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Loga Virahsawmy, fondatrice de « Media Watch »

25 novembre 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Vous organisez une marche à Mahébourg aujourd?hui. Le thème à Maurice est « Sekirité pou tous ». À quoi ça va servir ?

Cette marche se fera parallèlement dans treize pays de la SADC et aura pour thème Réapproprions la nuit. Ce n?est pas normal que les gens, surtout les femmes, ne peuvent pas marcher sans crainte dans la rue de jour comme de nuit. Elle commencera à 16 h 30 au poste de police de Mahébourg pour se diriger vers le Waterfront.

Les campagnes se multiplient, mais la violence se fait plus agressive?

Il y a plusieurs facteurs qui expliquent cela. Les femmes brisent le silence et rapportent les cas. Certains hommes n?acceptent pas que les femmes deviennent indépendantes. Il y a plus de problèmes d?alcool et de drogue. On n?éduque pas assez nos enfants sur la question?

Qu?est-ce qui vous a motivée à créer « Media Watch » ?

Il y a six ans, j?étais invitée en qualité de journaliste freelance pour la région à un workshop au Lesotho. Le thème était How to report on gender. Mon amie Collin m?a proposé d?organiser ce même atelier à Maurice. De fil en aiguille, l?association a vu le jour.

Est-ce que ça vous dérange qu?on vous traite de féministe ?

Pas du tout. J?en suis une, et mon mari aussi. Il faut juste comprendre que féministe ne veut pas dire extrémiste. C?est défendre les droits de la femme.

Si on vous dit que vous avez la sale manie de chercher la petite bête, de voir le mal partout, vous répondez quoi ?

Je dis que c?est mal me juger. Une femme qui pose en string pour une ligne de sous-vêtements, je n?ai rien contre. Mais promouvoir un whisky en utilisant l?image d?une femme et mettre le label sur ses seins, c?est inacceptable. Je ne peux pas rester tranquille quand on sous-entend qu?on obtient du whisky du sein d?une femme.

Quelle est la plus grande chose que vous ayez accomplie dans votre vie ?

Ma famille. Mes deux filles qui sont aujourd?hui des professionnelles, trois petits-enfants et un mari qui me soutient.

Quelle petite fille étiez-vous ?

J?étais une fighter déjà. Je n?avais pas peur de donner mon opinion si je sentais une injustice. Je me souviens aussi que je jouais beaucoup aux billes dans la rue avec mes cousins et cousines. On n?a pas été élevé dans la différence de sexes.

Une belle journée pour vous, c?est?

Voir autour de moi des personnes heureuses, bien dans leur peau.

Un regret ?

Allons dire que j?ai des chagrins. Le dernier, c?est quand quelqu?un qui m?est proche ne m?a pas invitée à une fonction.

Un rêve ?

Vivre assez longtemps pour voir mon premier petit-enfant, qui a dix ans, aller à l?université.

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