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L?hélicoptère Alouette s?écrase à Salazie

30 mars 2006, 00:00

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Par un sale hasard, le seul hélicoptère de notre force policière et de l?Etat mauricien, avec le « Chetak » indien, un Alouette III, s?écrase à la fin de mars 1981, dans un champ de goyaves de Chine, à Salazie. A bord se trouvent le commandant Raj Dayal et le ?rescuer? Tulsidas Prayag. L?appareil subit des dommages importants. Fort heureusement, ses deux passagers s?en sortent avec de légères contusions. L?accident a lieu à 10h20 et l?express arrive sur les lieux de l?atterrissage en catastrophe, 40 minutes après, précédé de peu par le commissaire de police, M. Rajarai, des hauts gradés, des sapeurs-pompiers, prêts à toute éventualité.

M. Sookdeo Goordyal, un fonctionnaire, attaché à un bureau du ministère des Coopératives, situé à un kilomètre du lieu de l?accident, en est un témoin oculaire privilégié. Il est alerté par le bruit que fait l?appareil. Il prend sa voiture pour se rendre sur les lieux et aperçoit l?officier Prayag et le conduit à l?hôpital du Nord avant de prévenir la police. Un autre automobiliste secourt de même le commandant Dayal qui est également hospitalisé mais à Montagne-Longue.

Avertie, la police prévient à son tour nos services de sapeurs-pompiers. Ils dépêchent sur les lieux quatre camion-citernes de Centre de Flacq et de Piton. Fort heureusement, les responsables des escouades ainsi dépêchées estiment assez vite que les risques d?explosion et d?embrasement diminuent au fil des minutes. Ils prennent toutefois la précaution de conserver sur place une réserve d?eau de mille gallons et de décréter un rayon de 125 yards, ?zone non-fumeurs?.

L?Alouette III quitte les casernes centrales, ce jour-là, vers 9 heures, pour procéder à un lâcher de mouches stériles, faisant partie de la campagne d?éradication de la mouche des fruits. A 10h15, l?hélicoptère se trouve à Saint-Julien où il prend livraison de 40 cages remplies de mouches stériles, fournies par le ministère de l?Agriculture. L?Alouette reprend de la hauteur mais le commandant Dayal se rend compte que quelque chose ne tourne pas rond. Une explosion des plus suspectes l?incite à ?se poser en catastrophe? avec les résultats que l?on sait.

Un autre témoin, M. Doomun, pense avoir vu un passager sautant hors de l?appareil. Le Commandant Dayal dément toute chute et pense plutôt à une porte de l?appareil qui se serait détachée en plein vol.

Le ministère de l?Agriculture ne perd pas ses droits dans l?affaire et récupère ses boîtes de mouches stériles, ayant très bien résisté au choc de l?atterrissage forcé.

A partir de midi, une foule considérable se presse pour avoir des nouvelles et pour voir l?hélicoptère accidenté. La police tient les badauds à une distance de 50 mètres. Les photographes de la police et de la presse s?activent pour prendre des vues de l?appareil sous tous les angles, les unes plus significatives que les autres. L?aviation civile procède aux premières inspections mécaniques.

Le ?rescuer ? Prayag, encore sous le choc, ne se souvient pas s?il a sauté ou pas. L?hélicoptère vole à une altitude de 300 pieds quand commencent les ennuis de moteur. La police attend la venue d?un expert français qui pourrait fournir les raisons des ennuis mécaniques ayant entraîné cet atterrissage forcé. Il est attendu de la Réunion. C?est la seconde fois que l?Alouette doit atterrir en catastrophe. Avant l?accident de Salazie, il y a eu, en 1981, un atterrissage d?urgence au Morne. Un avion de la Qantas s?est aussi écrasé à Plaisance, en 1960, peu après son décollage. L?avion privé de Claude Lagesse et de Jason Espitalier-Noël, s?est aussi écrasé à l?île d?Ambre, en 1976. Depuis, il y a eu, beaucoup plus grave, le crash d?un avion de la SAA, au large de l?île Ronde en novembre 1987.

L?endroit où a lieu l?accident est connu comme Campbelle-Salazie. Il se trouve à environ 5 km du réservoir de La Nicolière. L?Alouette III est un don du gouvernement français. Les autorités mauriciennes en prennent livraison en 1974.

Passées les premières émotions, les autorités policières sont d?avis qu?il n?est pas normal qu?un hélicoptère s?écrase dans ces conditions et se mettent à suspecter un acte criminel, sinon une tentative de sabotage. Des témoins affirment que le moteur tournait toujours après l?atterrissage d?urgence, ce que contredisent d?autres témoins, parlant de longue traînée de feu dans le sillage de l?hélicoptère. Le commandant Dayal est aussi d?avis qu?il s?est passé quelque chose d?anormal.

C?est finalement l?adjudant Gérald Gouarin, de l?armée française, qui dirige l?examen technique de l?Alouette III accidenté. Le démontage de l?appareil commence peu après. Six mécaniciens de la section hélicoptère de notre police sont à pied d??uvre. Un payloader de la SMF aide au déblaiement des lieux de l?accident. La moitié gauche du cockpit est écrabouillée. Une des pales est tordue. Le rotor au bout de la queue est abîmé. La partie motrice de l?appareil semble avoir subi des dommages mineurs. Commence alors un travail d?horloger, consistant à démonter l?appareil, écrou par écrou, pièce par pièce, afin que puisse débuter l?expertise visant à déceler les causes de l?accident.

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