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L?incinération des déchets envisagée
Les Réunionnais sont parmi les Français qui produisent le plus de déchets ménagers, 420 000 tonnes par an, soit deux fois plus qu?il y a dix ans. à ce rythme, les deux décharges actuelles, de la Rivière Saint-Étienne, dans le Sud, et de Sainte-Suzanne, dans l?Est, seront totalement saturées en 2008 et 2011, et peut-être même avant si la lutte contre le chikungunya et la leptospirose nécessitent une grande lessive des ravines et des jardins, et que le volume des déchets verts augmente encore. La Réunion, par son caractère insulaire, est dans une impasse, contrainte de choisir très vite son avenir.
La construction et la mise en place d?un incinérateur durent trois ans, et il faut tenir compte des risques sanitaires qui planent. Des efforts importants ont été consentis en faveur du recyclage et de la collecte sélective (poubelle jaune sèche, grise humide, verre) mais les résultats restent marginaux (4,2% de revalorisation).
En 1996, en 2002, puis en 2004 et 2005 par deux fois, le conseil général a programmé la réalisation de deux , Centre de valorisation énergétique des déchets (CVED), un dans le Nord-Est, l?autre dans le Sud-Est.
Pour l?heure les projets n?ont pas abouti. Premier montré du doigt : l?État. Le coût d?une telle installation se situe dans une fourchette allant de 150 à 230 millions d?euros. Jusqu?à ce jour, l?État à fixé sa contribution, toutes formes confondues, à 15 millions d?euros, qui viendraient s?ajouter à la part européenne estimée à 40 millions d?euros. Un cofinancement largement inférieur à ceux qui sont, habituellement, mis en place à la Réunion, de l?ordre de 50 à 80 %, de l?enveloppe budgétaire. Il faudrait donc que l?effort de l?État passe de 15 à plus de 60 millions d?euros pour que la barre des 50% soit atteinte. On en est loin.
Réduire les oppositions</B>
Les ministres concernés par le projet ?incinérateur? ont jusque là fait la sourde oreille aux appels d?un rapport sur la stratégie de l?État en région qui recommandait que la contribution passe à un minimum de 40 millions d?euros. Autre accusé la Région et son bras armé, le PCR, qui a mis en place dans le Sud une campagne anti-incinérateur basée sur la Réunion.
À ce jour, il existe un projet mis en place par la Civis, présidée par Michel Fontaine, le maire de Saint-Pierre, qui depuis trois ans travaille ardemment sur le dossier. La CIVIS, maître d?ouvrage, a étudié la mise en place d?un CVED destiné à accueillir les déchets du Sud et de l?Ouest de l?Île, et constitué un comité de pilotage qui associe deux autres entités concernées par l?incinérateur, l?une dans l?Ouest présidée par le maire de Saint-Paul, Alain Bénard et l?autre dans le Sud, dirigée par le maire du Tampon, Didier Robert. Un syndicat mixte, ayant vocation à gérer l?installation du projet et sa gestion, est né fin avril 2006. L?organisation de Didier Robert, héritier d?André Thien Ah Koon hostile au projet, n?y a pas encore adhéré.
Le site du CVED actuellement retenu se trouve à Pierrefonds, à côté de l?actuel centre de stockage des déchets ultimes. Une procédure d?acquisition des lieux a même été engagée.
François Baroin, ministre de l?Outre-mer, a donc du pain sur la planche pour réduire les oppositions, convaincre les récalcitrants, rassurer les hésitants, désamorcer la prise d?otage politique, et expliquer aux Réunionnais le fonctionnement et la réalité de l?impact d?un incinérateur sur l?environnement. Il devra aussi annoncer la mise en place des structures scientifiques et d?informations qui vont relayer la mission d?explication mise en place le 15 juin par le préfet. Mais il devra arriver en position de force... c?est-à-dire avec un chèque significatif du ministre des Finances, seul véritable signe de l?implication du gouvernement, affirmée à plusieurs reprises par le Premier ministre lors des visites qu?il a effectuées à la Réunion, dans ce projet de société qui ne fait pas l?unanimité, mais engage l?avenir de la Réunion.
<I>(Extraits : clicanoo.com)</I>
COMBUSTION
■ C?est quoi un CVED ?</B>
Le Centre de valorisation énergétique des déchets (CVED) que prévoit d?installer la CIVIS aux abords de l?actuelle décharge de la rivière Saint-Etienne ne se limite pas à un simple incinérateur où toutes les ordures ménagères sont brûlées en vrac. La solution retenue jusqu?à présent est dite multi-filière. Elle combine plusieurs méthodes pour éliminer les 232 000 tonnes de déchets prévues à l?horizon 2030 pour les régions Sud et Ouest. Les déchets seront dans un premier temps traités pour isoler la part biologique des ordures qui sera valorisée pour produire du méthane.
Le restant devant faire l?objet d?un traitement thermique dans un incinérateur. En brûlant 150 000 tonnes d?ordures, l?incinérateur produira suffisamment d?énergie électrique pour couvrir les besoins d?une ville de 45 000 habitants.
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