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L?importance de mieux connaître son corps

21 juin 2007, 00:00

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L?importance de mieux connaître son corps

Les origines mauriciennes de Dora Mamodesene remonte à son père, Georges Jean, soldat de l?armée britannique durant la deuxième guerre mondiale et posté en Egypte. Il y rencontre Naïma et quelque temps après, Dora, l?aînée des trois enfants, vient au monde dans ce pays d?Afrique du Nord.

Cette professionnelle de la santé vient à Maurice au moins une fois l?an. Elle y possède une maison. Ces derniers temps, ces visites sont passées à deux fois par an.?J?adore Maurice. J?y ai passé les sept premières années de ma vie. It?s home away from home. Je suis tiraillée entre les Etats-Unis et Maurice. Quand je suis là-bas, je pense à ici et quand je suis ici, je pense à là-bas?, dit-elle.

L?Egypte, qu?elle connaît quand même un peu pour y avoir terminé le cycle primaire, tout son cycle secondaire et sa première année d?université, ne lui manque pas : ?C?est bizarre, mais je n?ai pas d?attache avec l?Egypte.?

La famille Mamodesene émigre aux Etats-Unis en 1970 et s?installe à Washington D.C. Naïma enseigne l?arabe et Georges Jean est fonctionnaire. Dès son plus jeune âge, Dora veut être médecin, plus particulièrement gynécologue. Pour elle, c?est le domaine le plus heureux de la médecine car il s?agit de faire naître des enfants. ?Ce n?est qu?après que j?ai réalisé qu?il n?y avait pas que des moments heureux dans ce domaine?, avoue-t-elle.

Dora rejoint sa famille à Washington D.C. et réussit sa licence en biologie au Federal City College. Elle obtient l?autorisation de s?engager dans ses études de médecine au Georgetown University Hospital à Washington D.C. Elle se spécialise au John Hopkins University à Baltimore et, après une pratique au Residency and Family Practice au Georgetown University Hospital, elle exerce au Greenway Family Health Centre, un établissement privé.

Elle s?occupe des soins préventifs et du maintien de la santé. ?Les soins préventifs, c?est établir des règles pour chaque groupe d?âge car chaque groupe est à risque pour des maladies spécifiques. C?est donc établir le profil du patient en fonction de son âge, de ses antécédents familiaux et génétiques et le suivre à intervalles réguliers. Si l?état de santé du patient exige un service dont nous ne disposons pas, nous le référons à un autre spécialiste. Le maintien de la santé, c?est un suivi étroit de la maladie présentée par le patient. Cela peut être l?hypertension, le diabète, ou une autre maladie?, explique-t-elle.

Dora est à Maurice depuis plusieurs semaines. Cette fois, elle a choisi de proposer ses services à Allia Syed Hossen Gooljar, présidente du Cercle des Femmes Mourides de l?île Maurice, afin de conscientiser les Mauriciennes sur l?importance de bien connaître son corps. De concert avec le ministère de la Santé, le National Women?s Council, le Senior Citizens? Council, la Muslim Women Council et d?autres associations, elles ont élaboré une série de causeries à travers l?île.

Bien qu?elle n?ait pas eu accès au registre du cancer mauricien, Dora essaie tout de même de se documenter sur le sujet. Elle sait, par exemple, qu?à Maurice, le frottis pour détecter le cancer du col de l?utérus se pratique entre 30 et 60 ans. Elle précise : ?Je crois qu?il aurait fallu commencer bien plus tôt que 30 ans car les jeunes ont généralement une vie sexuelle active dès l?adolescence et ne sont pas monogames avant 30 ans. En effectuant ce dépistage aussi tard, on peut être en train de passer à côté du Human Papilloma Virus qui est un des facteurs de risque du cancer du col de l?utérus et qui se contracte lors de relations sexuelles. Aux Etats-Unis, nous recommandons que toute personne qui a une vie sexuelle active, indépendamment de son âge, se fasse faire un frottis annuellement. De nos jours, il y a un vaccin contre le cancer du col de l?utérus qui est recommandé aux filles de 12 à 20 ans.?

?Je crois qu?il aurait fallu commencer (le frottis) bien plus tôt que 30 ans car les jeunes ont généralement une vie sexuelle active dès l?adolescence et ne sont pas monogames avant 30 ans.?

En parlant à plusieurs Mauriciennes à l?âge de la retraite, Dora s?est rendu compte qu?elles n?ont pas vu leur gynécologue depuis leur accouchement, 30 ans plus tôt. ?Ce n?est pas normal. Il faut se faire suivre annuellement. Par rapport au cancer du col de l?utérus, aux Etats-Unis, nous disons que les patientes de 65 ans ayant eu un frottis négatif durant les trois dernières années, peuvent arrêter de se faire dépister.?

Elle conseille aux Mauriciennes de mieux connaître leur corps afin de déceler tout changement. ?Ainsi, au moindre changement, elles s?en apercevront et pourront rechercher un avis médical. Plus une maladie est détectée tôt, plus elle peut être soignée. Les Mauriciennes doivent se le rappeler?, conclut-elle.

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