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L?Onu rapelle son personnel à Bagdad
Les Nations unies ont annoncé, jeudi 30 octobre, le rappel provisoire de leur personnel expatrié en poste à Bagdad pour des «consultations» sur les conditions de sécurité dans lesquelles se déroule la mission de l'organisation en Irak.
«Nous avons demandé au personnel de Bagdad de revenir momentanément pour des consultations avec les gens du quartier général sur l'avenir de notre opération» en Irak, a déclaré Marie Heuzé, porte-parole du siège européen de l'Onu à Genève.
<B>«NE PAS DONNER RAISON AUX TERRORISTES»
A New York, un porte-parole a indiqué que cette mesure concernait la douzaine d'expatriés se trouvant encore dans la capitale, sur un total de 60 en Irak, où 2 000 Irakiens sont employés par l'organisation mondiale.
Marie Heuzé a précisé que la concertation porterait sur les mesures de sécurité à prendre pour continuer à opérer en Irak, où les attentats se multiplient non seulement contre les forces d'occupation mais aussi désormais contre toute cible perçue comme collaborant avec elles.
Le QG des Nations unies à Bagdad avait été la cible en août d'un attentat-suicide qui avait fait 22 morts, dont le représentant spécial de l'Organisation sur place, le Brésilien Sergio Vieira de Mello. L'Onu, qui entretenait quelque 300 étrangers en Irak, en avait alors retiré l'essentiel du pays, les repliant notamment sur Amman, tout en réaffirmant son intention de rester présente en Irak.
L'Unicef et l'Organisation mondiale de la santé, deux agences spécialisées des Nations unies, ne disposent plus aujourd'hui de personnel étranger sur le terrain. La décision de l'Onu de rappeler pour consultations son personnel étranger à Bagdad intervient trois jours après l'attentat à la bombe qui a frappé le siège du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dans la capitale.
Cet attentat, qui a fait lundi une douzaine de morts, dont deux employés locaux de l'organisation humanitaire basée en Suisse, a confirmé que la neutralité des organisations humanitaires n'étaient définitivement plus un gage de sécurité. L'attaque a incité le secrétaire d'Etat américain, Colin Powell, à lancer un appel au maintien en Irak du CICR et des autres organisations humanitaires pour ne pas donner raison aux «terroristes» qui cherchent, selon lui, à les faire partir.
LA NEUTRALITÉ NE PROTÈGE PLUS
Le CICR a annoncé jeudi qu'il continuerait à travailler en Irak, mais qu'il retirerait une partie des quelque 30 expatriés envoyés dans ce pays, dont un tiers se trouvent à Bagdad. Au printemps, le CICR disposait encore d'une centaine d'expatriés en Irak, mais en avait réduit le nombre de plus d'un tiers après l'assassinat d'un de ses techniciens sri-lankais, en juillet, et l'attentat contre le siège de l'Onu, en août.
Des discussions auront lieu ce week-end hors d'Irak entre responsables du CICR en poste à Bagdad et des représentants du siège sur les nouvelles réductions à venir, a annoncé le porte-parole du CICR à Bagdad. L'Onu, comme le CICR, a déclaré que ses réductions de personnels n'affecteraient pas sa présence dans le nord de l'Irak où la situation sécuritaire ne pose, pour l'instant, pas de problème majeur.
L'organisation Médecins sans frontières (MSF) a de son côté déclaré mercredi qu'elle avait décidé de retirer quatre de ses sept employés expatriés en Irak après l'attentat de lundi.
«UN CHANGEMENT D'APPROCHE NÉCESSAIRE»
Ce retrait montre que «plus que jamais» un changement d'approche est nécessaire en Irak, a réagi le ministre des affaires étrangères, Dominique de Villepin. «Les Nations unies [ayant été] durement frappées en Irak, la sécurité de leur personnel est une responsabilité très lourde pour le secrétaire général des Nations unies. Nous comprenons bien le sens des mesures qu'il prend aujourd'hui», a-t-il poursuivi.
«Plus que jamais, nous estimons que c'est par un changement d'approche que nous rendrons compatibles à la fois le nécessaire engagement de la communauté internationale et la pleine implication des Irakiens à travers un gouvernement provisoire qui aurait en charge le destin de l'Irak», a ajouté M. de Villepin.
La décision de l'Onu va à l'encontre des souhaits des Etats-Unis, pour qui un maintien d'une présence internationale la plus large possible en Irak va de pair avec l'affirmatioque des progrès y sont accomplis. Elle souligne aussi crûment que la puissance occupante n'est pas en mesure d'assurer la sécurité en Irak comme elle en a l'obligation.
En dépit des attentats et des attaques devenues quotidiennes en Irak, le président George W. Bush et son administration restent inflexibles quant au transfert des responsabilités aux Irakiens, jugé prématuré à Washington.
«Saddam Hussein pourrait organiser lui-même la résistance»
Saddam Hussein pourrait jouer un rôle essentiel dans la coordination des attentats contre les forces américaines en Irak, rapporte le «New York Times», citant de hauts responsables de l'administration américaine. Selon ces derniers, certains renseignements indiquent que le président déchu agit en tant que catalyseur ou organisateur de la résistance armée, probablement depuis un lieu proche de Tikrit, sa ville natale, au nord de Bagdad, ajoute le quotidien. Ces informations ne peuvent toutefois être confirmées, ont reconnu les responsables. L'un d'eux ajoute en outre que les rapports cités à l'appui de cette hypothèse contiennent des informations contradictoires. Le Pentagone s'est refusé à tout commentaire.
© Le Monde News Service
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