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Londres reprend ses habitudes dans une atmosphère pesante
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Londres reprend ses habitudes dans une atmosphère pesante
Les Londoniens ont repris hier leurs habitudes, les lignes de métro et de bus retrouvé leurs flots d?usagers, mais les quatre explosions de la veille, deux semaines jour pour jour après les attentats du 7 juillet, rendent l?atmosphère pesante dans la capitale britannique. «C?est un jour comme les autres, non ?», lance pourtant Adam Wieczorek, un assistant commercial polonais qui vit depuis trois ans à Londres, rencontré à l?étage d?un autobus à impériale.
Comme il l?avait fait après les attentats sanglants du début du mois, le Premier ministre britannique, Tony Blair, a appelé jeudi ses compatriotes à réagir avec calme et à préserver leur style de vie.
«Réagir autrement revient à nous engager dans le jeu dans lequel ils veulent nous entraîner», a-t-il ajouté lors d?une conférence de presse à Downing Street. Si les Londoniens, à nouveau en proie à une très vive tension, se demandent si la chance leur a épargné un nouveau carnage ou s?il s?agissait seulement d?une «réplique» destinée à entretenir l?effroi, la police, elle, n?a guère de doutes. «L?intention était de tuer», a assuré Ian Blair, chef de la police londonienne.
«OUR LUCKY DAY»
Les quatre explosions - dans trois rames de métro et dans un bus - ont évidemment renvoyé les Londoniens aux attentats du 7 juillet. Elles n?ont pas eu, et loin s?en faut, la puissance meurtrière des premières, mais ont frappé les esprits. «Comment ne pas être inquiets ?», interroge Lacresha Henry, une chargée de relations avec la clientèle de 24 ans.
«Nous regagnions à peine notre confiance, et là, c?est retour à la case départ», poursuit-elle à une station de bus du London Bridge. «Je ne monterai pas à l?étage, je resterai en bas. Ça peut arriver partout, mais en bas, c?est plus facile de s?échapper», ajoute-t-elle. La presse britannique met l?accent hier sur le «miracle» qui a permis à des centaines d?usagers des transports en commun d?échapper au pire.
Les quatre explosions, dans les stations de métro d?Oval, de Shepherd? Bush et de Warren Street et dans un bus à Hackney Road, n?ont pas fait de victimes. Seule une personne, apparemment prise d?une crise d?asthme, a cependant dû être pris en charge par les équipes médicale. «Our lucky day» (Notre jour de chance), résume en première page le Daily Mirror. «Quatre bombes, trois trains, un bus, zéro mort».
Mais ce sentiment de soulagement se heurte au fait que les auteurs des attaques coordonnées de jeudi ont échappé à la police et se trouvent toujours dans la nature. Scotland Yard a annoncé en effet que les deux personnes interpellées jeudi avaient été relâchées tard dans la soirée et qu?aucune charge ne pesait contre eux.
Relevant dans le Times qu?il est «extrêmement improbable» que la totalité des quatre charges explosives ait dysfonctionné, le professeur Hans Michels, de l?Imperial College de Londres, émet l?opinion que «l?objectif cette fois-ci n?était pas de tuer, mais de semer le chaos». L?enquête devra permettre de déterminer si les auteurs du 21 juillet sont de simples amateurs s?étant inspirés des attentats du 7 - ce qui pourrait expliquer le non fonctionnement des engins explosifs - ou s?ils appartiennent à la structure ayant planifié et organisé les attentats contre Edgware Road, Russell Square, Aldgate et Tavistock, dont le dernier bilan est de 56 morts, dont les quatre kamikazes présumés. Hypothèse autrement inquiétante.
Exploser le sac
Si les attentats de jeudi sont sans commune mesure, peut être en raison d?une moindre sophistication, la terreur est à nouveau au rendez-vous. «C?était vraiment la panique», a affirmé Ian McCracken, un passager qui se trouvait à la station Warren Street, interrogé par Sky TV. «Un jeune Italien (...) a dit qu?un homme portait un sac à dos qui a subitement explosé, une petite explosion mais assez forte pour faire exploser le sac, et l?homme a poussé un cri, comme si quelque chose ne s?était pas passé comme prévu et (...) tout le monde s?est précipité hors de la rame».
Tony Blair a lancé un appel au calme. «Nous savons pourquoi ils font ce genre de chose. Ils veulent effrayer les gens», a souligné le Premier ministre lors d?une conférence de presse. Les spécialistes, eux, évoquent deux pistes: celle d?amateurs inspirés par le scénario du 7 juillet - pourquoi pas de jeunes islamistes désoeuvrés - et celle des commanditaires de la première série d?attentats, qui chercheraient ainsi à signifier qu?ils disposent encore d?agents en liberté, prêts à se sacrifier et capables de déjouer des mesures de sécurité draconiennes.
«Il y des similitudes», a reconnu Ian Blair, sans établir de liens directs entre les deux événements. «Nous savons qu?il y a eu quatre explosions ou tentatives d?explosion», a-t-il poursuivi, soulignant le fait que les bombes défectueuses allaient être étudiées minutieusement.
Peter GRIFFTHS
Fabrication approximative, manipulation hasardeuse ou explosifs périmés... Telles sont les causes avancées par les experts pour expliquer le dysfonctionnement des quatre bombes qui semblent avoir fait long feu jeudi dans les transports en commun londoniens. Les engins n?ont donné lieu qu?à de petites déflagrations à bord de trois rames de métro et d?un autobus, ce qui suggère une réplique avortée des attentats du 7 juillet, imputés à Al Qaïda, qui ont causé la mort de 56 personnes. Cette fois, un seul blessé a été signalé.
Scotland Yard se refuse pour le moment à établir un lien avec les attentats meurtriers commis il y a exactement deux semaines, malgré les similitudes évidentes. Les spécialistes, eux, évoquent deux pistes: celle d?amateurs inspirés par le scénario du 7 juillet et celle des commanditaires de la première série d?attentats, qui chercheraient ainsi à signifier qu?ils disposent encore d?agents en liberté, peut-être prêts à se sacrifier, capables de déjouer des mesures de sécurité draconiennes. L?étude des engins permettra peut-être de trancher. ?Nous avons récupéré les bombes intactes, c?est un véritable Eldorado!?, s?est réjouit Crispin Black, directeur de la société londonienne Janusian Security Management, devant les caméras de Channel Four.
Mark TREVELYAN
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