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L?Icac cravache Joorawon sur le déroulement des courses
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L?Icac cravache Joorawon sur le déroulement des courses
Délaissant cravache, casaque, toque et l?habituel winner?s enclosure, Rye Joorawon a entamé, hier, sa semaine dans le box des enquêteurs de la commission anti-corruption. En présence de son avocat, Me Ashley Hurhangee, il a été interrogé pendant une heure.
L?interrogatoire du jockey-champion mauricien se déroule dans le cadre de l?enquête de l?Independent Commission against Corruption (Icac) sur les allégations de courses truquées au Champ-de-Mars. Une investigation, démarrant le 3 juin avec l?interpellation du jockey australien de l?écurie Gujadhur, Jason Taylor, qui a entraîné une valse de cavaliers au siège de la commission.
Les questions de l?Icac auraient porté uniquement sur le déroulement des courses, précise-t-on dans les milieux de l?enquête. Rye Joorawon aurait expliqué aux limiers les différentes étapes avant le départ d?une épreuve, c?est-à- dire ce qui se passe dans le jockeys? room, les instructions de l?entraîneur et ce qui se déroule, en général, dans le paddock avant la sortie des chevaux sur la piste.
Dès mercredi dernier, l?Icac avait interpellé Rye Joorawon dans le sillage de cette enquête. Cependant, ses hommes de loi, Mes Ashley Hurhangee, Joy Beeharry et Sunil Posooa avaient contesté certaines questions des limiers de la commission, arguant qu?elle outrepasse ses attributions.
D?ailleurs Rye Joorawon a été arrêté la semaine dernière, à la suite d?accusations du jockey français Gilles Lemius portant sur sa monte dans la 3e course de la 6e journée. Pilotant le cheval Accelerate, il gagne la course de bout en bout. Cette épreuve aurait été truquée en faveur du vainqueur sous les directives alléguées de Chandrekantsing Ramdour, un propriétaire de chevaux, a affirmé le Français à la Brigade des jeux, premiers enquêteurs sur ce coup.
Dans la journée, Rye Joorawon a été précédé par un autre jockey local au siège de l?Icac. Vinay Naiko s?y est rendu, seul, pour des formalités administratives donnant le feu vert à la commission pour accéder à ses comptes bancaires. Au siège de l?Icac mardi dernier, le jockey a été appelé à s?expliquer sur les ?magouilles? alléguées dans le monde hippique.
Les ?mission men? appelés à témoigner
Autres acteurs du monde hippique dans le collimateur de l?Icac : les intermédiaires (mission men). Ils seraient incontournables dans cet univers. Réputés pour leur proximité avec les gros parieurs, propriétaires de chevaux et écuries, ils se substituent à ces derniers pour miser auprès des bookmakers. ?Pour chaque journée, je remets de l?argent au planton pour miser sur des coursiers de mon choix. Il devient mon intermédiaire. Contrairement au planton, le mission man perçoit une commission?, résume-t-on dans ces milieux. Il s?avère que leur interrogatoire permettra de reconstituer une partie du puzzle, celle de la commande des fonds chez les bookmakers.
Cette enquête est en parallèle et distincte de celle que mène la Brigade des Jeux. Sous la houlette du chef inspecteur Daniel Monvoisin, la Brigade en a déjà bouclé une partie essentielle. Elle porte sur les vérifications des comptes bancaires du jockey Rye Joorawon et de Chandrekantsing Ramdour.
L?enquête de la Brigade, dont le point culminant a été l?arrestation de Gilles Lemius et Rye Joorawon, avait démarré le mardi 31 mai. Alors que l?interpellation du jockey français n?est intervenue que le lundi 6 juin, la Brigade avait déjà plusieurs cavaliers en ligne de mire.
D?ailleurs, dès le vendredi 3 juin, dûment munis d?un mandat de perquisition, les éléments de la Brigade des jeux ont voulu fouiller la résidence de l?Australien Brent Stanley, jockey de l?écurie Serge Henry. Etant donné qu?il ne s?est pas présenté, la mission avait avorté.
Le Horse Racing Board (HRB) , dont l?objectif est d??uvrer pour le bien-être des turfistes, a, de son côté, exigé les transcriptions des enquêtes sur les montes du jockey australien de l?écurie Gujadhur, Jason Taylor. L?instance s?abstient de commenter la présente situation. ?Une fois que les enquêtes seront bouclées, nous étudierons le dossier avant de faire des propositions?, a fait ressortir le directeur du HRB, Clive Auffray.
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