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L?intolérable excision

17 décembre 2006, 00:00

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En France, environ 30 000 femmes d?origine africaine sont déjà excisées. Et 30 000 fillettes ou adolescentes seraient susceptibles de l?être. Des pratiques « intolérables » contre lesquelles le ministre de la Santé français Xavier Bertrand, a annoncé, lors d?un colloque le 4 décembre à Paris, vouloir prendre des mesures « pour améliorer la prévention et la répression ». Ce n?est pas faute d?avoir déjà agi.

Pour lutter contre cette coutume qui vise à « purifier » la femme avant le mariage en lui sectionnant tout ou partie du clitoris et des petites lèvres, la France s?est mobilisée dès les années 1980. Elle fut longtemps le seul pays à poursuivre les exciseuses en justice.

L?excision, pour nombre de familles africaines, venues notamment de certaines ethnies du Sénégal, du Mali, de Côte d?Ivoire et de Mauritanie, reste bien une réalité. Et c?est souvent à l?occasion de vacances « au pays » qu?elle a lieu, parfois à l?insu des parents demeurés en France.

« S?ils sont attentifs, tous les enseignants sont capables de savoir qu?une petite fille a été excisée pendant les vacances, parce que cela se voit : ce n?est plus la même petite fille », affirme le docteur Emmanuelle Piet. S?il est trop tard pour réparer le mal, il revient donc à l?enseignant de faire part de ses soupçons. Mais que faire lorsque la petite fille disparaît après le CM2, ne retourne pas au collège à la rentrée suivante et ne revient en France que des années après, mutilée et mariée de force au pays ?

« De nombreuses femmes africaines veulent changer ces pratiques, mais ne savent pas comment s?y prendre », souligne Nafissatou Fall, formatrice à l?Association havraise pour l?accueil, la médiation et l?insertion. D?autres ignorent que l?excision de leurs filles aura des conséquences sur leur santé. Selon une étude menée sous l?égide de l?OMS, rendue publique en juin, les enfants des mères ayant subi une mutilation sexuelle présentent une surmortalité allant de 15 % pour une excision à 55 % pour une infibulation.

Pour mieux estimer la population concernée par ces pratiques, une étude sur « Excision et handicap » sera menée par l?Institut national d?études démographiques (Ined) et l?Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), dont les conclusions devraient être connues fin 2008. Elle comprendra une enquête qualitative qui, conduite auprès d?un millier de femmes, devrait permettre d?établir une évaluation des demandes en chirurgie réparatrice du clitoris.

@ 2 006 Le Monde ? Catherine VINCENT ? (Distribué par The New York Times Syndicate)

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