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L?Icac continue à faire des vagues
La bourrasque qui s?était abattue sur l?Independent Commission against Corruption (Icac) met du temps à s?estomper. Alors que l?Icac feint d?avoir été piégée par la présence de journalistes à la réunion avec les dignitaires religieux, les politiques rejettent cette thèse et réclament moins de bla-bla de la part de cette institution.
Le comportement de l?Icac a d?ailleurs été largement commenté lors de la réunion hebdomadaire, jeudi, à Clarisse House. Le gouvernement était représenté par Paul Bérenger, le Premier ministre suppléant. Le point de vue du commissaire Navin Beekarry a ensuite été sollicité.
Le leader du Mouvement militant mauricien n?avait pas mâché ses mots à la lecture du communiqué émis le 22 août par l?Icac et dans lequel la commission avait menacé de sévir contre ceux qui interpréteraient mal les pouvoirs qui lui sont conférés par la loi.
En effet, après ces commentaires pour le moins acerbes, la direction de l?Icac a eu cette fois à s?expliquer sur certaines parties du discours prononcé mardi par Navin Beekarry lors de la rencontre avec les chefs religieux.
Certains au gouvernement auraient interprété des propos tenus par le commissaire comme une réplique à des politiciens. Ils se réfèrent surtout à son allusion à « quantité dimounes pé pile lors moi » ou encore au « comité parlementaire péna droit mette néné dans zaffaire l?enquête ». Or, le gouvernement ainsi que l?opposition souhaitent davantage de discrétion de la part des responsables de l?Icac.
Selon l?explication fournie aux autorités, Navin Beekarry se serait « fait piéger par la cellule éducation et ne s?attendait pas à la présence de journalistes à la réunion avec les chefs religieux ». Son discours n?était pas destiné au grand public, laisse entendre un proche de la commission.
« Éviter de prêter le flanc »
Cette explication est cependant repoussée par les milieux politiques. Un député de l?opposition, membre du comité parlementaire, rétorque que Navin Beekarry ne peut pas faire croire qu?il ne savait pas que la presse était invitée. « La rencontre avait été annoncée dans les journaux. Il a intérêt à cesser de mettre le blâme sur les autres. Au lieu de faire des discours à relent politique, il gagnerait à respecter les dispositions de la loi. Il devrait aussi cesser d?antagoniser tout le monde par son refus de fournir certains renseignements au comité parlementaire. Il devrait surtout éviter de prêter le flanc et de se mettre en évidence, car son comportement risque d?être mal interprété. »
Un ministre, qui partage l?essentiel de ces commentaires, ajoute que l?Icac devrait se garder de se retrouver sur des estrades socioculturelles pour éviter qu?une telle présence ne soit perçue comme un trafic d?influence. « Ce n?est pas au commissaire d?être au premier plan de sa campagne d?éducation. Il a bien du personnel pour ça. »
L?impression qui se dégage dans l?entourage de Clarisse House après tout ce remue-ménage, c?est que « les pouvoirs de l?Icac ne seront nullement modifiés après la passation des pouvoirs prévue pour le 30 septembre ».
Les remous ont également été commentés par le leader de l?opposition lors de la réunion de mercredi au quartier général du Parti travailliste. « Le leader s?est déclaré satisfait de la dernière réunion de l?Appointments Committee et de l?esprit de dialogue qui a régné », confie un membre influent de l?opposition.
L?opposition estime cependant que tout le monde a intérêt à ne pas créer de difficultés à cette institution. « Il y a beaucoup de leçons à tirer de ce qui s?est passé durant ces six derniers mois et il est bon signe que l?Icac semble vouloir se remettre en question », conclut ce parlementaire.
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