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L?internet shopping pris dans la toile

3 février 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Amazon, Dell, la Fnac, Eastbay, La Redoute, Alapage, Cduniverse, M6 boutique, des enseignes que le net-surfeur croise au gré de ses pérégrinations sur le réseau des réseaux. Souvent pour faire du lèche vitrine. Plus rarement pour franchir le portail et entrer dans le magasin qui fait envie, et qui a pignon sur Net.

Voyons, où trouver, sans craindre de tomber sur un pirate, un service de vente par correspondance sur mesure qui vous expédie en un temps record cette chaussure de marque non distribuée à Maurice, ce DVD de film d?auteur tout juste sorti en Europe, ces composants électroniques si essentiels à une compagnie informatique ? Comment même réserver à temps sa place pour le dernier spectacle à la mode du Drury Lane de Londres, lorsqu?on est à peu près sûr que si on ne s?y prend qu?une fois arrivé sous la neige, il sera déjà joué à guichets fermés.

En ligne, c?est-à-dire, via Internet, tout cela est possible. Néanmoins le Mauricien se dit qu?avec la carte de crédit sur le Net c?est risqué ou trop cher. Il éteint le PC et va se coucher. Il préfère rêver à ses voyages, quitte à revenir en surcharge de produits.

Les jeunes plus exposés

Et les chiffres confirment cette tendance : si, par exemple, plus de 80 % des paiements en ligne se font par la carte de crédit à la State Bank of Mauritius (SBM), la moyenne de 125 US$ dépensée par l?ensemble des clients paraît dérisoire dans le brassage monétique de cet établissement de la Place d?armes. Même si, toujours du côté de la SBM, on a assisté en 2004 au lancement d?une carte dédiée aux achats en ligne, l?Internet Card.

Mario Séblin, de la Mauritius Commercial Bank (MCB), indique, lui, que ?beaucoup de clients posent de plus en plus de questions et demandent des renseignements sur le service.? Reste qu?on ne rencontre pas tous les jours des internautes qui avouent faire du shopping sur la toile. Tiède intérêt des uns ou tentative de se rassurer des autres ?

On se demande donc ce qui mitige l?engouement des particuliers ou des businessmen pour le commerce électronique chez nous. Cela vient peut-être d?abord d?un problème de générations, voire d?un conservatisme des classes les plus aisées. Les jeunes plus exposés à l?internet n?ont pas encore tout le pouvoir d?achat de leurs aînés, pour leur part encore déroutés par l?irruption de la cybertechnologie. ?Ce sont surtout les jeunes qui ont recours à l?e-commerce?, nous confirme Anand Babbea, officier responsable du channel e-commerce à la SBM.

Et le profil-type de l?e-consommateur à Maurice semble plutôt correspondre à un étranger. ?D?après nos statistiques, la majorité de nos clients ne sont pas Mauriciens?, déclare Mario Séblin.

Mais il y a d?autres explications à cette relative faiblesse du marché intérieur mauricien. On trouve des réfractaires à l?e-commerce même parmi les plus mordus du Net. Ils craignent pour la plupart pour la sécurité des transactions. Les hackers et autres fraudeurs à la recherche de coordonnées bancaires sont la cause de la réticence au paiement en ligne de la part des clients comme des commerçants.

Or, comme le révèle une étude sur 761 sites marchands publiée par la FIA-NET en France (www.fia-net.com/lemonde/additiflivreblanc4.pdf), les fraudes à la carte de crédit sur le Net ont diminué, de 40 % en volume, et de 57 % en valeur depuis 2002. Cela tient notamment à un meilleur système de protection des données bancaires.

À Maurice, un service comme la MCB e-com a été lancé avec ?une infrastructure hautement sécurisée pour permettre aux commerçants d?encaisser des ventes dans les meilleures conditions?, assure Mario Séblin. Les plus favorables au commerce électronique avancent qu?en fait le risque de se faire voler son numéro de carte bancaire n?est pas nécessairement supérieur à celui encouru lors d?une emplette auprès d?un commerçant qui utilise encore une machine à facturer du type ?fer à repasser.?

Pour minimiser ce risque, il faut impérativement éviter de commander à partir de sites non recommandés ou n?ayant pas pignon sur rue (voir hors-texte). ?Beaucoup de banques offrent aux commercants avec qui elles traitent et à leurs détenteurs de carte, un service très sophistiqué pour authentifier l?identité de l?acheteur?, confie Mario Séblin.

Si toutefois une personne ne reconnaît pas avoir effectué une transaction sur le Net, certaines banques lui donnent la possibilité de contester la transaction. S?il est prouvé qu?il y a fraude, alors la banque peut rembourser le client. Mais en général, l?arnaque à la carte bancaire touche moins les particuliers que les entreprises ou les grands réseaux.

Il faut ajouter à cela, qu?à Maurice, les entreprises locales dont le produit ou le service est présenté sur le Web sont rarement équipées d?une page de paiement sécurisée. ?Dans ces cas, la commande est faite par e-mail, téléphone ou fax, où les risques sont très élevés?, ajoute notre interlocuteur.

Mais, au-delà même des programmes de sécurisation renforcée des transactions, l?achat en ligne est virtuel et le produit n?est pas tangible. Comme dans toute vente par correspondance, ceux qui ne savent pas exactement comment se présente le produit recherché peuvent être déçus à sa réception. ?Le risque qu?il n?est pas comme souhaité existe ?, prévient Mario Séblin.

Au bout des commandes Internet, on trouve divers services d?acheminement et de livraison, comme la poste ou les courriers express. ?Nous rencontrons souvent des vidéothécaires qui viennent réceptionner leurs DVD ou CD?, témoigne l?un d?eux. Les colis qui arrivent sont souvent des produits qui viennent de grands revendeurs culturels comme Fnac.com ou amazon.com.

Les particuliers sont aussi du nombre. Selon Selva Coopoosamy, acting chief customs and excise officer, la loi (E11) stipule que des biens importés par voie postale, excluant des marchandises comme le tabac, les spiritueux et les armes à feu pour chaque colis, sont soumis à une franchise de Rs 1000, ou le produit est exempté de taxe.

Au-delà, dépendant de chaque article, l?excédent est frappé d?un pourcentage que le particulier doit payer : exemple, si un DVD est d?une valeur de Rs 1200, il y a une taxe de 15 % sur Rs 200.

Contexte international

En matière de taxe, l?internaute n?est pas nécessairement désavantagé, puisque bien souvent le produit commandé est vendu hors taxes au départ (eg : un CD acheté en France est dispensé de la TVA française).

Enfin une bonne part des articles commandés sont des biens qui servent à d?autres secteurs du commerce local. On observe des colis de composants électroniques, qui sont frappés d?une taxe particulière selon le lieu d?expédition.

On peut en déduire que, dans le contexte affiché du développement des Tics, le micropaiement à Maurice puisse aspirer à une croissance plus soutenue. Pour situer Maurice dans le contexte international, des experts de l?Organisation des Nations unies ont estimé qu?en 2003 Internet assurerait le quart des transactions commerciales mondiales.

Mieux, l?e-commerce entre entreprises aux Etats-Unis se situe aux alentours de US$ 2 843 milliards, soit près de la moitié des échanges dans le segment. Intel, par exemple réalise chaque mois US$ 1 milliard de chiffre d?affaires en vendant ses composants par Internet aux entreprises informatiques. Un chiffre qui fait rêver.

CONSEILS PRATIQUES

Acheter sur Internet, le mode d?emploi

■ Il faut d?abord lire attentivement les instructions de chaque portail. Certains sites acceptent le paiement par virement bancaire, d?autres par traite, mais généralement c?est la carte de crédit internationale qui valide les achats. D?habitude, le produit et son coût sont trouvés grâce à une moteur de recherche interne au ?net shop?. L?usager peut alors avoir un descriptif, comme un commentaire pour les livres, ou une fiche technique pour les DVD. Souvent le site demande à l?usager de se faire enregistrer et d?identifier son adresse avant de passer à l?achat. Ensuite lorsque le produit est sélectionné, il est déposé dans le ?panier? (basket), un caddie virtuel. Dès lors, si le site est sérieux, l?usager ne communique plus que des informations protégées sur des pages sécurisées (marquées par un cadenas en barre d?état, au bas de l?écran). Ces informations vont de la confirmation de l?adresse de livraison aux 16 chiffres de la carte, à communiquer pour valider l?achat. La majorité des risques du commerce sur Internet concerne les entreprises qui gèrent des sites pornographiques et les petites sociétés fantômes. ?On doit s?adresser à des enseignes connues et ne pas se fier aveuglément à une société dont on n?a jamais entendu parler?, avertit Mosadeq Sahebdin, de l?Institute for Consumer Protection. ?Le consommateur ne doit jamais communiquer le numéro de la carte bancaire par e-mail ou sur une page non sécurisée, sans le ?cadenas??, ajoute-t-il.

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