Publicité

L?huile lourde pèse sur les coûts des usines

10 janvier 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les récentes hausses des prix du diesel et de l?huile lourde annoncent des répercussions désastreuses sur les coûts de production des industries liées au volume de carburant nécessaire. Les plus touchées sont le textile et le seafood

Dans le textile, les entreprises de teinture et de tricotage subissent de sérieux contrecoups car leurs machines sont réputées gourmandes en huile lourde. La hausse de l?ordre de 20 % de ce produit augmente les coûts et ne peut être répercutée systématiquement sur les prix de vente. Jean Paul Q. F Shi Shun, directeur de Prosimex Industrial Co. Ltd, explique : «La hausse des prix du diesel et de l?huile lourde a un impact négatif sur nos coûts de production. Bien qu?à Prosimex, nous soyons affectés dans une moindre mesure car nous n?avons pas d?atelier de teinture, nous subissons néanmoins une hausse de nos coûts découlant de l?augmentation des charges de transport et repassage des vêtements. Les brûleurs des ateliers de repassage carburent malheureusement au diesel.»

Tropic Knits fait partie des industries textiles les plus touchées. Elle consomme 500 000 litres de HFO (heavy fuel oil). Selon son directeur exécutif, François Eynaud, les coûts des ateliers de teinture et de tricotage ont pris l?ascenseur. Le coût de HFO pour ces deux ateliers représente entre 8 et 10 % du coût de fabrication total du tissu. «Entre juillet 2007 et janvier 2008, le prix du HFO a subi deux hausses successives respectives de 20 % et 30 %. Il faut ajouter à cela l?impact négatif de l?augmentation du diesel sur nos coûts de transport.»

Les industries des produits de mer maîtrisent difficilement l?escalade brutale de leurs coûts de production. Que leurs machines carburent au 1500 SEC ou au 180 CFT (noms scientifiques d?huiles lourdes utilisées dans ce secteur), les responsables ne savent plus à quel saint se vouer, tant la hausse des prix a des effets dévastateurs sur leurs marges. L?entreprise Thon des Mascareignes Ltée, dont la consommation hebdomadaire en 180 CFT est d?environ 30 000 litres, sera très affectée. La 180 CFT qui se vendait à Rs 18,62 le litre est passée à Rs 22,25 le litre.

Même situation de crise chez OBAS (Ocean Basket and Seafood) Ltd. Selon Walter Wang, armateur de bateau de pêche et directeur de l?entreprise de Mer-Rouge, au port franc, des hausses successives des prix du carburant amèneront bon nombre d?armateurs à mettre la clé sous le paillasson si rien n?est fait. Rares sont les armateurs qui arrivent encore à couvrir leur fonds de roulement. Le prix des diverses variétés de produits de mer est resté inchangé tandis que nos coûts grimpent de façon déroutante.

Un bateau de pêche de 300 tonnes, pour une campagne de pêche assez brève (50 à 60 jours), consomme en moyenne 150 tonnes de fuel du type marine fuel oil (MFO). Le prix de ce carburant sur le marché international se situe entre $ 690 et $ 700 la tonne. Quant au marine gasoil (MGO) son prix actuel est de $ 825 la tonne. Le plus inquiétant, c?est que le thon a émigré vers d?autres horizons rendant les campagnes de pêche quasi infructueuses malgré l?énormité des coûts subis.

Walter Wang préconise comme remède à ces malaises que le gouvernement mette en application et profite des divers accords régionaux signés, par exemple avec les pays du Common Market for Eastern and Southern Africa (COMESA). «Plutôt que d?aller chercher l?huile lourde en Inde, on pourrait négocier ces intrants avec les pays du COMESA produisant du fuel, le Kenya en est un exemple, à un tarif préférentiel. Je demande aussi au gouvernement de prendre en considération les doléances des armateurs sur le prix de l?huile lourde pour que l?expansion de la pêche maritime devienne enfin une réalité.»

<B>Nico PANOU</B>

Publicité