Publicité
Liesse après le putsch contre le président mauritanien
Par
Partager cet article
Liesse après le putsch contre le président mauritanien
Des Mauritaniens en liesse ont fêté le renversement du président qui les gouvernait depuis 20 ans par des militaires qui ont fait connaître leur intention de rester au pouvoir deux ans tout au plus.
Plusieurs centaines de personnes sont descendues dans les rues pour saluer par moult cris et coups de klaxon le putsch contre le président Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya, survenu alors qu’il rentrait de Ryad, où il a assisté aux funérailles du roi Fahd d’Arabie saoudite. Cette liesse semble trahir la frustration générée au sein de la population par le caractère répressif, selon ses détracteurs, du règne de Taya. Les Mauritaniens attendaient de voir hier ce qu’ils doivent attendre du groupe d’officiers qui a annoncé, la veille, avoir pris le pouvoir pour mettre fin à plus de deux décennies de régime “totalitaire” sous Taya, en promettant de rester au pouvoir deux ans au maximum.
“La situation a atteint un point tel qu’un changement était nécessaire”, estime Mohamed Khouna Ould Haidalla, ancien chef d’une junte militaire, et principal rival de Taya à l’élection présidentielle de 2003. “Je suis sûr que tout changement, dans ces circonstances, sera bien accueilli par la population”, ajoute Haidalla, arrêté plusieurs fois pour avoir comploté contre Taya. Le coup d’Etat a été annoncé dans un communiqué diffusé à la radio nationale, et signé par un “Conseil militaire pour la justice et la démocratie”.
La radio a annoncé par la suite que ce conseil serait dirigé par le colonel Ely Ould Mohammad Vall. L’Union africaine et le secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, ont condamné le coup de force perpétré en Mauritanie, un pays qui espère commencer, l’an prochain, à exploiter son pétrole;
Taya, qui se trouvait dans l’avion du retour d’Arabie saoudite quand il a été informé de mouvements de troupes suspects à Nouakchott, a finalement atterri au Niger. Son parti, le PRDS, a dénoncé le coup d’Etat. On ne signale dans l’immédiat aucune effusion de sang, même si des tirs ont retenti brièvement près de la présidence, mercredi. L’aéroport international est, en outre, fermé.
<B>Ibrahima SYLLA</B>
Publicité
Publicité
Les plus récents