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L?insécurité
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
Les agressions répétées contre les employés du transport en commun, c?est tout sauf des faits divers. Cette affaire est loin d?être anecdotique car les violences exercées à l?encontre des chauffeurs et receveurs d?autobus sont accompagnées chaque jour d?un cortège de petite et de grande délinquances. La situation qui en résulte fait naître un sentiment d?insécurité.
Certes, les milieux officiels peuvent nier la montée de l'insécurité en se fondant sur une réalité statistique mais l?insécurité n'est pas une donnée qui se mesure à l?aide de chiffres. C?est un sentiment qui naît d'impressions accumulées au cours du temps. Et, devant tant d?agressions, de vols, de cambriolages et de hold-up rivalisant d?audace et d?originalité, on peut comprendre qu?une peur croissante saisit beaucoup d?entre nous.
Huit cas d?agressions ont été enregistrés entre vendredi et mardi contre des receveurs et chauffeurs d?autobus. Rien qu?en une journée, celle de mercredi, des vols d?objets valant Rs 1,5 million ont été rapportés. Ce bilan effarant ne tient pas compte des vols commis aux dépens de citoyens qui, résignés, ne le signalent pas à la police.
Le mois dernier, deux personnes se sont fait voler leur portable et de l?argent dans le centre de la capitale, non loin du bâtiment Harbour Front. La semaine dernière, des malfaiteurs se sont pris à deux touristes sur la plage publique de Trou-d?Eau-Douce, les dépouillant d?objets de valeur. Hier soir, un individu est mort après avoir reçu des coups à la Gare Victoria à Port-Louis. Il n?y a plus de lieux absolument sûrs. Voilà pourquoi la population est fragilisée.
On doit surtout se garder d?attribuer à un laxisme supposé des forces de l?ordre la dégradation perçue de la situation sécuritaire. Ce serait un peu simpliste. Tous ces faits doivent plutôt relancer la discussion sur les moyens et les effectifs de la police. L'insécurité étant un enjeu incontournable du débat politique, le gouvernement réalisera assez vite qu?il est dans son intérêt de s?intéresser à la question.
D?autant plus, que l?insécurité, quand elle atteint des dimensions considérables, devient un handicap au développement. Comment peut-on encourager les gens à travailler la nuit dans des centres d?appels ou des usines s?ils ne se sentent pas sereins ? L?Etat doit prendre en compte les impératifs de protection de ces travailleurs de nuit s?il entend les encourager. Quant aux incidences de l?insécurité sur le tourisme et l?investissement, nul ne peut en ignorer le coût.
Il y a des comportements agressifs sociaux que la police a du mal à contenir. Il a suffi qu?une équipe du Samu sollicitée à 20h45, quitte l?hôpital de Flacq à 20 h 49 et arrive à Brisée-Verdière à 21 h 12 malgré les indications imprécises du demandeur, pour que des gens saccagent l?ambulance et agressent verbalement le personnel soignant. Même ceux qui passent leur temps à sauver des vies sentent les leurs en danger.
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