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L?hiver ne nuit pas au tourisme
Vous avez dit basse saison ? Les mois creux pour la destination mauricienne sont de plus en plus? remplis. Si l?on en croit les prévisions des principaux groupes hôteliers, les taux d?occupation en mai et en juin seront, cette année, supérieurs à la moyenne. Ils seront, en tout cas, supérieurs à ceux de 2006, à la même période.
Sun Resorts, Veranda Resorts, Beachcomber, Naïade Resorts, les grands groupes (qui représentent à eux seuls une vingtaine des plus grands établissements et plus de 30 % du parc hôtelier) se disent tous «en avance» sur les réservations, pour les mois de mai, juin et même juillet prochains.
«Notre basse saison sera moins mauvaise qu?en 2006. Après la crise du chikungunya, nous avions pris les devants, non seulement pour la haute saison mais aussi pour la basse saison», indique Jean-François Rivière, responsable commercial chez Naïade Resorts. Il évoque quelques opérations de prestige en France ou en Grande-Bretagne, les principaux marchés. Couplées avec la venue de nouvelles compagnies aériennes, elles ont donné de bons résultats.
Chez Veranda Resorts, juin et juillet s?annoncent «déjà très positifs et les réservations vont encore augmenter, c?est sûr». Même situation chez Sun Resorts. «Nous avons eu quatre premiers mois exceptionnels et mai s?annonce meilleur que mai 2006», explique Arnaud Martin, directeur commercial de Sun Resorts.
Veranda Resorts évoque une importante augmentation des fréquences aériennes sur la France pour expliquer cette bonne performance. Corsairfly propose en effet deux vols et près de 1 000 sièges supplémentaires par semaine, en plus de ceux qui sont offerts par Air Mauritius et Air France.
Mais, pour la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA), c?est aussi «l?intensité» des opérations de promotion qui donne des résultats. «Les campagnes sont allées droit au consommateur, surtout en France», signale l?organisme de promotion.
La destination mauricienne fait donc le plein durant l?hiver tropical. Ce qui n?est jamais aisé. Car, traditionnellement, Maurice accueille entre 42 000 et 50 000 touristes pour juin et mai, respectivement, comme en 2006, notamment et comparé à des arrivées de 96 000 touristes pour la haute saison, comme en décembre dernier. C?est pratiquement la moitié en moins?
Mais ces dernières années, la progression des arrivées est sensible en juin. Contre 38 000 touristes en juin 2004, la destination a accueilli 42 000 en 2005, puis en 2006 encore autant.
N?importe quelle destination touristique a sa basse saison et il s?agit de composer avec, fait ressortir Karl Mootoosamy. Pour lui, il n?y a pas de secret : l?hiver tropical est même un mal nécessaire. Il permet aux hôtels de «souffler, de se rénover, de former le personnel»? 1 500 chambres seront en rénovation durant la basse saison.
Durant la basse saison, les établissements font des efforts tarifaires et ciblent des segments de clientèle, comme les jeunes couples en lune de miel, mais aussi sur les voyages d?incitation, entre autres.
«Des efforts sur la basse saison»
«On note désormais une fragmentation des voyages sur des marchés comme la France avec des gens qui partent en vacances deux ou trois fois par an», commente Karl Mootoosamy, directeur de la MTPA. La commercialisation se fait à travers des packages, mais aussi des voyages de motivation ou encore des voyages combinés, avec d?autres destinations voisines.
Une situation qui devrait faire plaisir à Xavier Duval, ministre du Tourisme et des Loisirs. Il ne cesse, en effet, de le répéter : «Il faut faire des efforts sur la basse saison.» L?objectif est d?optimiser le rendement des chambres d?hôtel. «Il sera bon cette année. La capacité hôtelière est la même qu?en 2006 et il y a aussi des hôtels en rénovation, donc on a moins de pression», précise le ministre du Tourisme. Mais avec les nouveaux hôtels à venir, Xavier Duval ne veut pas rester les bras croisés. «Il faudra définitivement développer une stratégie pour la basse saison», souligne-t-il.
Quoi qu?il en soit, le phénomène de la basse saison? pourrait ne plus en être un. Le ministère du Tourisme et des Loisirs a imaginé un calendrier d?activités événementielles pour dynamiser les mois creux. Events Mauritius sera créé pour cela, un grand élément de marketing, à l?avenir (voir hors-texte).
Pour la destination mauricienne, il s?agit donc de concurrencer? son marché principal, l?Europe ! En effet, les Européens, qui représentent les deux tiers des touristes qui viennent à Maurice, préfèrent la Méditerranée, voire l?Atlantique, à un déplacement lointain et coûteux vers l?océan Indien. Par ailleurs, ce n?est pas non plus la période des traditionnelles vacances européennes.
Si l?événementiel reste un élément clé, cette année ce ne sera pas nécessaire : les taux d?occupation sont suffisamment bons. Et, à cet exercice-là, Maurice est en train de réussir son positionnement sur la carte du tourisme mondial.
Events Mauritius voit le jour
Pour gérer les grands événements, Events Mauritius. Cette structure indépendante devrait permettre de créer une synergie autour de tous les événements qui se tiennent dans la destination touristique mauricienne. «Events Mauritius est là aussi pour pallier la basse saison touristique», dit Xavier Duval. Le ministre du Tourisme et des Loisirs est la cheville ouvrière de ce projet. Events Mauritius devrait contribuer à la promotion de Maurice. Un calendrier événementiel est en préparation et un conseil d?administration sera constitué. La nouvelle structure devrait commencer à opérer assez rapidement.
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