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Liz Coindreau : la femme qui vaut un demi-milliard

4 juillet 2004, 20:00

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Elle amasse des millions à la pelle comme les chanceux du monopoly. Elle achète, revend, et construit avec frénésie. Pour concrétiser, explique-t-elle, ?sa vision née d?une certaine naïveté?.

Liz Coindreau alimente l?actualité depuis les récentes allégations sur l?origine de sa fortune. Peu lui chaut : elle continue sur sa lancée. Actuellement elle est en passe de doubler sa fortune à travers trois grandes réalisations.

Elle annonce, en effet, l?Oasis, un imposant centre commercial de Rs 100 millions, vis-à-vis de la plage publique de Flic-en-Flac, avec de prestigieux magasins, en collaboration avec Dior, et un VIP Room destiné à la jet-set internationale en partenariat avec Jean Roch, le chanteur de variétés qui interprète l?hymne français pour l?Euro 2004 ; dix villas pieds dans l?eau de Rs 10 millions chacune sur une superficie d?un arpent dans la baie du Tamarin ; et 120 appartements valant entre Rs 3 millions et Rs 5 millions sur la berge de la rivière à Trianon.

Liz Coindreau pose question. Combien pèse-t-elle ? Elle qui vivait dans une case en tôle à Vacoas et qui n?a fait que six ans d?études primaires. Que possède-t-elle exactement en plus de sa flotte de 30 voitures pour elle et son personnel, de son chassé à Mare-Longue, de sa maison au morcellement Bismic et d?un terrain pied dans l?eau à Grand-Gaube ?

Tous comptes faits

Peu de gens arrivent à quantifier avec exactitude sa richesse. Mais un de ses proches finit par avancer le chiffre de quelque Rs 500 millions actuellement et d?un Rs 1 milliard l?an prochain. De sa fortune, la principale concernée ne parle pas beaucoup. Même si elle a confié à une télévision étrangère qu?elle est ?la femme la plus riche de Flic-en-Flac.? Du coup, on commence à faire les comptes. Après avoir acheté et vendu plusieurs lopins de terre à Bismic et à Safeland à Flic-en-Flac, Liz Coindreau se lance en 1994 avec son mari Marc, entrepreneur en bâtiment, dans la construction des appartements. Elle commence avec 25 appartements avec piscine dans le complexe Blue Shell en 1994, elle continue avec 43 prestigieux bungalows avec piscine, court de tennis et squash à Le Tamier en 1998. En 1999, elle enchaîne avec 45 appartements à Le Dattier avant de s?atteler en, 2002, à 36 appartements nichés dans un jardin privé avec deux piscines dans le complexe Le Palmier. 36 autres sont construits, la même année, à Blue Water, mais livrés entièrement à un autre promoteur. En 2003, elle érige Le Latanier, complexe de 38 villas et de 18 appartements et elle a récemment terminé Le Grenadier qui comprend 59 appartements, dont 70 % sont déjà vendus, au prix de Rs 3 à Rs 4 millions. C?est à s?y perdre en chiffres. Si on exclut le Blue Water, où elle, n?était que le constructeur, et compte tenu qu?elle s?est réservé, dans chaque complexe, trois appartements qu?elle loue, Liz Coindreau a, depuis 1994, construit et vendu 138 appartements, 43 bungalows et 38 villas. Quel chemin parcouru depuis qu?elle a acheté un lopin de 200 toises à Rs 2 500 la toise, en 1989, alors qu?elle vivait toujours avec son époux anglais en Grande-Bretagne ?

La femme d?affaires se défend d?avoir trempé dans des transactions illégales. Elle s?explique : ?Quand vous êtes dans la construction ou l?immobilier, vous pouvez gagner très gros. Regardez Doodursan Bhujun, décoré en l?an 2000, qui est aujourd?hui millionnaire avec une grosse compagnie de construction. Il était maçon avant de se lancer dans la construction. Voyez Apavou qui possède aujourd?hui des hôtels à la Réunion, plusieurs autres à Maurice et à Madagascar. Lui aussi travaillait comme maçon avant. Savez-vous combien de personnes se sont fait beaucoup plus d?argent que moi rien qu?avec des morcellements ? Est-ce qu?on les accuse d?avoir trempé dans des trafics. Pourquoi moi ? Sans mon mari qui est constructeur, je n?aurai peut-être pas obtenu tant d?argent. Sans lui, je serais encore à acheter et à revendre de la terre.?

Liz Coindreau ne pardonne pas à ceux qui, dit-elle, ont ?entaché ma réputation et semé la panique auprès de mes clients de Grande-Bretagne?. Elle a jeudi dernier, logé un procès en diffamation contre un hebdomadaire qui a allégué qu?elle était recherchée par Interpol. Elle concède cependant que, depuis son début dans la construction en 1994, elle a ?commis l?erreur de travailler dans l?ombre, loin des regards publics?.

De fait, ceux qui passent par la route côtière de Flic-en-Flac n?auront aucune idée des réalisations de Liz Coindreau. ?Mes développements fonciers, situés loin de la route Royale, n?ont jamais eu besoin de publicité. J?ai fait construire et vendu des blocs d?appartements comme des petits pâtés alors que d?autres constructeurs de la région restaient avec leurs appartements sur les bras pendant des années.?

Un vieux routier, interrogé, estime que les villas de Liz Coindreau, à Rs 10 millions dans la baie du Tamarin, trouveront vite preneurs. Comment ? Parc qu?elle est un as du marketing. Où ? Principalement en Grande-Bretagne, auprès des Mauriciens établis depuis des années.

Là-bas, un petit appartement coûte largement plus de Rs 10 millions. Certains, qui ont acheté à travers des prêts, vendent pour rentrer. D?autres, qui ont économisé préfèrent une villa pieds dans l?eau à Flic-en-Flac à un appartement dans la brume londonienne.

Quant aux appartements à Rs 2 millions ou à Rs 4 millions, c?est ?peanuts? pour certains Mauriciens qui travaillent en Grande-Bretagne. De plus, ces constructions sont bâties sur un concept alliant sécurité, tranquillité, disponibilité des loisirs et impression d?espace et de luxe. C?est ce qui attire aussi ceux qui ont pignon sur rue, dont des médecins, avocats, magistrats, comptables?

?Depuis mes débuts, je me suis contentée d?acheter des terrains souvent à crédit. Après c?est l?argent, versé par mes clients comme acompte sur leur futur appartement, villa ou bungalow, qui est utilisé pour financer le reste du projet.? Aux incrédules qui insistent et signent, Liz Coindreau se dit prête à ?un audit trail? afin de prouver ses dires et son? succès. En attendant, elle réfléchit à d?autres plans pour d?autres développements qu?elle a en tête. Car elle compte bien tripler sa fortune !

AIDE AUX POLITICIENS

?Pas de renvoi d?ascenseur?

Liz Coindreau dit payer mensuellement Rs 100 000, à la Sécurité sociale, soit Rs 1, 2 million annuellement, comme cotisations au Plan national de pension pour quelque 300 employés. Elle compte augmenter son personnel aussitôt que ses chantiers de Tamarin, Trianon et Flic-en-Flac auront atteint leur vitesse de croisière. Dans son milieu, on ne nie pas qu?elle a rendu ?des petits services aux partis politiques et à des politiciens dont une ex-ministre?. Elle n?a pas fait le tri, dit-on, mais aidé sans discrimination. ?Par exemple pour l?impression d?affiches et de posters.? Le monde politique ne lui a cependant ?pas renvoyé l?ascenseur?. Ainsi, elle affirme avoir dépensé gros en étude de faisabilité, ente autres, afin d?obtenir le contrat pour la construction et la gestion du centre nautique de Flic-en-Flac. Et elle a fait chou blanc? Et pour le centre, et pour le restaurant qui sera construit à côté. Autre commentaire d?un de ses proches : ?C?est une injustice, c?est elle qui aurait dû obtenir le contrat car c?est elle qui a développé Flic-en-Flac?. Liz Coindreau ne doit cependant pas désespérer. Car une des personnes qui a obtenu la location d?un portion de Pas géométriques pour la construction d?un centre nautique cherche actuellement à en vendre le bail. Chiche !

READY? JET SET

St-Tropez, Champs-Élysées et Flic-en-Flac

C?est en partenariat avec Jean Roch que Liz Coindreau met sur pied un VIP room à Flic-en-Flac. Jean Roch est surtout connu pour son album, ?Past, Present, Futur?.

Il commence à servir la jet-set internationale à travers le Bar de l?Escale à St-Tropez, qu?il rebaptise l?Hystéria.

Jusqu?en 1997, il se partage la gestion de sa boîte et des sets de DJ à travers le monde people. Il monte alors le Bash à Paris, puis le VIP Room à St-Tropez et sur les Champs-Élysées, fréquentés par la jet-set du show-biz et du sport, dont Zinédine Zidane, Johnny Hallyday, Pascal Obispo, Sting, Enrique Iglesias, Elton John, Patricia Kaas, Lionel Ritchie, Jennifer Lopez, George Clooney, Shaggy, Sean Penn, Richard Gere, Robert Pires et John Travolta, entre autres.

Le dernier numéro du luxueux magazine du VIP Room annonce la construction du VIP Room de Maurice avec photo de Liz Coindreau. Elle affirme que des vedettes, dont Amélie Mauresmo, Johnny Hallyday et Tina Turner ont déjà accepté de faire le déplacement pour l?inauguration du VIP Room de Maurice qui fera partie d?un club privé accessible aux Mauriciens réputés.

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