Publicité
L?impact zéro
C?est à se demander si les électeurs ont lu les programmes ! D?abord, les deux camps les ont présentés huit jours avant les élections. Et, cette semaine, sur les estrades, c?est à peine si l?on en a parlé de manière intelligible.
Dans la foule, rares sont ceux qui arrivent à citer quelques mesures phares des deux programmes. C?est à peine si on balbutie un début d?explication sur les mesures fiscales proposées par l?Alliance sociale ou sur les Rs 10 000 de subvention qui seront accordées aux familles pour l?achat d?un ordinateur par un futur gouvernement MSM-MMM. Si les deux camps ont voulu retarder la présentation de leur programme, afin de saboter tout débat de fond sur eux, ils ont brillamment réussi leur coup.
Et pourtant, il y aurait eu des choses à dire. Surtout sur le volet économique des manifestes. Les deux camps y consacrent plus des deux tiers de leurs réflexions. Et confirment toute la place qu?ils accordent à la démocratisation de l?économie.
<B>Prêter le flanc à de sérieux reproches</B>
Le ton utilisé sur certaines plates formes par des dirigeants de l?Alliance sociale, il y a encore quelques semaines, avait laissé craindre une approche revancharde, consistant, par exemple, à enlever le pouvoir économique de certains pour le redonner aux autres. Mais il n?en est rien. Navin Ramgoolam et ses alliés énoncent de grandes orientations qui visent à redonner des chances égales à tous ceux qui souhaitent entreprendre à Maurice. Sans toutefois annoncer les mesures d?application concrètes.
L?alliance MSM-MMM se borne, elle, à entretenir une vision plus matérielle de cette politique. Démocratiser, pour elle, c?est d?abord permettre aux employés de devenir propriétaires et aux entrepreneurs de trouver des sources de financement pour leurs projets.
Il est vrai qu?au jeu des promesses, l?un des deux camps risque de prêter le flanc à de sérieux reproches s?il prend le pouvoir. À force d?avoir haussé les enchères et chiffré à tout va.
L?Alliance sociale a pris la peine de ne pas chiffrer précisément ses prétentions. Quand le MSM-MMM promet 10 000 emplois supplémentaires dans le tourisme, l?Alliance sociale se propose d?utiliser la révision de la politique de l?accès aérien pour augmenter le nombre des arrivées. Et quand l?alliance MSM-MMM assure qu?une fois revenue au pouvoir, le pays renouera avec des taux de croissance de 8 % du Produit intérieur brut, l?adversaire joue la prudence en affirmant seulement qu?il « est impératif d?atteindre des taux de croissance plus élevés ».
Mais ce ne sont pas les grands indicateurs macro-économiques qui intéressent le plus ceux qui écoutent les discours politiques à la télévision et qui vont aux meetings. S?il y a bien un thème qui focalisé l?attention mais aussi l?attente des électeurs, c?est bien la perte du pouvoir d?achat. Et en regardant de près les deux programmes, on comprend davantage pourquoi les deux alliances ne font pas un ramdam autour. Car aucune d?entre elles n?indique clairement comment les dépenses des ménages vont être allégées? ou devenir plus supportables si elle revient au pouvoir.
L?Alliance sociale explique que l?abolition de l?impôt sur le revenu pour ceux qui perçoivent moins de Rs 25 000 par mois vise à leur laisser davantage de revenus disponibles pour être dépensés ailleurs. Tandis que le MSM-MMM vend la « dimension sociale » du concept Duty Free Island pour dire que des prix continueront à baisser dans l?intérêt des consommateurs. Ce qui reste encore à voir !
À défaut d?avoir pu analyser davantage les programmes quand il le fallait, on pourra disséquer le bilan du prochain gouvernement dans cinq ans. Et là personne ne pourra tricher en publiant tardivement.
Publicité
Publicité
Les plus récents