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L?ombre du A+ plane sur le troisième trimestre
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L?ombre du A+ plane sur le troisième trimestre
Des parents plus inquiets que d?habitude. Des élèves qui mettent les bouchées doubles avec plus de leçons particulières pendant les jours de congé et les vacances? Le spectre du A+ est bel est bien présent au troisième trimestre pour le Certificate of Primary Education (CPE). La nouvelle note introduite dans le grading utilisé pour le CPE suscite ainsi angoisse, espoir, et appréhension.
Depuis lundi, un peu plus de 25 000 écoliers de Std VI entament la dernière ligne droite vers l?épreuve qui décidera de leur orientation future. Les examens auront lieu du 26 au 31 octobre. Quel est leur état d?âme ? ?Certains prennent maintenant davantage de leçons particulières les week-ends et durant les congés scolaires. En fait, nous vivons les mêmes comportements qu?à l?époque du ranking?, se rappelle Bhoseduth Ramsewak, président de la Mauritius Head Teachers? Union (MHTU).
Swaley Rojee, président de la Deputy Head Teachers? Union (DHTU), estime que les parents sont davantage inquiets. ?C?est la première fois que la nouvelle formule est appliquée. Ils sont plus stressés qu?avant, parfois plus que l?enfant. Certains parents disent que leur enfant est plutôt moyen et pensent qu?il n?aura pas de bon collège. Il y a également une surenchère, un forcing qui se pratique dans certaines écoles?, soutient Swaley Rojee.
Ce dernier n?est pourtant pas critique vis-à-vis de la formule Gokhool. ?Chacun doit avoir sa chance selon ses capacités?, estime-t-il.
Une compétition faussée
Si dans les écoles ?normales?, un changement d?attitude est noté au niveau de la sixième, la pression est encore plus grande dans les écoles primaires dites cinq-étoiles.
Dans les écoles des zones d?éducation prioritaires, la réalité est toute autre. ?J?ai l?impression que les parents ne sont pas vraiment intéressés. Ils ne se sentent pas concernés. Pour les faire venir dans des réunions, c?est déjà difficile. Mais ils savent qu?il y a une plus forte compétition cette année et ils ne sont pas trop d?accord. Par rapport aux autres années, des parents mettent plus de pression et les enfants prennent plus de leçons particulières?, indique Rumila Dawaking, présidente de l?association de parents d?élèves de l?école publique de Cité-Vallijee.
?Dans une même classe, l?on peut trouver trois catégories d?enfants, à savoir ceux qui sont lents à comprendre, ceux qui le sont moins et ceux qui sont brillants. Pour le prof, c?est pas évident. Et par rapport à la nouvelle formule, ceux qui sont plus forts académiquement sont ralentis par les autres?, ajoute-t-elle. Ainsi la compétition qu?amène la nouvelle formule est faussée, du moins pour des élèves brillants des écoles moins performantes.
?Si un enfant à la malchance d?habiter dans un environnement moins aisé, il se retrouvera dans une école moins performante et ses chances d?accéder à un collège national sont fortement compromises dès le départ. La raison est simple : l?établissement de sa région ne pourra pas lui accorder toute l?attention qu?exige un système où seuls les 1 260 meilleurs performers du pays auront une place dans un des neuf collèges soi-disant d?élite?, regrette un directeur du ministère de l?Education.
Même dans les ?star primary schools?, des comportements étranges sont notés. C?est ce qu?explique Roselyne Appadoo, assistante-maîtresse d?école à l?établissement Notre-Dame de la Confiance, Curepipe. ?Les parents ont peur. Comme tout parent, ils aspirent au meilleur pour leurs enfants. Avec le grading, il y a eu un relâchement. Les parents parlaient de l?épanouissement de leur enfant. Maintenant nous n?entendons plus cela. La pression est mise sur le parent, l?enseignant, l?école et le grand perdant, c?est l?enfant. Il est bousculé.?
Car réussir devient une question de prestige. Certains parents veulent à tout prix que leur progéniture fréquente un établissement secondaire, à l?instar du Queen Elizabeth ou du collège Royal de Curepipe. Et ils sont prêts à tout pour que leurs enfants obtiennent ces fameux A+. Même s?il faut tricher et entrer dans l?illégalité. C?est ce qu?ont vécu un peu plus de 30 personnes le mois dernier dans l?affaire des fausses factures soumises par des parents pour voir leur enfant être admis dans l?école cinq-étoiles Hugh Otter Barry, Curepipe. Histoire d?avoir de plus grandes chances d?accéder à un meilleur collège...
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