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L?Icac soupçonne Jhurry de trafic d?influence
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L?Icac soupçonne Jhurry de trafic d?influence
L?ancien syndicaliste Bidianand Jhurry (photo) est dans le collimateur des limiers de l?Icac pour avoir embauché six de ses proches alors qu?il était président du Sugar Industry Labour Welfare Fund (SILWF). Il se défend en soutenant que c?est le conseil d?administration qui a pris cette décision.
Or, disent les enquêteurs de l?Icac, il n?aurait pas dévoilé ses intérêts aux membres du conseil du conseil d?administration et a présidé des réunions alors que la question de l?embauche de ses proches étaient à l?agenda. Mais Bidianand Jhurry avance qu?il ne se souvient pas s?il avait présidé ces réunions.
Après avoir reçu l?aval du Directeur des poursuites publiques, dans une enquête démarrée en mai 2005, les limiers de la police, qui ont le pouvoir d?arrestation, se sont lancés à la recherche de Jhurry pour une inculpation provisoire mais ne l?ont pas trouvé, car il n?était pas chez lui. En fin d?après-midi, il a appelé le quartier général de l?Icac, pour expliquer qu?il ne peut être entendu, son avocat étant indisponible.
C?est un citoyen se présentant comme « responsible citizen of the Republic of Mauritius», qui, le 5 avril 2005, avait fait une plainte à l?Icac pour dénoncer l?embauche de proches de Bidianand Jhurry au SILWF. Ses trois fils, Katick, Chandan et Devanand avaient obtenu les postes de Community Welfare Assistant ou motivator au SILWF. Les trois autres proches concernées sont sa belle-fille, sa nièce, et l?épouse de son chauffeur. Après les élections de 2005, les 140 personnes embauchées avaient été remerciées.
C?est du reste concernant les embauches de ses fils qu?il devrait être interpellé la semaine prochaine selon les termes de l?article 13 de la Prevention of Corruption Act qui stipule que « where a public official or a relation or associate of his, has a personal interest in a decision, which a public body is to take, that public official shall not vote or take part in any proceedings of that public body relating to that decision». L?article 10 du SILWF Act (1974) va dans le même sens.
La sanction infligée pour un tel délit est une peine d?emprisonnement ne dépassant pas dix ans. Dans ce cas, le fait qu?il n?ait pas informé les membres du conseil d?administration de ce conflit d?intérêts constitue un délit.
?Droit au silence?
Or, Bidianand Jhurry, selon les procès-verbaux, a présidé les réunions du conseil d?administration portant sur la question d?embauche de ses proches. Selon les dépositions du secrétaire du board et des membres du board, il leur aurait forcé la main. Ce qu?il récuse vivement : « Comment j?aurais pu influencer la décision de tous ces représentants des différents ministères! Je n?avais pas ce pouvoir-là. C?est faux.»
Le ministère de la Sécurité sociale de Sam Lauthan, dans une lettre en avril, avait refusé de donner son aval après avoir vu que la liste comportait des candidats portant le même nom que le président. Il avait exigé d?autres renseignements. Devant ce refus, le SILWF, a dû, en pas moins de quatre occasions, discuter de la question de l?embauche au sein de son conseil d?administration. Le ministre Lauthan était toutefois revenu sur sa décision.
Jhurry et son homme de loi, Me Ahmad Jeewah, se rendront au quartier général de l?Icac, mardi. « Je n?ai rien à me reprocher et je suis à la disposition des enquêteurs», dit Bidianand Jhurry, qui affirme en outre avoir répondu au questionnaire que les enquêteurs lui ont soumis la semaine dernière. Mais dans les milieux proches de l?Icac, l?on affirme qu?il avait fait valoir son droit au silence.
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