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L?informatique à l?agenda de notre université

6 septembre 2006, 00:00

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Notre presse, irresponsable selon certains et non des moindres, commence à nous informer graduellement des préparatifs en cours d?Infotech, cette grand-messe informatique, rassemblant, chaque année, les mordus des autoroutes de l?information et les dispensateurs, de plus en plus nombreux et variés, des services disponibles de ce secteur d?activités, ayant le ciel pour limites. Il y a 25 ans, au début de septembre 1981, notre presse, déjà taxée, sinon d?irresponsabilité, mais du moins d?être anti-travailliste (un moindre mal) et surtout (crime impardonnable) d?être pro-MMM et bérengériste, se contente plus modestement de rendre compte d?une conférence nationale organisée par l?université de Maurice, que dirige alors le Pr Jagadish Manrakhan, sur le thème de l?information devant contrôler à l?avenir notre société.

D?emblée, le vice-chancelier Manrakhan révèle à son auditoire qu?un nouvel ordre international de l?information est en gestation, qu?en dépit de son exiguïté et de son développement en cours, l?île Maurice a un rôle important à jouer dans ce domaine. Il cite comme atouts, se trouvant dans notre jeu, notre liberté d?expression, la qualité de nos journaux et de nos mass-médias, notre harmonie sociale, notre développement économique, notre système éducatif, etc.

Se lançant dans un brillant exposé à caractère philosophique et sociologique, le Pr Manrakhan disserte à merveille et de façon fort instructive sur l?interrelation entre science et information, du rôle de celle-ci dans la société, des disparités prévalant dans la production, la consommation, la distribution de l?information à travers le monde. Il évoque nos chances de devenir partie intégrante de ce nouvel ordre international de l?information.

Il estime qu?il est du devoir de l?ensemble des chefs de gouvernement d?admettre l?urgence d?accorder priorité aux communications quand ils traitent de planification et de financement car le déséquilibre prévalant dans ce secteur est aussi inacceptable que les disparités économiques, sociales, culturelles, technologiques, tant sur le plan national que celui international.

Il cite, à cet effet, le Pr Sabourin qui professe que le contrôle et le transfert du savoir sont, en 1981, des sources de préoccupations majeures des Etats et l?objet d?actions de nombreuses entités publiques et privées. A côté des trois grands secteurs traditionnels (agriculture, industrie, services) l?information devient le secteur quaternaire. D?où la nécessité de la conférence informatique organisée par l?université de Maurice.

La question est de savoir comment accorder à l?information et à la communication la place qui leur revient pour qu?elles puissent se développer et demeurer au diapason de ce qui se fait de nouveau et d?avant-garde dans le monde et plus particulièrement dans les nouvelles capitales mondiales et autres hauts lieux de la révolution informatique.

Le Pr Manrakhan situe ainsi la disparité prévalant au sein de notre humanité au moment où s?enclenche cette révolution informatique. La plus grande masse humaine se débat encore au milieu d?activités agricoles, utilisant parfois des techniques culturales vieilles de plusieurs siècles. A côté de cette masse, une minorité de privilégiés profite pleinement des avantages indiscutables du développement industriel, de modes de production rationnels et sophistiqués, de la société de consommation. Seuls une poignée de pionniers et d?avant-gardistes sont au courant du potentiel pourtant inimaginables de la révolution informatique. L?on a parlé à ce sujet de troisième vague, d?ère post-industrielle. Nous nous dirigeons en fait vers une société de l?information, vers un monde où elle sera une souveraine indétrônable et nous ses humbles sujets, soumis et obéissants.

Pour la première fois dans l?histoire de l?humanité, le monde manufacturier sera dominé par des industries basées sur la science.

Le Pr Manrakhan anticipe, bien sûr, un élargissement du fossé entre pays riches et pauvres, entre riches et pauvres au sein d?une même nation. Il préconise de préparer les masses aux merveilles de la fée Information pour éviter de futures frustrations sociales. Il recommande de renverser par avance les nouvelles barrières pouvant se construire à l?avenir entre ceux qui savent et ceux qui ignorent, entre les possédant de l?information et les démunis.

Il conclut que de ce qui découlera de cette conférence universitaire, de début septembre 1981, dépendront largement le développement et l?harmonie sociale de notre société mauricienne.

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