière, le sentiment au sein du monde agricole n?a pas été insensible aux conséquences de la réforme sucrière européenne sur notre activité sucre. La disparition graduelle des prix garantis sous le Protocole sucre est une source d?extrême inquiétude chez les producteurs et planteurs.

Le sentiment grincheux chez les fabricants de vêtements et chez les sucriers se répercute notamment dans les secteurs de la distribution et de la construction qui doivent leur épanouissement essentiellement aux conditions économiques favorables sur le marché domestique.

Le sondage fait aussi une photographie des perceptions face aux politiques économiques du gouvernement. Plus de la moitié des industriels sondés sont d?avis que la politique salariale contient de grosses lacunes. Celle-ci est vue comme une entrave à la croissance.

La stratégie nationale de formation n?est pas mieux notée. 53,5 % des opérateurs sondés disent leur déception que les politiques d?éducation et de formation ne parviennent toujours pas à répondre aux besoins d?une économie qui aspire à une trajectoire de croissance supérieure.

La politique du taux de change et monétaire fait aussi grincer des dents. Plus de la moitié des opérateurs interrogés estiment que la politique du taux de change et du taux d?intérêt est inadéquate ou encore qu?elle est un facteur dissuasif face à la croissance de leurs industries respectives.

Mesures fiscales peu attrayantes

Entre décembre 2004 et décembre 2005, la roupie s?est appréciée par 8,1 % face au dollar américain, mais a chuté de 5,6 % contre l?euro et de 3 % par rapport à la livre. L?hôtellerie et les activités agricoles qui reçoivent opèrent surtout en euros sont les plus touchées et recueillent le plus grand nombre de notes négatives.

Les taux d?intérêt pratiqués sont perçus par deux industriels sur cinq comme étant un encouragement.

La perception de la politique fiscale est créditée d?un taux de satisfaction de 43,1 %. La majorité des opérateurs, en particulier ceux de la construction et des services d?affaires et communautaires, trouve les mesures touchant au fisc peu attrayantes.

La taxe à valeur ajoutée et les autres taxes indirectes sont mal notées surtout chez les constructeurs (100 % d?insatisfaction), les prestataires financiers et des services affaires (71,4 % d?insatisfaits) et les opérateurs de transport et de communication (66,7 % d?insatisfaits).

L?enquête vient confirmer que l?administration publique demeure un des principaux obstacles à l?activité économique. Quatre industriels sur cinq disent que le cadre régulateur est peu stimulant pour le business. Le taux de mauvaise perception par rapport à cette variable dépasse les 90 % dans le secteur agricole et dans le tourisme.

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