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L?humiliation d?une caissière

10 juillet 2004, 20:00

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Soupçonnée à tort de vol, elle a dû se déshabiller devant une employée de la sécurité, au Spar d?Ébène. Indignée, elle a porté plainte contre la compagnie Securicor. Honteuse, les yeux baissés, Sapna (nom fictif) triture les pans de son churidar. Elle n?a pas envie d?évoquer l?incident dont elle a été victime, dimanche dernier, au Spar d?Ébène, où elle est caissière depuis peu. Revivre cette humiliation lui est bien trop pénible. « Mo pa ti oulé publicité? Radio pe alle vini avek sa mem. »

Un manque total de considération

Malgré tout, au bord des larmes, elle laisse échapper un mince et vibrant filet de voix. Elle relate les événements qui ont causé ce traumatisme. Ce jour-là, vers 11 heures 20, elle fait état d?une erreur de caisse de Rs 15. Sur ce, une responsable de la sécurité l?apostrophe : « Bizin fer enn body search. »

Gênée, Sapna suit l?employée de Securicor jusqu?à la caisse centrale. Elle pense alors qu?elle va devoir subir une simple fouille. « Me madam-la dir mwa mo bizin dezabiy mwa. Monn soke, mo dir li mo pas aksepte. Li insiste, li dir mo bizin retir tout mo linz. » Contre son gré, elle s?exécute. Il n?y a pas d?argent sur elle. « Linn dir mwa remet mo linz, san ki li dir enn mot exkuz. Pou zot ene zaffer normal sa. »

L?agent de sécurité procède ensuite, sans succès, à la fouille de son casier. Ce n?est que plus tard, après des vérifications effectuées sur le serveur, qu?un responsable découvre le pot aux roses. En fait, les comptes n?étaient pas équilibrés en raison d?un excédent de Rs 15... Indignée, Sapna retourne son poste mais, malgré ses efforts, n?arrive plus à se concentrer. « Mo pann capav tini. Monn komans plere et monn bizin retourn lacaz. »

La jeune fille déplore ce manque de total de considération. Elle s?est sentie tellement salie qu?elle a même hésité à en parler à son époux. Finalement, le couple a décidé de porter plainte contre l?agent de sécurité.

Cet incident met en évidence un certain flou dans le champ d?action des agents de sécurité. Mike Phanjoo, le directeur des ressources humaines de Securicor, se dit très concerné par cette affaire et affirme avoir initié une enquête. Il s?agit clairement, dit-il d?un excès de zèle. « L?agent de sécurité n?est pas un policier. Il n?est donc pas habilité à fouiller une personne, même si elle est soupçonnée de vol. »

Motus et bouche cousue au supermarché

En fait, il existe des procédures dans les supermarchés. « Avec les caméras, on s?assure d?abord qu?il s?agit bien d?un vol. Ensuite, la personne est interpellée par les agents de sécurité qui doivent appeler le gérant. Ce dernier décide alors si la police doit être informée ou si l?affaire peut être réglée sur place. »

Au supermarché d?Ébène, c?est motus et bouche cousue. Mais l?affaire n?a pas tardé à arriver aux oreilles d?Arianne Navarre-Marie, la ministre de la Femme. Elle condamne durement cet incident qui survient au moment où le ministère accentue ses « efforts pour favoriser le respect des droits de la femme ». La ministre encourage la jeune femme à faire une doléance officielle et à contacter la Sex Discrimination Division. Elle assure qu?à son niveau ce cas sera suivi de près.

« Cette personne stigmatisée peut compter sur mon soutien? »

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