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L?ICAC enquête sur des facilités offertes à un ministre par un hôtel

4 juillet 2008, 00:00

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Un ministre se retrouve au centre d?une enquête de l?Independent Commission against Corruption (ICAC). L?affaire porte sur un séjour dans un établissement hôtelier et des largesses qui lui auraient été accordées.

L?enquête fait suite à une dénonciation anonyme à la commission anticorruption. Selon les éléments disponibles, le ministre en question aurait réservé pour une seule personne, mais durant son séjour, il aurait reçu la visite d?une jeune femme. Celle-ci aurait séjourné dans l?établissement et passé la nuit en compagnie du ministre. Avant de s?en aller, elle n?aurait pas eu à régler de note car, à en croire le dénonciateur, aucune note ne lui aurait été présentée.

Sollicités par les limiers de l?ICAC, les responsables de l?établissement ont répondu que cela faisait partie des facilités offertes avec les compliments de l?hôtel. Une stratégie marketing pour retenir la clientèle, disent-ils. Et d?ajouter que le fait d?accueillir des personnalités politiques vise à promouvoir l?image de l?hôtel et que, en retour, ces personnes obtiennent des packages.

Ce n?est pas la première fois que des allégations de ce genre sont formulées contre des parlementaires à la commission anticorruption. Deux autres cas nous ont été signalés. Un autre ministre de l?actuel régime a fait l?objet de dénonciations anonymes l?année dernière. On leur reprochait, à lui et à son épouse, d?avoir obtenu des avantages sur les notes de l?hôtel, dont des rabais et autres «tarifs promotionnels».

Un député de l?opposition qui fut également ministre avait aussi bénéficié de privilèges auprès d?un établissement hôtelier où il avait séjourné.

Plats avariés et chantage</B>

Toutefois, au terme d?une première analyse du dossier, les enquêteurs estiment que les faits allégués dans ces trois cas pourraient ne pas constituer un délit sous le Prevention of Corruption Act. Il semble, en effet, que les agissements de ces hommes politiques relèvent davantage de l?éthique.

«La loi-cadre portant sur le délit de corruption par un fonctionnaire fait état de délit uniquement lorsque celui-ci accepte des gratifications dans l?exercice de ses fonctions. C?est-à-dire qu?il reçoit une forme de gratification en vue d?entreprendre ou de ne pas entreprendre tout acte dans l?exercice de ses fonctions. Le simple fait d?accepter un présent ou des gratifications ne peut ainsi rendre le fonctionnaire coupable de délit de corruption», avancent les sources proches de l?enquête.

Référence est faite ici à l?affaire ayant valu trois mois de prison à l?ancien chef du Central Criminal Investigation Department, Oozagheer Sunneecharra. Ce dernier avait été jugé coupable d?avoir séjourné gratuitement, avec ses proches, à l?hôtel Oberoi. Cela alors que cette unité de police enquêtait à l?époque sur des allégations concernant des plats avariés servis aux clients de l?hôtel, qui auraient donné lieu à des chantages exercés sur la direction de l?établissement.

Peut-être faudrait-il l?introduction d?un code de conduite pour les parlementaires, à l?instar de la Grande-Bretagne, suggèrent nos sources. «Le code de conduite des parlementaires britanniques impose à ces personnes le devoir de déclarer tout cadeau excédant une certaine valeur.» Et d?ajouter qu?il était question, à un moment, d?élaborer un code de conduite pour les parlementaires mauriciens. Cette démarche n?a, semble-t-il, pas abouti.

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