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L?hôpital dont ils rêvaient
Certes, les parterres de fleurs sont encore en friche et le personnel, habitué à être confiné dans des espaces restreints et dans un cadre moins luxueux, a encore du mal à s?adapter « aux grands espaces » que leur offre le nouvel hôpital Brown-Séquard. Mais on sent chez eux une excitation légitime. Celle d?appartenir enfin à un hôpital psychiatrique digne de ce nom.
« C?est comme si on emménageait dans une nouvelle maison. Il y a toujours des choses à régler, des dossiers à récupérer dans l?ancien établissement. Mais nous sommes quand même opérationnels, et nous admettons des patients tous les jours », souffle une infirmière. Pour Magda Picton, Ward Manager du département réservé aux femmes, c?est un rêve qui s?est réalisé. « Le bâtiment est vraiment satisfaisant. Maintenant c?est à nous de faire le maximum pour que les malades se sentent bien. »
Le Ward qu?elle gère ne ressemble en rien à l?ancien département dont elle s?occupait. Deux salles accueillent chacune une dizaine de lits. Les toilettes attenantes sont modernes et spacieuses. Une nurse station, une salle de consultation, une cuisine, une nurse room et un débarras complètent le décor, sans oublier les cinq cellules d?isolement.
« Les salles sont plus aérées, le cadre plus agréable. Ce qui crée une atmosphère plus propice à la guérison des malades », affirme le surintendant de l?établissement, le Dr Vinod Sunassy.
Les barreaux placés à chaque ouverture rappellent toutefois qu?il ne s?agit pas d?un hôpital comme les autres. On le prendrait presque pour une prison, ce que réfute le Dr Sunassy. « Ces barreaux sont là pour la sécurité des patients. Un malade peut, à tout moment, grimper aux fenêtres et se jeter dans le vide. Dans ce sens ce n?est pas une prison, mais une mesure de protection. »
« Nous pourrons organiser des thérapies de groupe »
Une mesure qui s?avère nécessaire quand on sait que seuls les cas les plus sérieux y seront admis ; 250 lits leur ont été réservés. La majorité des malades souffrent de schizophrénie, de dépression et d?alcoolisme. Les adolescents à qui on a réservé deux départements séparés, souffrent souvent de behavioural disorder.
Outre les traitements habituels, les patients bénéficieront de plus d?espace pour la psychothérapie. Plusieurs salles ont été aménagées à cet effet. « Avant, les psychiatres allaient parler aux malades dans les dortoirs. Maintenant, nous pourrons organiser des thérapies de groupe », affirme le Dr Sunassy.
Seule ombre au tableau, le manque de personnel qui risque de faire sentir à long terme. En effet, seuls six psychiatres sont affectés dans le nouvel établissement. Mais on a aussi besoin d?eux dans l?ancien bâtiment qui abrite toujours les malades internés pour une longue durée.
Certes, plusieurs étudiants sont en formation de psychologie à l?étranger, mais ce n?est que dans quelques années qu?on pourra compter sur leur présence.
Les infirmiers craignent aussi d?être à court de bras. « Il faut beaucoup de personnel pour faire fonctionner un tel établissement. Nos malades sont tels qu?il faut continuellement avoir l??il sur eux », confie l?un d?entre eux.
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