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Londres sous le choc

9 juillet 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Alors que les enquêteurs tentaient de remonter la piste des auteurs des attentats de jeudi à Londres, le gouvernement britannique a fait savoir hier que la Grande-Bretagne n?était pas à l?abri de nouvelles attaques. Vingt-quatre heures après la série de quatre explosions qui ont fait plus de 50 morts et 700 blessés dans trois rames de métro et un bus selon un dernier bilan de la police, Londoniens et banlieusards se sont rendus comme d?habitude au travail hier matin, empruntant un réseau de transports quasiment revenu à la normale.

La police londonienne, qui, outre les 50 morts, parle de 700 blessés, a invité les usagers à rester chez eux hier pour éviter le chaos des transports dans Londres, au lendemain des quatre attentats dans les transports publics. «Si les gens pensent qu?il leur sera difficile d?atteindre leur lieu de travail, il vaut mieux qu?ils envisagent de ne pas venir», a recommandé Scotland Yard.

La commission islamique des droits de l?homme a conseillé aux musulmans de Londres de rester chez eux, par crainte de représailles. Le Conseil musulman de Grande-Bretagne, qui représente 1,6 million de fidèles, a appelé les fidèles à prier à la mémoire des victimes. Jeudi soir, le réseau des transports londoniens était encore totalement paralysé, obligeant des milliers d?usagers à rentrer chez eux à pied. Des perturbations étaient encore à prévoir hier mais le gouvernement a déclaré que la société londonienne des transports publics espérait tout de même garantir un service normal dans les bus et le métro.

<B>la djihad d?Al qaïda</B>

Trois explosions ont secoué le métro et une autre a déchiré le toit d?un autobus à l?impérial, le tout en près d?une heure, jeudi matin à l?heure de pointe. Un groupe jusque-là inconnu, l?Organisation secrète de la Djihad d?Al Qaïda en Europe, a revendiqué ces actes, mais pour Washington, on ne peut dire si cette revendication a quelque valeur d?authenticité. La police de Londres a déclaré que sept personnes avaient été tuées dans une rame de métro près de la station de Moorgate, 21 près de King?s Cross et sept à celle d?Edgware Road. Deux autres personnes sont mortes à bord d?un bus au toit déchiqueté. «Nous savons que ces gens-là agissent au nom de l?islam», a déclaré le Premier ministre Tony Blair, se refusant cependant à dire qui, à son avis, était responsable des attentats. Blair a quitté jeudi matin le sommet du G8 à Gleneagles en Ecosse, dont il venait d?ouvrir les travaux, pour se rendre précipitamment à Londres. Le G8 a continué en son absence à plancher sur des thèmes comme la dette de l?Afrique et le réchauffement climatique de la planète, et Blair a regagné Gleneagles dans la soirée. Les attentats ont provoqué l?indignation et l? «horreur» des chefs d?Etat et de gouvernement du G8 réunis en Ecosse et les drapeaux des pays du G8 ont été mis en berne à Gleneagles. «La guerre contre le terrorisme continue», a dit le président américain George Bush. «Nous ne céderons pas face à ces terroristes, nous les trouverons, nous les traduirons en justice.»

<B>Renforcement de la sécurité </B>

«Ces actes sont inqualifiables», a pour sa part affirmé le président Jacques Chirac. «Ce mépris à l?égard de la vie humaine est quelque chose que nous devons combattre avec une fermeté sans cesse accrue.» Ces attentats ont provoqué dans la plupart des capitales européennes et aux Etats-Unis un renforcement des dispositifs de sécurité. Aux Etats-Unis, le département américain à la Sécurité intérieure a relevé jeudi au niveau «orange», soit le deuxième niveau le plus élevé, le degré d?alerte antiterroriste pour les autobus, les métros et les trains. La réaction américaine est d?un degré plus forte qu?après les attentats de Madrid, qui n?avaient pas entraîné un changement de couleur dans le niveau d?alerte américain.

En France, le Premier ministre Dominique de Villepin a annoncé que le plan Vigipirate était porté de l?orange au rouge. En Espagne, le président du gouvernement José Luis Zapatero a ordonné l?activation de «tous les systèmes d?alerte et de prévention». En Allemagne, les chemins de fer fédéraux ont renforcé les mesures de sécurité. En Italie, tous les aéroports ont été placés en état d?alerte maximale. Pour le ministre italien de l?Intérieur, Giuseppe Pisanu, «toute l?Europe est en état d?alerte».

Le Conseil permanent de l?Otan devait tenir hier matin une réunion extraordinaire et s?engager à apporter son soutien à la Grande-Bretagne.

<B>Mike COLLET-WHITE Trevor DATSON</B>

REACTIONS

<B>«La Grande-Bretagne paie pour ses dirigeants»</B>

Un porte-parole des taliban afghans a déclaré hier que le peuple britannique payait, avec les attentats qui ont visé le réseau de transports londonien, pour les actes de ses dirigeants, soulignant toutefois que le mouvement intégriste n?y était pour rien dans ces quatre explosions. «Le peuple de Grande-Bretagne a des problèmes en raison des actes mauvais et de l?oppression exercés par ses dirigeants», a déclaré un porte-parole des insurgés afghans, Abdoul Latif Hakimi, qui s?exprimait par téléphone en un lieu tenu secret. Hakimi a précisé cependant que les taliban ne se réjouissaient pas particulièrement des attentats de jeudi, qui ont fait une cinquantaine de morts et plusieurs centaines de blessés selon un dernier bilan. «Si ces explosions avaient visé des cibles militaires britanniques ou infligé des pertes au gouvernement britannique, alors elles nous auraient réjouis», a-t-il dit. Les taliban, s?ils sont prêts à attaquer les forces britanniques en Afghanistan, n?ont pas pris part aux attentats de Londres, a-t-il souligné. «Nous nous vengerons de la Grande-Bretagne en Afghanistan mais les taliban n?ont rien à voir avec ces attentats», a-t-il assuré. La Grande-Bretagne dispose d?un millier de soldats en Afghanistan et doit y déployer 400 hommes supplémentaires l?an prochain, quand elle prendra la direction d?une force de 8 500 hommes commandée par l?Otan et chargée de maintenir la paix dans le pays. Une autre force dirigée par les Etats-Unis et forte de 20 000 hommes est également présente en Afghanistan. Pour Hakimi, les dirigeants de la Grande-Bretagne se sont rendus coupables d?oppression envers les musulmans dans le monde entier. «Le peuple de Grande-Bretagne devrait essayer de comprendre le pourquoi de ces explosions, parce que la Grande-Bretagne opprime les musulmans dans le monde entier, et a soutenu les Etats-Unis dans leur occupation illégitime de l?Afghanistan», estime-t-il.

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