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Libérer la Terre
SIR SATCAM BOOLELL, qui fut pendant 15 ans ministre de l?Agriculture, déclarait, dans une récente interview à l?express, que, face aux menaces sur le sucre à l?échelon international, notre production risquait de devoir être ramenée à seulement 300 000 ou 400 000 tonnes. Selon lui, cette production se ferait «de manière mécaniséeet juste assez pour pouvoir honorer quelques marchés garantis». Sir Satcam ouvre là un très vaste débat, fondamental peut-être pour l?avenir de ce pays.
La production sucrière moyenne de la dernière décennie s?étant chiffrée à environ 575 000 tonnes, la proposition de Sir Satcam Boolell, si elle était mise en application, voudrait dire que Maurice devrait alors envisager une réduction de production qui pourrait atteindre 50 % dans le scénario le plus pessimiste. Une telle situation aurait immanquablement d?importantes répercussions. Tout le paysage socio-économique de Maurice pourrait s?en trouver très largement transformé. Tout le mindset traditionnel par rapport àl?utilisation des terres dans l?île changerait.
Doit-on craindre cette prévision de Sir Satcam ? Essayons d?y répondre, de cerner l?implication et les conséquences que ces changements occasionneraient.
40 % de réduction du prix du sucre
Les nouvelles, sir Satcam a raison, ne sont guère brillantes. Le prix obtenu du sucre va baisser de 15 % au moins d?ici 2010, et peut être de 40 % entre 2010 et 2015. Maurice doit déjà se préparer à s?ajuster à cette situation de chute inévitable. Qu?est-ce que cela impliquera pour le pays ?
Gardons d?abord un fait à l?esprit et enseignons-le, à la moindre occasion, à nos enfants : Nobody owes us a living. Nous avons jusqu?ici su tirer profit au maximum des marchés préférentiels. Mais les règles du jeu changent rapidement. Nous faisons déjà nos premiers pas dans un monde cruel, sans pitié : le monde de la compétitivité. Il faut impérativement apprendre à survivre dans ce monde où il n?y aura désormais qu?une seule règle du jeu. Une règle qui s?appelle International Cost Competitiveness.
Être compétitif
L?International Cost Competitiveness nous dicte aujourd?hui de changer de direction : il nous faut réduire drastiquement nos coûts de production et augmenter notre productivité.
En d?autres mots, il nous faudra demain produire «moins» et «mieux», plutôt que «plus» et «à n?importe quel prix», comme cela à été le cas dans le passé. Il nous faudra aussi produire plus mais avec moins d?usines, moins de terres, moins d?employés et moins de dépenses. Si cela n?est pas fait, nous n?avons pas d?avenir agricole.
Ces décisions s?imposaient depuis des années déjà mais elles ont toujours été repoussées, par manque de conviction et d?esprit de décision. Or, on le voit, la réalité économique finit toujours par rattraper ceux qui la fuient. Non seulement nous avons trop tardé hier à prendre la bonne direction (qui était de réduire la surface sous culture de cannes), mais nous avons choisi, il y a quelques années, d?aller dans une direction diamétralement opposée. Au lieu de réduire cette surface, nous l?avons, en fait, augmentée.
Attention aux mauvais signaux
La décision prise il y a une dizaine d?années d?augmenter la superficie sous culture pour satisfaire le quota additionnel du Portugal sous le Special Preferential Sugar (SPS) a pu paraître commercialement acceptable dans le temps (le prix obtenu étant supérieur au coût de production), mais elle se révèle aujourd?hui n?avoir pas été un bon choix stratégique à long terme. Les signaux de l?Organisation mondiale du commerce (OMC) étaient, en effet, déjà là. Les jours des marchés préférentiels étaient déjà comptés. Avec un étonnant manque d?objectivité, l?establishment d?alors ? aussi bien privé que public - n?a considéré que le besoin d?obtenir ce quota additionnel à n?importe quel prix.
La décision d?augmenter la superficie sous culture, en 1995, vue rétrospectivement, fut non seulement un mauvais signal pour le secteur sucre (où le Volontary Retirement Scheme et la réforme prirent du retard) et pour les autres secteurs de l?économie, mais aussi et surtout au niveau social, une grande occasion gâchée : celle de mettre en route, il y a des années déjà, le nécessaire unlocking de la terre à Maurice.
« Unlocking Land »
Libérer des terres à d?autres fins que l?agriculture est un des plus grands impératifs de notre époque et de l?île Maurice moderne. C?est la décision la plus courageuse que tout gouvernement ait à prendre aujourd?hui. Pour continuer son développement, pour se donner les moyens de ses ambitions futures et pour rééquilibrer le social, il est essentiel de repenser la stratégie d?utilisation des terres, de mieux diffuser la propriété de la terre et de faciliter demain l?accès à la terre aux générations futures.
Unlocking Land doit, dans cette perspective, devenir une urgence nationale. Mais il faut s?y prendre avec intelligence, bon sens et modération, de manière planifiée, dans le bon état d?esprit et non de manière chaotique.
Unlocking Land est un vaste processus. Mais où commencer ?
Une première réponse est évidente. Il faut commencer par faire ce qu?on aurait dû avoir fait depuis une dizaine d?années déjà : abandonner la culture de la canne sur les terres marginales. Une décision dans ce sens libérerait déjà de vastes superficies à d?autres usages socio-économiques.
Réduire la superficie sous cannes
Si Sir Satcam Boolell a raison ? et tout semble indiquer que c?est le cas ? il faudrait alors réduire la superficie sous culture de cannes d?au moins 50 000 arpents ? et peut être même, à terme, de 90 000 arpents (sur les 180 000 arpents aujourd?hui cultivés). Cette réduction, qui se ferait plus ou moins sur une longue période et progressivement, ne doit pas effrayer les Mauriciens. Au contraire. Il s?agirait là d?une démarche doublement salutaire: l?industrie sucrière serait rendue plus profitable et plus compétitive; des milliers d?arpents seraient libérés à d?autres fins socialement plus utiles, améliorant la qualité de vie d?un grand nombre de Mauriciens et à des fins économiquement plus importantes, stimulant les perspectives d?emploi ? emplois que les Mauriciens recherchent aujourd?hui.
« Unlocking Land » égale démocratisation
Les terres ainsi «libérées» provoqueraient une démocratisation rapide et réelle du land ownership à Maurice, et entraînerait un développement social plus équilibré. C?est bien là, selon moi, que se situe le grand débat de ce début de siècle. Pourquoi et comment unlock land? Abordons ce débat avec sérénité, sans passion excessive.
«Buy Land My Friend?»
Pourquoi démocratiser? La propriété de la terre est au c?ur même du psychisme mauricien. Le Mauricien aime la terre. Il a pour elle une attirance extraordinaire. Et il veut que tous ses enfants possèdent demain un petit bout de cette terre mauricienne, censée nous appartenir tous. En cela, au-delà de l?émotion, les Mauriciens n?ont d?ailleurs pas tort. L?écrivain Mark Twain recommandait, il y a plus d?un siècle déjà, à un jeune d?acheter de la terre en ces termes particulièrement percutants : «Buy land my friend. Because they are not making any more of it ». Quoi de plus sage ? Depuis Mark Twain, le prix de la terre n?a pas, en effet, cessé d?augmenter et il continuera à augmenter à long terme.
Ne pas se tromper de bataille
Aborder le débat de la démocratisation du land ownership, c?est d?abord le vider de sa charge émotionnelle et accepter cette réalité. Autrefois, au temps du développement économique primaire (l?agriculture), la terre était le principal générateur de richesse. Sans terres, pas d?emplois. Pour être rentable, la terre requerrait de grandes étendues exploitables. Ce temps est passé. Par la suite, avec le développement industriel, il a fallu de moins en moins de terre pour implanter des usines et créer de la richesse et de l?emploi. Aujourd?hui, à l?ère de l?Internet et de la globalisation de l?économie, il ne faut pratiquement plus de terre pour créer de la richesse et de la valeur ajoutée. Nous vivons presque dans un monde virtuel. Bill Gates, l?homme le plus riche du monde, a commencé ses opérations dans un garage, aime-t-on dire. Aujourd?hui, assis devant la mer à Grand Baie ou ailleurs, son laptop sur les jambes, un professionnel peut créer de la richesse n?importe où dans le monde. L?île Maurice doit, en repensant l?usage fait de ses terres, rattraper le monde. Nous avons vu le pourquoi. Voyons le comment. Il faut, sur ce plan, ne pas se tromper de bataille.
Extrêmistes radicaux contre ultra-conservateurs
Méfions-nous autant des extrémistes radicaux que des ultra-conservateurs :
(i) Quelques esprits chagrins suggèrent, ça et là, que Maurice suive l?exemple du Zimbabwe. Non seulement c?est totalement irresponsable mais cela n?arrivera pas. Ceux qui le préconisent en espérant peut-être bénéficier de quelque chose dans l?affaire ne réalisent même pas que si, dans le monde, il y a et il y aura toujours des gens plus riches qu?eux, il y en a d?autres qui possèdent encore moins qu?eux et qui sont toujours tout prêts à prendre ce que possèdent les autres. Au Zimbabwe, on a commencé par prendre les fermes des blancs, mais comme l?appétit vient en mangeant, on a ensuite commencé à s?attaquer aux immeubles commerciaux de Harare appartenant aux Asians, comme hier au Kenya et en Ouganda. Avec, au bout du compte, la ruine pour tous. Moralité : Never start something you cannot stop!
(ii) D?autres, les ultra-conservateurs qui ne veulent absolument rien lâcher de leurs terres, s?abritent derrière l?argument selon lequel Maurice est «un pays de droit» où la propriéte privée est «un droit immuable». A les entendre, rien ne peut ni ne doit changer pour ce qui est de la propriété de la terre. Ce n?est pas là, non plus, une position raisonnable. L?Histoire est remplie de «pays de droit» qui ont connu des révolutions et où le «droit à la propriété privée» a été la toute première victime. L?île Maurice n?est certes pas au bord d?une révolution mais ne nous voilons pas la face : le pays vit mal cette concentration de la propriété foncière. Et les générations futures la vivront de plus en plus mal.
Il faut aujourd?hui saisir l?occasion ? ou la créer ? d?un rethinking. Constatons d?abord que la situation commence déjà à changer sous certains rapports et que des opportunités nouvelles se présentent.
Deadlock !
Jusqu?ici, beaucoup de terres étaient entre les mains d?un petit nombre d?établissements sucriers et beaucoup étaient sous canne. Les établissements sucriers gardaient jalousement leurs terres sous culture et les autorités gouvernementales ne délivraient qu?au compte-gouttes des permis pour l?utilisation alternative des terres. Si les établissements sucriers ne libéraient pas leurs terres, le développement social ne pouvait s?effectuer et si le gouvernement ne donnait pas de permis pour la conversion des terres, il n?y avait pas non plus de développement économique. C?était le deadlock absolu. On commence aujourd?hui à passer d?une situation de deadlock à une de unlocking, avec à terme la perspective d?une « win-win situation».
La réforme dans l?industrie sucrière et le deal Illovo ont permis que les choses commencent à bouger : plus de 20 000 arpents de terre seront ainsi «libérés» d?ici un an ou deux pour d?autres usages. Les accords VRS ont permis à 8 000 travailleurs d?accéder à la propriété de terrains résidentiels qu?ils utiliseront soit pour construire soit pour leurs enfants.
Les retombées du deal Illovo
D?autre part, les retombées du deal Illovo ont déjà eu d?importantes répercussions sur le land ownership.
- L?accord a d?abord fait passer sous contrôle local
20 000 arpents de terre mauricienne qui appartenaient à des étrangers depuis des décennies. Quel patriote pourrait s?y opposer?
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L?Etat possède désormais à peu de frais 3 000 arpents de terre au centre de l?île à Highlands. S?il ne gaspille pas cette terre de grande valeur, il pourra ébaucher de formidables projets. Le gouvernement a su ne pas rater une chance unique.
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Par ailleurs, 7 000 arpents de terres ex-Illovo (soit le tiers) sont aujourd?hui la propriété du Sugar Investment Trust (SIT), qui regroupe 20 000 travailleurs/actionnaires. Déjà, le SIT a commencé un vaste programme de morcellements de terres agricoles et à usage résidentiel. Des milliers de Mauriciens de condition modeste deviendront peu à peu propriétaires grâce au deal Illovo. Il n?y a qu?à voir l?engouement à Sodnac pour les nouveaux morcellements pour s?en convaincre. Donc, 50 % des terres d?Illovo (10 000 des 20 000 arpents) sont revenus soit au gouvernement soit au SIT et, à travers eux, à de nouveaux petits propriétaires, en temps record.
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Sans doute les propriétés sucrières ont-elles retenu les autres 50%. Ce sont les terres les plus productives certes, mais le International Cost Competitiveness le dicte. Le deal Illovo est arrivé à un moment très opportun pour l?industrie sucrière. Il a permis aux sucreries du sud de combler leur retard sur la centralisation et la régionalisation, éléments importants pour la compétitivité de l?industrie.
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Enfin, les bénéfices sociaux sont far reaching.
Une nouvelle stratégie
A partir de tout cela, où allons-nous ? Que reste-t-il à faire ? Quelle forme donner à cette stratégie de conversion? Il faut continuer à modifier le mindset, autant au niveau de l?industrie sucrière qu?à celui du gouvernement.
Nous avons aujourd?hui l?occasion exceptionnelle de dégager, dans la situation présente, non pas de simples accommodements techniques secteur privé/gouvernement mais les conditions d?un nouveau et véritable pacte économique et social qui pourrait transformer encore plus l?île Maurice.
L?industrie sucrière : une politique de main tendue
Le secteur privé ne doit pas hésiter à jouer à fond le jeu social. Il en retirera non seulement une satisfaction du fait d?avoir fait ce qu?il fallait, mais également un partenariat agissant et productif avec le gouvernement.
Pour l?industrie sucrière, les choses ont sensiblement changé avec les nouvelles politiques gouvernementales de la centralisation, du VRS et de la réforme récemment enclenchée. Autrefois paralysée et sur-réglementée, l?industrie sucrière aujourd?hui respire mieux. Le deadlock a sauté. Il n?est plus nécessaire désormais, pour assurer sa survie, de couvrir de cannes chaque pouce carré de terre, chaque coin de rivière, chaque pente de montagne. L?industrie est passée d?une situation de contrainte, obligée qu?elle était d?absorber les coûts fixes dont elle ne pouvait s?échapper par la quantité, à de nouvelles opportunités. Les trade-offs sont passés dans la réalité. On a créé aujourd?hui, au moyen de la centralisation, du Sugar Industry Efficiency Act, du VRS et de la réforme les conditions économiques pour libérer davantage la terre et le mécanisme de partage, qui, hier, faisait défaut.
Il ne faut plus tergiverser. Il faut agir vite et résolument. L?industrie sucrière peut se permettre de négocier l?abandon des terres marginales, de se débarrasser de notions désuètes du type «ma cheminée», de prendre des positions sociales d?avant-garde, en proposant au gouvernement et au pays un nouveau pacte, par lequel elle démontrerait son engagement à faire avancer socialement la nation.
L?industrie sucrière n?échappera d?ailleurs pas à la contrainte d?avoir à libérer elle-même de plus en plus de terres. Son lourd endettement actuel, le mismatch entre l?offre en excès et la demande de terres résidentielles, fera qu?elle sera condamnée à vendre de plus en plus de terres agricoles pour équilibrer ses comptes.
Il y a déjà, de ce fait, assurance de démocratisation de plus en plus poussée de la propriété terrienne. Le secteur privé doit pousser, sans hésiter, dans cette direction et faire exploser, une fois pour toutes, le mythe des «14 familles possédant 55% des terres à Maurice».
Le gouvernement : les moyens de ses ambitions
Le gouvernement, pour sa part, a aujourd?hui devant lui, de fantastiques opportunités, avec la municipalisation du pays l?année prochaine. Les nouvelles municipalités rurales auront besoin d?importantes infrastructures, des aménités sociales accrues. Il faudra faire « respirer » les villages, villes de demain, les désenclaver. Pour cela, il faut des terres. Là encore, le secteur privé peut faire le premier pas, démontrer son engagement social envers les localités proches des grands établissements sucriers.
Dans un geste d?ouverture, l?industrie sucrière peut prendre l?initiative d?offrir des terres à l?Etat pour usage communautaire, pour construire des marchés, des centres sociaux, des stades, des Medi-clinics, des Traffic Centres, d?autres aménités proches des futures villes.
On peut, parallèlement, imaginer des Social and Economic Development Funds. Soit on se sert du mécanisme de 2:1 et 3:1 (deux ou trois arpents de permis pour chaque arpent donné en cadeau au gouvernement) soit on va plus loin ? l?industrie sucrière crée un Social and Economic Development Fund avec un apport de terre, le gouvernement, lui, fera un apport équivalent en argent. Le Social and Economic Development Fund aura pour mission d?accélérer la municipalisation des conseils de district afin d?améliorer la qualité de la vie des villageois. Les propriétés n?ont rien à y perdre, beaucoup à y gagner; les terres restantes aux alentours prendront de la valeur.
L?Etat, enfin, disposera dans les prochaines années, de terres en surnombre. Il lui sera possible de reloger tous les squatters, de proposer un petit lopin de terre à tous les very low income groups, d?améliorer la qualité de la vie partout où cela sera possible.
Des terres pour les nouveaux piliers de l?économie
L?Internet va changer radicalement la redistribution géographique du travail dans le monde. Des millions de professionnels n?auront plus besoin d?être physiquement sur un lieu précis, dans une ville précise ou dans un pays précis pour travailler. Ils pourront décider de leur lieu de travail, ils pourront choisir le pays où ils voudront habiter et travailler. Singapour s?est fixé pour but d?attirer le maximum d?expertise étrangère dans tous les domaines. Elle s?y prend maintenant en investissant massivement (des milliards de dollars) dans l?infrastructure, afin d?attirer les meilleurs mondiaux de la finance, de l?éducation, de la santé, de la recherche, de la bio-technologie ou de l?informatique.
Maurice n?a pas les moyens financiers de Singapour pour attirer des talents étrangers mais elle a ce que Singapour n?a pas : la gentillesse de son peuple, la beauté naturelle du pays. Qu?on sache préserver cette beauté naturelle du pays lors du Unlocking Process de la terre. Car elle est la base même des nouveaux piliers de notre économie, la knowledge & hospitality economy. Nous pourrons alors rivaliser avec Singapour. Nous l?avons déjà fait dans le cas d?Infosys, le géant indien, qui a choisi de délocaliser sur Maurice son Disaster Recovery Centre. Le fait d?avoir obtenu un terrain à Albion y a été pour quelque chose dans le choix final de Infosys.
Le gouvernement et l?industrie sucrière ne doivent pas hésiter quant à l?allocation des terres pour le développement de ces nouveaux piliers de l?économie : cybercité, Business Parks, Science Parks, Regional Headquarters, universités résidentielles, IRS, nouvelle génération de développement touristique, etc. Ces nouveaux piliers de l?économie nous assureront la croissance de l?économie, un nivellement par le haut de nos systèmes de santé, d?éducation et de la qualité de l?emploi dans les domaines où les jeunes veulent travailler. Il y aura aussi des emplois pour ceux que notre système éducatif rejette.
Assez pour tous...
Il faut nous convaincre d?une chose : il y a suffisamment de terre pour tout le monde à Maurice, suffisamment pour assurer l?harmonie sociale, le bonheur, la croissance économique, la création d?emplois recherchés. Bref, pour une meilleure qualité de vie pour tous. Ce qu?il faut, c?est un peu de bonne volonté, un peu de générosité et un peu de vision de la part de tout un chacun. Cela assuré, le reste suivra.
Bernard Mayer
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